‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 55 sur 103 · TP IS RER · texte numérisé non relu

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quence que le vent s’apaisät; mais comme ils ne firent aucune autre démonstration, je laissai un sac de pemmican sur un monceau de pierres, œfin de leur prouver d’une manière positive la bonté de nos intentions; puis nous poussämes au large et gouvernämes dans le rapide de l'ouest, qui communique avec îe lac Franklin dontle peu de profondeur nous donna beaucoup d’embarras; nous parvinmes cependant à remonter à l’aide d’une amarre : les voiles furent ensuitc déployées, et quoiqu'il y eût grosse mer dans la partie la plus exposée du lac, l'embarcation ne prit pas une goutte d’eau. Le temps devenait un peu plus beau à mesure que nous rentrions dans l’intérieur ; toutefois il pleuvait encore. — Au moment où nous passämes le rapide, un loup blanc le traversait à la nage tenant quelque chose dans sa gueule.

25 aoùût.— La pluie tomba par torrents; l’eau se précipitait avec tant d’abondance dans la tente qu’un petit chien à demi-noyé ne put

se sauver qu'en s’accrochant à mon manteau.

ne ils aissai erres,s tive la sames de de anklin ucoup tà refurent se mer nbarcaps dee nous leuvait s le ra=

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Le vent et le courant étant opposés, nous fûmes obligés de laisser les avirons pour la cordelle, ce qui nous obligea de suivre tous les détours des baïes, et, par conséquent, allongea beaucoup notre chemin. Le jour suivant, au contraire, une jolie brise nous favorisa et nous mena au pied des rapides, puis au Mont Meadowbank, dont les deux pentes étaient animées par la présence des daims et des bœufs musqués. Dans l'après-midi nous reprimes les objets

déposés dans la cache.—En cet endroit les rives

escarpées et couvertes de grands blocs ainsi

que de petites pierres arrondies, rendirent très

pénible la marche de nos hommes qui tiraient

la cordelle; le:sol cédait sous leurs pas, ils tom-

baïent à chaque instant ou se nuisaient les uns aux autres. L'eau était si basse que la navigation devint excessivement laborieuse; il y avait des endroits tout-à-fait à sec. Néanmoins nous avançâmes rapidement, et campâmes le soir au

rapide du Loup (Wolf rapid).

La brume du jour suivant nous empêcha de

partir avant dix heures du matin. En remontant un rapide le bateau heurta si violemment contre une roche sous l’eau qu’il fut presque défoncé à bäbord sur lPavant. Cependant, en le calfatant avec de l’étoupe et de la graisse, nous pûmes atteindre notre cache de deux sacs de pemmican, que nous trouvâämes ouverte, sans doute par les wolverennes. Le contenu, trop avarié par la pluie, ne pouvait nous servir ; nous l’abandonnämes, aprésl’avoir recouvert, au profit des premiers individus bipèdes ou quadrupèdes qui auraient la bonne fortune de le trouver. Le bateau fut réparé; et, poursuivant notre route, nous atteignimes le rapide Escape, où nous trouvâmes, auprès d’un daim noyé, un morceau d’aviron brisé dans une descente. Les chutes étaient trop considérables pour que nous pussions les remonter avec notre charge; nous achevâmes tard notre portage à l'extrémité méridionale. Profitant alors d'un bon vent qui se mit à souffler, nous arrivâmes,

après avoir repris une autre cache parfaitement

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conservée, aux chutes Sinclair, dont les ri-

ves offraient encore quelques restes de glace,

et où le gazon et la mousse n'avaient point

perdu leur teinte brunâtre. T2 saison était fort retardée, car il n’y avait pas une seule baie; et, ce qui était plus surprenant, à peine apercevait-on des moustiques ou des maringouins, preuve que le pays n’avait pas joui d’un été ordinaire. Trois ou quatre bœufs musqués mäles paissaient chacun de leur côté sous le vent des rochers ou des dunes. Notre approche ne les intimida pas: mais leur odeur repoussante les garantit contre nos chasseurs. Vers le soir on vit passer deux loups au grand trot, évidemment à la piste d’un pauvre daim blessé réfugié sur une ile à un mille environ de distance. Après un portage, nous atteignimes le rapide du Rocher. Nous essayämes d’abord de passer à l’est; mais, voyant que cette passe était la moins bonne, nous reprimes l’ancienne, et débouchâmes heureusement dans le lac Mac-

