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DU CAPITAINE DACK. 179 à mon talent du soin de bien distinguer et apprécier sa bonne grâce et toutes ses beautés, elle suivait avec la plus scrupuleuse attention la direction que prenaient mes yeux, et mettait en évidence la partie de sa figure qu'elle me supposait à dessiner, l’avançant ou la tournant de manière à ne pas me laisser la moindre excuse si Je ne rendais pas un compte exact et détaillé de tous ses charmes.— Lorsque je regardai sa tête, elle l'abaissa aussi bas qu’elle put ; — elle écarquilla prodigieusement ses yeux quand je me mis à les étudier; — gonfla ses joues à les faire crever lorsque leur tour arriva; — et enfin, s’apercevant que j'en étais à la bouche, l’ouvrit de toute la force de ses mâchoires en me tirant une langue d’une aune. Six lignes de tatouage descendaient obliquement des narines sur chaque joue; dix-huit partaient de la bouche et traversaient le menton ainsi que la partie inférieure de la figure; dix autres petites, semblables à des branches de pin, sortaient
du coin de chaque œil, et huit concouraient
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du front au centre du nez entre les deux sourcils. Mais ce qu’il y avait de plus reinarquable dans la physionomie, c'était l’obliquité des yeux, dont la portion intérieure s’abaissait, tandis que l'extérieure se relevait en propoftion; ses narines, fort larges, s’harmoniaient avec uné bouche non moins vaste. Sa chevelure , noire comme du jayet, se divisait simplement sur le front en deux gros bandeaux assujettis dans leur position par une tresse de peau blanche de daim qui faisait le tour de la tête; puis elle se ramenait derriere les oreilles et flottait non sans grâce sur le col et les épaules. Cette femme était la plus remarquable de la famille. Il régnait sur elle comme sur toutes les autres une grande propreté; et, malgré les tatouages de leurs figures, dont les lignes et les dessins embrouillés eussent pu donner lieu à un mathématicien d'établir des milliers de théorèmes, leurs traits respiraient une telle vivacité que mon équipage en fut séduit, et les tint pour
‘un groupe de créatures fort appétissantes. »
Aucune autre particularité ne distinguait cétte tribu de celles dont Parry et Franklin ont donné la description ; un homme cependant, d’un aspect sauvage, portant une paire de culottes en péau de bœuf musqué, et décoré d’une sorte de crinière au poil dur, rappelait tous les traits des satyres de la fable; mais cet Esquimaux était extraordinaire, même parmi ses compatriotes.
Ils n'avaient que cinq #eiyaks ou canots, et ne possédaient en fait d'équipement que ce qui leur était indispensable pour se procurer de la nourriture, c’est-à-dire des couteaux, des piques et des flèches ; les parties tranchantes de ces armes étaient quelquefois en cornes, et plus souvent en fer grossicr, qu’ils avaient probablement obtenu par des échanges avec leurs voisins de l'Est : échanges d'autant plus probables que les formes de leurs petits cadeaux ressemblaient à celles des digues indiennes employées dans les postes de la Compagnie.
Ils n'avaient connaissance de l’arrivée d’au-