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son ancien nom. Elle sourit en me disant : «Oh! je suis une vieille femine maintenant,» et me pria de lui faire donner quelques soins par le médecin, car elle se plaignait de l’altération de sa santé. — Malgré son âge, ses enfants et sa maladie, elle pouvait encore passer pour la beauté de sa tribu; et sans doute elie en sa vait quelque chose, car elle se prêta de bonne grâce à ce que je dessinasse son portrait.
Le gibier étant fort rare dans le voisinage, nos chasseurs tinrent conseil sur la meilleure route à suivre pour regagner le fort avec M. Mac-Leod. Ils étaient à peu près décidés à remonter d’abord dans le nord pour y chasser des bœufs musqués, lorsqu'à travers une éclaircie du brouillard ils aperçurent les andouillers branchus d’une vingtaine de rennes couronnant les hauteurs des collines voisines. Les voir et les poursuivre ce fut Paffaire du même instant. La scene présentait en ce moment un intérét réel; le soleil lui prétait de
nouveaux charmes par les accidents de lumière
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qu’il répandait à flots sur certaines parties de la vallée, tandis qu'il en laissait d’autres dans l'obscurité la plus profonde; la glace étincelante reflétait des milliers de rayons éblouissants : le rapide coulait en bouillonnant et courait confondre ses flots légèrement émus avec les eaux paisibles du lac endormi ; à droite, se dressaient des rochers raboteux et abruptes, tandis que sur la gauche s’ouvrait à perte de vue un sombre paysage qui se perdait dans les montagnes Bleues. Les huttes de la tribu indienne, dont la couleur d’ocre contrastait avec nos tentes pâles, occupaient le premier plan qu'animaient encore les gracieux mouvements des rennes pleins de sécurité, et les ruses ingéuieuses des chasseurs aviséë qui rampaient en
silence autour de leur proie convoitée.
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ans CHAPITRE X,
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: Instructions laissées à M. Mac-Leod en nous séparant. — Rencoutre Û
nbn d'Akaitcho, — S4 cabane. — Imminent danger pour les bateaux. * AU
>, se — Conseil amical d'Akaïtcho.— Nous nous embarquons.—-Grande ik tempête, — Composition ée l'équipage, — Aspect géologique du à
es, pags. — La glace nous arrête. — Suite de rapides. — Sac de pein- 4 AE:
» de mican rempli de sable, — Obstacles. — Mauvais temps. — Ghasse TR qu
. au daim. — Observations. — Déviation du cours de la rivière. — « (NL
s les Paysage désolé. — Les glaces nous arrêtent de nouveau, — Gas- d Ï
: cades. — Signaux. — Rétrécissement de la rivière. — Rivière né
L'iN- Baillie, — Troupeaux d'aies. — Tact que doit avoir un chef d’ex- d he
avec pédition. — Un renard. —+ Marques faites par les Esquimaux. — M i | Rivière Bullen. — Une tourmente. — Lac Pélly. — Gonjectures KE
plan d'un Indien. — Campement. — Aspect du pays, — Nouveaux
embarras. — Observations, — Lac Garry.
M. Mac-Leod n'avait que faire d'aller plus loin ; la chasse venait d’être couronnée de suécès, et, en noûs séparant, j'emportaiau moins la consolation que, pendant la route, lui et ses dix L. fi hommes, suivis de quatorze chiens, seraient “ail
suffisaniment apprôvisionnés de viande seche.
72 VOYAGE Sans l'heureuse rencontre des rennes, leurs repas, durant la route, eussent uniquement reposé sur l'adresse et la fortune des chasseurs. A dix heures avant midi, le bateau, les traineaux et la moitié du chargement, partirent pour gagner la glace qui couvrait le lac. Je répétai de nouveau mes instructions à M. Mac- Leod. Le plus important à faire, durant mon absence, était d'aller chercher au fort Résolution les provisions que devait y envoyer la compaguie, et de bâtir une müison en un bon endroit, pour y créer une station permanente de pêche. Je lui remis une lettre officielle où je lui enjoigrais de se trouver de nouveau sur les bords du Thlew-ee-Choh à la mi-septembre, afin d’être prét à nous assister en cas d'événements imprévus. Enfin je lui exprimai mes sincères remerciements pour le zèle et le soin qu'il avait portés à l’accomplissement de mes désirs, ainsi que pour la bienveillance dont il avait fait preuve envers chacun des individus de lexpé-
diion. Le bateau étant alors de retour, nous
ivait hinsi fait
à pé-
DL CAPITAINE BACR. 7.) nous embrassâämes cordialement, et je n'embarquai.
Arrivé à la glace, le bateau fut de nouvein placé sur ses traineaux, ainsi que le bagage, et tout fut transporté de l'autre côté du lac où nous mimes encore l’embarcation à l'eau.