dougall à deux heures après midi, Monté sur

le sommet d’une roche, je vis avec surprise que tout le pays était inondé, et que ce qui était à sec ou verdoyant en juillet se trouvait maintenant converti en un vaste marécage.

Nous éprouvâmes beaucoup de difficultés et d’inquiétudes à remonter la longue et dangereuse suite de rapides qui conduit au lac Garry, dont la surface, unie comme un miroir, présentait un contraste frappant avec le vêtement d'hiver qui la recouvrait cinq semaines auparavant. Nous replaçèmes notre camp sur la colline de sable où il avait été déjà établi à notre passage. Nous vimes là une preuve bien frappante de l’abondance des pluies qui avaient inondé le pays: des champs de mousse d’un seul morceau, détachés en masse, étaient descendus d’une hauteur de soixante pieds (18,2), et s’étendaient comme un tapis sur la berge.

31 août.— Nous étions arrivés à cette partie du lac où la glace nous avait enveloppés à notre

passage, lorsque nous fümes frappés de la pré-

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sence d’une multitude de marques sur un point où aucun de nous ne se rappelait en avoir aperçu en passant la première fois; on les examina avec plus de soin. Elles étaient fraichement disposées, et la mousse avait été nouvellement cueillie aux environs. On aperçut bientôt de nombreuses traces d'hommes et de daims sur le sable. Le temps brumeux nous empéchant de bien distinguer les objets, nous côtoyames les bords. Mac-Kenzie crut apercevoir un daim sur le sommet pierreux d’une colline en pente, laquelle se terminait en une pointe où l’on avait élevé récemment des marques ; mais nous découvrimes bientôt que cette créature était un Esquimaux. Deux de ses compagnons se levèrent alors de derrière une roche où ils s'étaient tenus cachés, pensant que notre éloignement leur permettait de se hasarder jusque là. Convaincu qu’ils s’enfuiraient, je jugeai inutile de retourner vers eux, et je continuai; mais au moment où nous nous

y attendions le moins, nous nous trouvâmes

auprès de douze tentes entourées d’une multitude d'hommes, de femmes et d’enfants. Ces derniers commencèrent à hurler et à se sauver en toute hâte derrière les rochers; le reste de la troupe paraissait aussi fort troublé; chacun était armé d’une pique et d’une fronde. Ils nous faisaient avec la main signe de nous retirer; néanmoins nous avançâmes, en relevant, en signe d'amitié, nos bras au-dessus de notre tête; mais à peine fûmes-nous par leur travers qu'ils firent précipitamment retraite du côté des tentes et des rochers. Il nous manquait un interprète pour apaiser leurs craintes, et nous n'avions aucun intérêt à les effrayer davantage; nous nous dispensämes Gonc de prendre terre, et continuâmes à ramer lentement.

Ils n'eurent pas plus tôt aperçu ce mouvement de retraite qu’un vieillard courut après nous le long des rochers, se tenant toutefois à distance respectueuse ; puis il nous commanda de nous en aller en poussant de fortes clameurs,

eU nous faisant signe de la main comme aupa-

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DU CAPITAINE BACK. 249 ravant, Il nous suivait depuis deux cents pas, Jorsque quelques uns de ses amis, se préparant à l'accompagner, il le leur défendit par le geste dontilse servait envers nous. Nousreconnümes alors que c'était le sorcier ou l'homme sage de la tribu, qui ne tarda pas à imiter le grognement et le mouvement d’un ours, marchant sur ses mains et ses genoux, et se figurant sans doute par cette manœuvre nous forcer magiquement au départ. Le nombre de ces Esquimaux pouvait aller à soixante ou soixante-dix. Nous vimes seulement quatre Kieyaks. Cette tribu appartenait, je pense, aux Esquimaux qui habitent la baie Wager ou louverture Chesterfield.

