‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 45 sur 103 · PES · texte numérisé non relu

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tuis. La côte y était beaucoup plus basse et beaucoup plus en pente que celle d'ou nous venions; mais nous observâmes ies mêmes roches nues et en croupe qu’à la pointe Beaufort. Elles différaient cependant en couleur: les derniéres étant presque entièrement formées de feldspath couleur de chair claire et de quartz feuillet:, tandis que celles-ci se composaient en totalité de quartz en petits grains, et peutêtre de hornblende. Parmi les débris . épars sur la berge, je rencontrai, à ma grande surprise, des fragments de calcaire ; nous n'avions cependant traversé aucune roche de cette formation.

Le jour suivant n’améliora point notre situation, car le vent de nord-est avait encore plus resserré les glaces contie le rivage. Je fis de nouvelles observations sur l’intensité et Pinclinaison magnétiques ; pour l'intensité, je trouvai de moins longs intervalles entre les vibrations : anomalie due peut-être à ce que, dans

le premier cas, le lieu d'observation se trouvait

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être sur une berge de sable éloignée de 60 ou 70

yards (60 mètres environ ) des roches les plus voisines, tandis que, dans le second cas, j'observais à la base du rocher sur lequel nous étions campés. Il faut remarquer cependant que la présence du plus petit morceau de fer suffit pour déranger les aiguilles, surtout dans l'instrument de Hansteen; je pense que même mes boucles de vêtement pouvaient occasion- | ner des différences.

Vers le soir, des hommes envoyés dans l'ouest me prévinrent que nous n'avions pas abouti à la terre ferme, mais à une grande île qui en était voisine. Ils sen étaient apercus par hasard en poursuivant deux daims qui s’étaient sauvés à la nage par létroit chenal de séparation. Je donnai à l’île le nom de Montréal, en mémoire du bon accueil que nous avaient fait les généreux habitants de cette ville hospitalière.

D'après l'aspect de la glace et d'apres un

chenal intérieur que j’v remarquai , je commen-

190 VOYAGE çai à nourrir l'espérance de voir une bourrasque du sud-ouest nous ouvrir une route, quoiqu'il y eût en ce moment des masses compactes devant nous dans la direction que hous devions suivre. Une échelle de marée indiqua 12 pouces (304 millimètres) de montée ; la plus grande hauteur de l’eau eut lieu à onze heures quarante minutes avant midi, et la plus basse à sept heures vingt minutes après midi. Il peut y avoir quelques minutes d'erreur, à cause des irrégularités du mouvement des eaux, irrégularités encore accrues par de gros glaçons flottants. 3 août. — J’envoyai des détachements dans toutes les directions pour examiner s’il ne serait pas possible de se glisser le long du rivage parmi les glaces ; mais celles-ci étaient trop serrées. Il nous eût fallu les circonstances les plus favorables pour atteindre une pointe pierreuse éloignée seulement d’un demi-mille de nous.

Les principales masses de glace n'avaient encore souffert aucune altération , excepté dans

la partie de l’est, où un vent de E. S. E.

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avait ouvert une partie de chenal dont il était difficile d’assigner le point extrême. La soirée fut employée à lire l'office divin.

La nuit se fit avec une bourrasque de S.S. E. accompagnée d’une grosse pluie, deux puissants auxiliaires pour nous; nous trouväimnes, en effer, le matin, qu'ils avaient fort bien travaillé : la berge était couverte de monceaux de glaces brisées. Mais la mer grossit et nous obligea de porter le bagage et ie bateau un peu plus à terre; fatigue qui ne coûta point de regrets, car nous éprouvions une véritable jouissance à voir le dégât que faisaient le ressac et les brisants. Déjà la barrière qui nous arrétait était réduite à 300 pieds (91 mètres), et nos communications n'étaient en réalité interrompues que par une largeur de 20 pieds (6 mètres ); à une heure après midi, ce dernier obstacle disparut : c'était peu après la haute mer (nouvelle lune ). Mon impatience ne me permettait pas de demeurer en repos; je me rendis à la

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