Mais, pour éviter les accidents, nous n’y plaçàmes que la moitié de son chargement. La rivicre, issue du lac, coupait à travers une chaine de rochers et de montagnes jonchées de blocs et de débris, mais enrichies, dans les vallées et sur les pentes, de pâturages que fréquentent les daims et les bœufs musqués dans le printemps et dans l'automne. Le courant s’accrut et nous porta vers un fort rapide, accompagné d’une chute. Une ile était au centre; en levant les yeux j'y aperçus, sur un rocher couvert de mousse, un des fils d’Akaitcho avec un autre Indien qui nous faisaient des signes et criaient pour nous avertir du danger que nous avions
déjà vu nous aussi. Tout le bagage transporté
dans ce voyage fut mis à terre , et le bateau re-
RE
ji tourna chercher le reste.
nel Akaitcho avait choisi cette contrée pour y
chasser; sa hutte était dressée sur la crête de la
plus haute colline, à quelques milles de là. Je lui
BEL envoyai du tabac et d’autres présents, le priant
de retenir chez lui les jeunes gens de sa troupe,
parce que nous n'avions pas le temps de cau-
ser avec eux. Mais, après avoir été prendre quel-
ques relèvements, je revenais au bord de la ri-
vière, lorsque j'aperçus à mes côtés le vieillard
accompagné de quelques hommes; l'interprète
1 f n'avait pu l'empêcher de venir. Dès qu’Akaitcho
1 # avait appris que j'étais en ce lieu, il était sorti
de sa hutte en disant : «Je connais le chef de-
puis long temps, et je crains bien de ne plus le
} à revoir. J’y veux aller.»
Le bateau revint, déposa son chargement,
DA el quatre vigoureux gaillards se préparérent à
té lui faire franchir le passage dangereux. Mal-
heureusement le timonier porta trop sur la
y e la lui
ant
DU CAPITAINE BACK: 79 gauche ; en conséquence, après avoir descendu la premiére chute, l'embarcation fut entraînée sur un roc en pente formant le bord de la seconde ; là, un effroyable craquement sembla an-' noncer une destruction ‘immédiate à l'équipage consterné, qui ne‘puts’empêcher de pousser de grands cris. En un instant, entraîné par la force des eaux, le bateau demeura retenu par l'arrière. Le timonier sauta sur le rocher; quoiqu'il parvint à sy maintenir, il ne put dégager l’arrière , et sauta de nouveau dans le bateau. J'appelais et je faisais des signes, pour que
les hommes se portassent tous sur l'avant et
se tinssent prêts à forcer de rames à bâbord;
mais cet ordre ne fut point saisi dans la confusion générale, et tout fut entrainé dans une chute impétueuse. Je retenais mon haleine, m'attendant à les voir se briser en pièces contre un roc sur lavant à eux où déferlaient des vagues hautes de cinq pieds; mais heureusement l'aviron-gouvernail n'avait été qu’à demi
rentré ;en abordant la roche ñ tourna rapide-
DT Dre RTE 2
70 VOYAGE ment, et porta le cap de l’embarcation vers le rapide où elle fut emportée, et descendit sans
autre accident. Après avoir pompé, nous re-
| A : [D 3 + . , “connumes qu il n y avait aucune voie d eau. Je
ne fus pas fâché de œætte aventure, qui montrait à mes hommes la force des eaux de cette riviere limpide, et les guérit de l'envie de se hasarder à l'avenir sur un rapide sans avoir d’abord étudié le fil du courant.
La rivière nous parut libre de glaces aussi loin que nous pümes en suivre le cours du sommet des hauteurs; je crus donc inutile de garder avec moi tous mes gens de supplément ; je les renvoyai avec linterprete aux huttes d’Akaitcho jusqu'à ce que les charpentiers que javais mandés pour visiter lembarcation les rejoignissent avec de nouvelles instructions.