1° septembre. = Ayant ‘remonté à la cordelle le rapide qui lie le lac Pellÿ au lac Garry, nous reprimes notre cache de l'ile. Nous passâmes ensuite un autre rapide à demi couvert par des plumes et de vieux bois de saule en dérive. Un troupeau de bœufs musqués et un

petit nombre de daims paissaient tranquille-

ment sur les collines de sable, tandis que des oies blanches, brunes, ou moqueuses, voltigeaient et semblaient se rassembler pour émigrer dans le sud.

Le 4, nous fümes battus par une violente bourrasque de N. O., qui annonçait l’arrivée du mauvais temps. Plusieurs vols d’oies se dirigeaient vers le sud. Il fallut tirer le bateau à la cordelle pendant toute la journée pour remonter seize ou vingt rapides que le manque d'eau rendait fort pénibles à passer ; des bancs de sable et des iles apparaissaient de toutes parts et changeaient tellement l’aspect de la rivière qu'il était impossible de la reconnaître. Au centre du rapide du Faucon, l'amarre se rompit et nous jeta dans une position critique: d'ou l’issueeüt étéfunesteavec un équipage moins actif, nous nous accrochàmes aux rochers et tinmes bon jusqu’à ce que l'accident entété réparé. À mesure que nous avancions, les écneils et les barres nous génaient considérable-

ment : dans une saison ordinaire la navigation

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DU CAPITAINE BACK. 291 eut été impraticable, même avec un batetu tout-à-fait lège.

6 septembre. — La matinée annonçait un beau jour ; le vent était favorable et nous nous attendions à faire bonne route; mais en ces régions , les apparences atmosphériques $ont fort trompeuses : après deux heures de navigation, le ciel se chargea de nuages noirs, le brouillard s’éleva, la pluie tomba par torrents, comme si on l’eût versée. L'eau gagnant dans le bateau et menaçant d’avarier nos provisions, nous abordâmes. La bourrasque se changea en tempête, avec rafales .et tonnerre. Le feu s’éteignait sans cesse ; il fallut toutes sortes d’expédients et surtout une grande dose de persévérance pour le tenir allumés il est vrai que nous y portions grand intérêt, car nous avions tué un daim gras, et nous étions empressés de faire un peu diversion à notre pemmican moisi, en nous régalant de ce mets fort savoureux quoiqu'il ne füt relevé ni par le sel, ni par au-

cun de ces ingrédients qui corrigent la fadeur

d’une viande bouillie. La tempête continua à souffler du N. E. toute la nuit; la grande voile fut jetée par-dessus la tente, mais elle ne put nous garantir de la pluie qui filtrait au travers et tombait de toutes parts comme de mille gouttières : à une courte embellie vers minuit, succéda une recrudescence de mauvais temps; la neige se mit aussi de la partie, et dans la matinée du 7 couvrit tous les environs et les revêtit d'un aspect d'hiver. Vers dix heures après

midi, l'eau s'était élevée de quatre pieds; le

bateau fut pour la troisième fois monté plus

haut sur le rivage. Tout le pays était devenu si froid et si humide, qu’une infortunée petite souris ( lemming ), incapable de lutter contre l'envahissement des eaux qui la chassaient successivement de retraite en retraite, avait silencieusement cherché un abri sous notre tente et s'était blottie à quelques pas d'un chien terrier endormi. Dans une parfaite sécurité, elle léchait son vêtement fourré et promenait ses

yeux brillants d'objets en objets comme étonnée

ua à voile put vers nille auit, nps; 1ati-

vêtit

DU CAPITAINE BACK. 253 et enchantée de ce domicile nouveau et confortable; mais bientôt les oreilles dressées du chien annoncërent son réveil; en un clin d'œil le petit animal fut broyé entre les mächoires de cet ennemi sans pitié.

