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tensité, j'employai une aiguille horizontale d’un mouvement très lent et qui semblait devoir s'arrêter au bout de chaque oscillation, mais continuait cependant à vibrer plus longtemps et plus également qu’on n'aurait pu le présumer d’après la première boussole. .
J'eus pareiïilement le loisir de gravir le rocher le plus élevé, dont le sommet était une table unie de quartz, de feldspath rouge et de hornebleñde : bien que le rouge fût ici la couleur dominante, le roc était couvert en partie d’un petit lichen gris et jaune. Les Esquimaux ÿ avaient élevé un petit obélisque perpendiculaire de pierres superposées les unes aux autres. À quelques pas aë là étaient deux autres marques : l’uhé consistait en trois fragments longitudinaux, adossés l’un à l’autre, et se servant mutuellement de point d'appui, de manière à former une pyramide triangulaire ; l’autre se composait aussi de trois fragments , mais placés de maniere à former les trois côtés d’un pa-
rallélogramme. Je ne pus déterminer l'usage du
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DU CAPITAINE BACK. 143 dernier, trop grand pour être un foyer (d'ailleurs on n'y voyait aucune trace de feu), ct trop peu ‘sûr pour servir de cache. Parmi les débris épars aux environs, il eût été facile d'établir une cache impénétrable pour les wolvérennes eux-mêmes ; tandis que là, il n’y avait aucune sécurité. Je conjecturai que ce lieu servait peut-être de vigie pour la chasse ou pour la guerre. Ces piles, comme celles qui sont plus avancées dans le sud, indiquaient le nord-est, et non pas le sud, où est l'ouverture .de Chersfield, qui n'était éloignée du point où nous nous trouvions que de 94 milles; c'était vers celle-ci que, jusqu'au détour du Rapide-du- Rocher ( notre campement actuel), le Thlew:
ee-Choh semblait se diriger en droite ligne.
Vu à la lunette du haut d’une éminence qui commandait la vue, l'horizon s’étendait devant nous à une distance immense; mais on ne pouvait découvrir aucune donnée sur le cours ultérieur de la rivière. En effet, à ses dernières
limites, dans la direction S. E. , on voyait dis-
tinctement une nappe d’eau qui se confondait avec la brume blanchâtre de l'atmosphère, et on en distinguait le cours en se guidant, d’après les détours des vallées, jusqu’à la distance d'environ 4 milles; ce court espace n’était qu'une suite de rapides peu profonds. Au N. E. il est vrai, nous apercevions, par des échappées, les éclats d’un cours d’eau qui conduisait en serpentant à des collines de sable; mais, instruits par l'expérience , nous ajoutions peu de foi à de semblables apparences.
Durant lecours de ces observations, je ne m'étais pas retourné du côté de notre campement; la premiere fois que cela m’arriva, dans l’intention de redescendre pour continuer notre voyage, je fus bien surpris; car le rapide ne projetait plus de nuées de vapeurs, et son bruit assourdissant s'était changé en un griucement sourd qui présageait la fin de la cause qui l'avait occasionné. Ce phénomène, si diamétralement opposé à celui que j'avais remarqué
une heure auparavant, précipita mon retour
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auprès du bateau, moins pour satisfaire ma curiosité que dans la crainte d’un accident, car je pensai que c'était la glace, chassée du lac Mac-Dougall par le vent et le courant, qui engorgeait le rapide. Je ne m'étais pas trompé : le son provenaii de la rupture des grandes glaces, ou, en d’autres termes, de la dernière débâcle. Il n’y avait pas à lutter immédiatement contre cette nouvelle difficulté ; car, au milieu du torrent, le bateau eût été réduit en atomes. A la fin cependant, sur les cinq heures du soir, le cours d’eau, dont la rapidité était surprenante, devint assez libre pour nous permettre de charger le bateau, quoique tout péril n’eüt pas disparu du côté des glaces flottantes qui tourbillonnaient dans les remous, et qui exigeaient les soins continues et attentifs de deux hommes. A peine avions-nous quitté la rive, que nous nous trouvâmes engagés au milieu des rapides. Nous en descendimes deux; mais le troisième était trop dangereux pour oser l’affronter. En
conséquence, nous eùmes encore à porter la