Me voyant sur le point de partir, Akaitcho, d’un air triste, se mit à me donner des avis, me conjurant de me bien tenir en garde contre les dangers de la rivière dont aucun Indien du
temps présent n'ait la moindre connaissance,
DU CAPITAINE BACK: 77 «et surtout, ajouta-t-il, méfiez-vous des traitres Esquimaux qui dissimulent leurs mauvaises dispositions sous le manteau de l'amitié; ils vous attaqueront à l'instant où vous y penserez le moins. — Allons , adieu! Je crains bien de ne plus vous revoir.—Si vous avez le bonheur d'échapper à la fureur des grandes eaux , ne vous laissez pas surprendre par l'hiver, car vous seriez réduit à une position aussi déplorable que celle où vous vous trouvâtes autrefois à votre retour de la rivière Mines de Cuivre : aujourd’hui vous seriez seuls; les Indiens, comme autrefois, ne seraient point là pour vous secourir. » Je m'efforcai de calmer les touchantes sollicitudes de ce bon Inrten en lui faisant connaitre les mesures de pru‘rnre que j'avais prises, et mi résclution de ne pas quitter Le rivière au cas où le batear éprauvera:: quelque accident : « ce qui n'arrivera pas, ajoutai-je , à moins de la perimission spéciale du Grand-Esprit, en qui je place toute ma confiance.» Je lui recommandai de réu-
nir pour nous beaucoup de provisions vers l'au-
tomne et de mettre des vigies sur les montagnes dans deux mois et demi pour reconnaitre les feux que j'allumerais à mon retour. Je lui donnai alors de vigoureuses poignées de main, et je pris place dans le bateau à demi chargé, En suivant le courant, nous entrâmes dans un petit lac dont le rivage occidental ous conduisit à un chenal étroit formé par une île avec un rapide de chaque côté ; celui que nous franchimes était rempli d’écueils, mais le bateau ne toucha pas. Après avoir arrondi l’extrémité septentrionale de l’île , nous campâmes sur la rive orientale près d’un bouquet de saules qui nous offrit toute la commodité désirable pour sécher et calfater l’embarcation.
Dans l'espace d’une heure, l’entier chargement fut transporté sans chiens et sans traîneaux; nous cabanâmes le bateau pour le faire sécher, et nous reconnümes avec la plus grande satisfaction que le fond n’avait éprouvé aucun dom-
mage important. — Le thermometre monta
DU CAPITAINE BACK. 79 eu ce jour à 56° ( 13°, 3. C.), avec une légcre brise de l'E. &. S, E.
Il est à remarquer que, depuis pres d’un mois, nous n'avions pas eu deux beaux jours de suite; nous espérions voir le charme rompu, lorsque les nuages commencèrent à s’amonceler au coucher du soleil; à minuit, le temps avait pris la plus mauvaise apparence; la pluie ne tarda pas à tomber par torrents; aux bouffées de vent accompagnées d’un bruit sourd succédèrent d’éclatantes rafales; la tempête ne se fit pas attendre, et se déclara avec une violence à renverser les arbres les plus solides des forêts; mais ce lieu ne fournissait point d’aliment à sa fureur, et le seul exploit dont elle dut se contenter fut de renverser notre tente et d'emporter un de mes mocassins. — Elle continua à faire rage pendant toute la journée du 5 juillet et la journée suivante ; celle-ci, qui était un dimanche, fat consacrée à l'exercice de nos devoirs religieux. Enfin, le 7, la tour-
mente s’apaisa graduellement, tourna en pluie
fine, et ne gronda plus que par intervalles, comme pour prendre congé de nous. Le soleil perca les nuages grisätres et nous annonça du beau temps à son coucher. — Les réparations du bateau étaient terminées; les charpentiers et un froquois que j'avais gardé à dessein pour leur servir de guide, partirent en toute dilisence pour rejoindre M. Mac-Leod.
8 juillet. — Nous eùmes encore de la pluie, mais une éclaircie dans les nuages nous présagea un changement. Le bateau chargé portait dix personnes. Il était suffisamment solide pour une rivière paisible, mais non pour un lac, ni pour un voyage par mer, Le poids de la charge se montait à 3,360 lbs. (1,523 kil.), sans compter les bannes, planches, mâts, vergues, voiles, avirons et perches de rechange, ni léquipage, qui se trouvait définitivement composé
de la manière suivante.
James Mac-Kay. . moutagnarc. , , . . . ,. timonier, Georges Sineiair. . métis. 4 44 4, . ,, . .. tumonier et patron.
Charles Mackensie. montagnard, + +. palron,
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Peter Taylor, . . . métis, , . . .. \
James Spence, . , des Oreades.. ., ., ,., |
John Ross. . . . . montagnard, . .canotiers, William Mail y. . du Lancashire, | prtilleues.
Hugh Carron.. . . Hilandäis. . . .
À dix heures avant midi nous poussämes au large. La rivière, grossie de huit pouces par les pluies, présenta une largeur variable, de deux cents pas à un quart de mille, pendant tout le temps qu'elle se ‘maintint, entre les crêtes rocheuses des montagnes éloignées de six milles. Les roches de cette partie, jonchées de gros fragments et de blocs détachés, offraient le même caractère de gneiss et de porphyre que celles des environs du fort Entreprise et du lac Point, décrites par le docteur Richardson. La plupart étaient déchirées en escarpements et eu précipices faisant face à l’est. Des ravinsnombreux.etréguliers, quisans doute y apportent, dans la saison, le tribut de leurs eaux, coupent symétriquement la rivière à angles droits, du côté de l’est et du côté de l’ouest, Leurs lits sont à demi remplis de terre, de pier-
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