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pointe escarpée, à laquelle je donrai le nom de l'habile sous-secrétaire d’État aux affaires étrangères, mon 2mi John Backhouse, Esq. Près de là était une île assez grande; d’autres îles furent aussi aperçues à l’ouest,
Le temps fut calme et beau à la marée bais-
sante. Quelques veaux marins nous regardaient,
étonnés de cet envahissement sur leurs do- dc: maines; ils plongeaient et remontaient sans ! jed causer le moindre trouble à la surface des eaux. F Né
Les rives commençaient à s’écarter; je désirais
| ver.
aborder du côté opposé pour profiter des ou- E L] 9 . L
vertures qui m'offriraient un passage vers la | fiét
pointe Turnagain, où, sauf des cas extraordi- s'aol
naires , j'avais le temps de me rendre dans la dun
DU CAPITAINE BACK. l 87
saison. Je pris terre et Je gravis une montagne. De là je distinguai une succession de glaces, dans une baie de la côte occidentale jusqu’à un point directement opposé, que je nommai du nom du contre-amiral Gage. La brume de l'atmosphère m'empéchait de bien voir au loin; mais au voisinage j'apercevais des eaux libres partout où mes regards pouvaient plonger. Malgré le risque d’être enveloppé par la glace de l’ouest, je me décidai à la tenir en vue jusqu’à ce que je pusse effectuer ma traversée à la grande côte située derrière. Nous aperçümes à gauche quelques petites iles, après quoi nous entrâmes dans une baie spacieuse de cinq ou six milles de profondeur et fort large, à laquelle je donnai le nom des capitaines Irby et Mangles. Nous mîmes trois ou quatre heures à la traverser.
En ce moment nous pouvions raisonnablement préjuger que notre voyage dans l’ouest s’acheverait heureusement en dix jours, ne
dussions-nous même pas faire plus de route à
188 VOYAGE chaque traite que nous ne venions d’en parcourir dans les dix dernières heures; mais, en approchant d'un roc avancé (Pointe Beaufort, du nom de l’habile hydrographe de la marine ), d'environ 800 pieds de haut ( 244 mètres), qui formait la limite septentrionale de la baie, nous y vi:aes les glaces flottantes se mouvoir avec une telle rapidité, sue nous jugeâmes prudent d’aborder et de tirer le bateau à terre. Je grimpai ensuite avec peine le long des pentes glissantes, dans l'espoir de distinguer du sommet une mer libre et ouverte; mais le prenier coup d'œil suffit pour rabattre mes espérances, et un examen attentif, fait avec la lunette, me donna la triste conviction que désormais le moindre progrès en avant exigerait les plus grands et les plus longs efforts. Depuis l'horizon jusqu’à environ deux milles du point où j'étais, la glace brillante et compacte enchaïinait solidement les deux rives l’une à l’autre.
La côte de l’ouest était pareïllement inappro-
chable; un coup de vent pouvait bien disperser
la masse entière des glaces ; mais rien ne présageait cet événement, et quelques jours de retard suffisaient pour nous mettre désormais hofs d'état d'atteindre notre but. Il était, en vérité, bien désolant, après avoir surmonté tant de peines et de fatigues pour descendre cette riviére longue et difficile; de nous trouver arrêtés en un point où, d’après ce que j'avais vu autrefois dans la mer de l’ouest, je ne me serais jamais attendu à pareil mécompte. Je craignais, d’après cela, que nous ne fussions à l'extrémité méridionale d’une profonde ouverture d’où un coup de vent pouvait seul nous dégager.
31 juillet. — Une fraiche brise de la partie du sud s’éleva vers minuit; cependant il se forma une légère croûte glacée sur les flaques d'eau des roches. Au point du jour, la principale masse des glaces était accumulée contre la côte occidentale qui s’étendait à quinze ou vingt milles par notre travers, de là s’enfonçait dans une baie profonde, et se dirigeait ensuite
au N. + N. O. où elle se perdait au milieu des