‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 37 sur 103 · IT · texte numérisé non relu

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146 VOYAGE cargaison pendant un demi-mille, tandis que le bateauainsi allégé suivait le cours d’eau sans accident. Nous reconnümes alors que la rive opposéeappartenait à une ile dont l'extrémité occidentale était entourée par un autre bras de la rivière qui formait un large chenal etrejoignait, par une chute de dix pieds, le bras dans lequel nous étions. À un quart de mille au-dessous de la jonction, le torrent se trouvait arrêté par une chaine de roches basses qui le faisait dévier au nord, dans la direction des collines de sable aperçues au commencement de la journée.

Une nuit sombre, orageuse et très pluvieuse, fut suivie d’une matinée qui nous empêcha de songer au départ; car, avec le vent qui soufflait, il était tout-à-fait impossible de suivre le fil du courant dans le rapide qui s'étendait devant nous; nous fûmes donc obligés d’attendre le retour du calme. Pendant ce temps, Mac- Kay fut chargé d'aller examiner la rivière; il revint à midi nous dire qu’il avait vu plusieurs

rapides et une forte chute assez rapprochée de

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nous; il avait en outre rencontré des marques d'Esquimaux. Dans l’après-midi, nous continuâmes notre voyage; et, après avoir tourné vers le nord et descendu les rapides, nous fimes un portage pour franchir les chutes de Sinclair, ainsi nommées d'aprés un de nos timoniers dont j'ai souvent parlé, excellent marinier, s’entendant aussi bien à tenir la barre qu’à occuper le poste de l'avant dont il avait été chargé depuis le commencement du voyage.

Larivière avait en cet endroit près d’un mille de large; elle était bordée de collines de sable et remplie de petites îles rocheuses, séparées par des chutes assez semblables à celles du Pélican dans la rivière de l’Esclave.— Nous arrivames à une ouverture d’où l’on découvrait des montagnes éloignées, vers lesquelles nous crüûmes devoir nous diriger; mais nous fûmes deux fois obligés de changer de route par suite des pointes basses allongées et des courants

contraires; à la fin, nous trouvâmes un large

chenal courant au sud-est. Nous fimes à l’en-

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trée la quatrième cache de pemmican; mais, comme il était trop tard pour distinguer les pierres au fond de l’eau , nous nous décidämes à camper.

25 juillet. — Le temps était froid et piquant malgré le vent de S., et bien que le thermomètre füt à 48° (8°,9. C.). De chaque côté se montraient des bancs peu élevés, mais singulièrement pavés de pierres rondes qu'y avait probablement incrustées la pression des glaces brisées. La rivière tournait ensuite au nord et devenait si iarge qu’on aurait bien pu la prendre pour un lac. Une telle extension devint, comme toujours, une source d’inquiétudes pour nous, par la presque impossibilité où elle nous mit d’apercevoir la direction du courant qui, cependant moins inconstante que de coutume, demeura la même pendant l’espace de quelques milles ; arrivant à un rétrécissement graduel, de la longueur d’un mille, qui produisait des rapides violents et dangereux, on allégea le ba-

teau et l’on prit toute sorte de précautions

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pour éviter les accidents ; mais l’impétuosité et le tourbillonnement de l’eau étaient tels, que l'embarcation , et par conséquent tous ceux qui la montaient, se virent deux fois dans le danger le plus imminent de périr au milieu d’un des gouffres formés entre les rochers et les flots du rapide. Sur un de ces points si singuliers et si dangereux qui, dans le court espace de quelques pieds, tiennent à la fois de la chute, du rapide et du remous, l'équipage dut son salut à une désobéissance involontaire aux ordres du 1timonier. La force de l’eau surpassait tellement tout ce que nous avions vu jusqu'alors dans les autres rivières du pays, que les précautions employées ailleurs avec succès ne pouvaient avoir ici aucun résultat. Nous nous efforcions d'éviter à gauche une chute et des écueils sous l'eau , mais un homme auquel on commanda une manœuvre la comprit mal et fit exactement le contraire; ce que voyant, le timonier fittourner l'arrière qui fut jeté aussitôt à droite dans

un remous ; ce remous s'emparant d'un aviron,

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