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cun navire dans l'ouverture du Prince-Régent. Après que je leur eus esquissé le cours de la rivière au voisinage de laquelle nous nous trouvions, un des plus intelligents de la troupe prit le crayon et me dessina le contour de la côte à partir de embouchure, que nous atteindrions, dit-il, le jour suivant; il prolongea la côte un peu vers le nord, puis lui fit faire un énorme détour au sud. Comme je manifestai quelque étonnement à cet égard, il me mena sur le roc le plus élevé des environs, d’où on apercevait à l’est une chaîne de montagnes éloignées; là il étendit d’abord son bras vers la mer, à peu près au nord; il retira ensuite son corps en arrière en se recourbant, et avança sa main de manière à montrer que la terre revenait dans cette direction; il continua à faire une courbe avec sa main de, l’ouest à l’est, et tourna lentement en rond, répétant fort vite : Térreuke, térreoke, la mer, la mer; enfin, lorsqu'il fut arrivé à un gisement qui valait environ l'E. S. E., il
, A \ s'arrêta tout-à-coup, en prononcant Îles mots :
ent.
a r'i- "oUuprit te à ons, > un >rme que > roc evait es; là peu n ar- > macette
avec
Tdrreoke naga, etc., qui signifiaient que dans cette direction on ne trouvait plus de mer, mais des bœufs musqués en abondance.
Il connaissait Akkoolee, dont mes lecteurs se rappelleront peut-être avoir vu le nom cité par les Esquimaux à sir E. Parry dans le détroit de Fury et Hecla. Il] me fit comprendre aussi, en répétant son premier mouvement, que sa tribu suivait le chemin qu'il venait de me désigner.
D’après les gestes de cet Esquimaux, en concordance parfaite avec l’esquisse qu'il m'avait d’abord tracée, il était naturel de supposer qu’il existait un promontoire passé lequel la côte couraitau sud de notre position : déduction qui, loin de me causer de la surprise, donnait au contraire beaucoup de force à l’opinion que je partageais depuis long-temps avec plusieurs personnes sur l'existence d’une côte continue, découpée probablement par des baies, entre la pointe Turnagain et quelque partie de l’ouver-
ture du Prince-Régent. Si la Providence eùt
180 VOYAGE permis à Augustus de me rejoindre, toutes | d ces incertitudes et mille autres eussent été dé- | d
finitivement levées. Là où il n'existe pas de
langage comman pour l'échange des idées, pi toutes les inductions restent incertaines : peu P d'hommes ont assez d’empire sur eux-mêmes ba pour ne pas se laisse influencer à leur insu m par des opinions préconcues. Indépendamment un de la difficulté de saisir la signification des pa- © c<æ rolesrapides des Esquimaux, dontles sons échap- 4 àf paient à ma mémoire, j'avais encore le mal- chu heur de ne posséder qu'un vocabulaire (com- pu posé d’après l’ouvrage de Parry), et différent d’ur de leur idiome. Il se peut cependant que la avoi seule différence entre les deux dialectes ne soit | prié pas autrement tranchée qu'entre le jargon du 4 petit Lancashire et le jargon de Londres; mais on | plus sait que les habitants respectifs de ces deux der- Il niers pays auraient assez de peine à s'entendre. | mau Toutefois, quant à ce qui concerne les Esqui- des b maux, il ne peut rester de doute sur le sens barr:
de leurs paroles d’après le mot térreoke ct nous
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tés déde 68 ; peu mes nsu sent pahapmal- L0Msrent 1e la soit à du s on derdre. quisens
et
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d'après leurs gestes expressifs accompagnés du dessin qu'ils m'avaient tracé.
On napprit alors que mon équipage n'était pas suffisant pour faire passer le bateau par le portage. En général prudent, je changeai de batteries, et, profitant de la bonne humeur de mes nouveaux amis, je les priai de nous donner un coup de main. Ils s’y employèrent de tout cœur, et nous parvinmes avec leur assistance à faire descendre le bateau au-dessous de la chute; de sorte qu’en réalité, sans eux, je n’eusse pu atteindre la mer. Ces braves gens étaient d’un naturel excellent; ils paraissaient même avoir certaines notions des droits de la propriété, car l’un d’entre eux ayant ramassé un petit morceau de pemmican, me demanda à plusieurs reprises la permission de le manger.
Il était tard quand nous quittâmes les Esquimaux; la largeur du fleuve et la profondeur des baies nous donnèrent alors beaucoup d'embarras; enfin nous regagnàmes le courant, qui
nous conduisit vers des montagnes situées sur
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