8 septembre. — La matinée fut sqgmbre; le vent avait tombé; nous fimes du chemin, quoique le courant füt fort et le temps si chargé que nous avions peine à distinguer le vrai chenal. Vers neuf heures, le soleil percça et sécha nos vêtements trempés. Nous laissâmes derriére nous la riviere Baillie et remontâmes le long rapide où nous avions trouvé les premières marques des Esquimaux; le pays était couvert d’eau des deux côtés. Sur le soir, une bourrasque de N. O0. nous amena du grésil avec de la neige, et toutes les criques gelèrent fortement, le matin suivant. Le froid étant devenu excessif, la neige, les rafales, la brume. nous empêéchèrent d'avancer : l’eau s'était considérablement élevée, les falaises étaient sillonnées

de profonds ravins. La plus grande partie de

la journée fut employée à franchir les cascades: rude et périlleuse besogne, que , certainement, on ne se serait point avisé d'entreprendre dans tout autre position que dans la nôtre. Le bateau eut peine à résister aux chocs qu'il reçut; il fallut le réparer et le calfater pour le maintenir à sec. Nous eûmes beaucoup de neige sur le lac Beechey et assez de vent pour nous arrêter. Nous aperçümes à quelque distance trois faucons à la poursuite d’une oïe blessée et d’un goéland qui semblaient devoir succomber.

Le 15 septembre, nous atteignimes notre première cache, où les lemmings s'étaient introduits et avaient causé du dégât; sur le soir, nous campämes à l'extrémité supérieure du rapide du Bœuf Musqué, mais nous n’y trouvames pas de traces récentes d’Indiens.

L’année précédente, seize jours plus tôt, les collines environnantes étaient couvertes de daims, et la physionomie de l'été embellissait

toute la campagüe : maintenant, au contraire.

DU CAPITAINE BACR. 200 on ne voyait pas un daim; la plante à thé avait été gelée, les bouleaux nains étaient presque sans feuilles, les saules présentaient un aspect jaunûtre, et tout le pays était revêtu des sombres livrées de l'automne. Cinq bœufs musqués se montraient seuls; toutes les autres créatures animées avaient déserté cet endroit où, l’année précédente, une exubérance de vie éclatait de toutes parts.

Un vent du nord nous amena un brouillard dont l’obscurité ne nous empêcha pas de traverser le lac du Bœuf Musqué, mais nous rendit incapables de distinguer notre route au-delà jusqu’à onze heures avant midi; nous nous trouvâmes alors par le travers de la rivière Glacée presque entièrement encore couverte des glaces qui lui méritent son nom. Nous atteignimes ensuite le premier portage sur le Thlew-ee- Chob, et le jour suivant (17 septembre ), nous rencontrâmes notre ami M. Mac-Leod, qui

avait déjà passé plusieurs jours à la baie Sand-

Hill avec quatre hommes et deux Indiens. Je

D A ee Lam et RÉ

256 VOYAGE n’essaierai pas de dépeindre la joie que nous éprouvämes tous de notre heureuse réunion.

M. Mac-Leod nous avait long-temps attendus, veillant avec anxiété sur la route par où nous devions revenir. Après notre séparation en juillet, il avait regagné notre Fort sans autre accident que la perte de deux chiens ; puis il s'était rendu au Fort-Résolütion pour y prendre quarante sacs de pemmican et d’autres fournitures envoyées de la factorerie d’York. En revenant, il avait établi deux pêcheries (1); ayant ensuite déposé son bagage dans notre fort sous la garde d’un homme de confiance, il s'était dirigé sans perdre de temps vers le Thlew-ee-Choh.

