RAGE ES ET I ENS
manié par des Européens, et muni de provisions des contrées méridionales, sillonner les eaux limpides des terres stériles.
Le temps était sombre et brumeux; les huttes
pittoresques des naturels, construites grossiè-
rement, formées souvent de deux ou trois peaux jetées sur quelqües perches peu élevées, s'étendaient à plus d’un quart de mille et se perdaient dans la brûme. Des figures brunes se groupaient en désordre sous ces abris incomplets, ou se réunissaient en face de la tente de M. Mac-Leod ; d’autres s’asseyaient autour de quelques tisons qui faisaient bouillir nos chaudières. — Au milieu d’un de ces groupes, on distinguait mon ancienne connaissance, la belle Indienne dont il est fait mention dans le voyage de sir John Franklin, sous le nom de la Belle aux Bas-Verts. Quoique entourée d’une nombreuse famille, tenant un marmot maussade pendu à son sein, et fatiguée évidemment par les travaux et les peines de la maternité,
je la reconnus immédiatement, et l’appelai de
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