J'appris de lui avec une vive satisfaction la bonne conduite de tous les hommes de son détachement; mais j'eus la douleur de voir se confirmer nos craintes sur le sort de Williamson, dont le cadavre avait été retrouvé et en-

terré par M. Mac-Leod. Cet infortuné gisait sur

(1) L'une en face de l’ile du Rennre (Rein-deer); l'autre près de la pointe Keith, à 115 milles du for! Reliance.

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le sol, près de son feu. 1] paraissait être mort de faim : le découragement dont témoignait déjà toute sa conduite quelques mois avant son congé avait sans doute beaucoup contribué à sa perte. Nous n'avions pu découvrir les causes de sa profonde tristesse; mais il était si misanthrope, que pendant le temps que nous fûmes campés auprès des constructions de notre fort, il né s’associait point à ses camarades, et s'était bâti une hutte de branches de pin où il prenait ses repas dans l'isolement. Souvent dans le fort de la nuit, lorsque tout le monde reposait depuis long-temps, cet homme extraordinaire restait assis devant sa demeure, considérant fixement d’un œil morne ses tisons mourants. Il ne faisait que peu de service; tous s .

ses camarades le traitaient avec une bonté compätissante et l’appelaient le pauvre David. Ainsi qu’il arrive souvent à ceux qui s’égarent, il fut trouvé tout prés de la pêcherie, vers laquelle il paraissait revenir, du moins à ce qu'on

put conjecturer d'après la trace de ses pas qui

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s’accordait avec celle qu’avaient laissée quelques uns de nos hommes deux jours avant que la glace ne se brisât.

Depuis notre départ,le temps avait été simauvais, que les Indiens ne se rappelaient pas en avoir jamais eu de pareil; ils avaient souffert de srandes miseres, et la famine les avait souvent visités. « Vous ne Îles reconnaïitriez pas, me ‘lit M. Mac-Leod, à moins qu'ils n'aient repris depuis que les daims paraissent. » Tout le pays au nord et à l’est du grand lac de l’'Esclave avait été inondé par la pluie et désolé par la gelée et la neige; il en était arrivé autant l'hiver précédent, qui avait été excessivement doux dans le sud et mêmesur lefleuve Mac-Kenzie. On pourrait peut - être en conclure que les baies et les ouvertures de la côte avaient été encombrées d’un excès de glace dont l'influence sur l’atmosphère aurait varié avec la localité.

Pendant deux jours, nous eümes tant de bourrasques, de grésil, de neige, de gelée, que

nous ne pümes bouger; la glace des petits lacs

DU CAPPAINE BAGK. 259 devint assez dure pour porter le poids des hommes; et j'en profitai pour envoyer chercher du gibier que les Indiens venaient de tuer.

. Le 20 septembre il gela rudement le matin, puis vint |: neige; mais le vent était tombé et nous partimes laissant en arrière M. Mac- Leod qui chassait en nous suivant sur les bords des lacs. Après avoir traversé le lac Aylmer sans qu'il se présentàt rien de remarquable, nous arrivèämes au lac Clinton-Colden, où nous trouvâmes deux pouces de neige sur les collines. Le froid était si intense que l’eau gelait sur les avirons et sur les bords du bateau; il arriva même qu’un de nos chronomètres s'arrêta : c'était le n° 3093, chronomeèetre français, qui jusqu'alors s'était montré le plus régulier et le plus constant dans sa marche. Sur le soir, nous atteignimes le premier rapide de la petite rivière; nous y recûmesla visite de quelques Indiens Couteaux-Jaunes que nous nous attendions à trouver dans les environs. Îls nous félicitèrent de notre heureux

retour sur lequel personne ne comptait à cause

260 vor.icf"

de la rigueur du temps pendant notreexcursiori. Le vieillard qui était tombé malade dans le Fort au printemps, et qui, par suite de son excessive obstination, s'était attiré le surnom de vieil entété, était couché dans sa hutte, toujours en proie à la maladie; ses douleurs se trouvèrent encore aggravées par la mort récente d’un de ses enfants. Sa famille entière s'était religieusement conformée à la funeste coutume de détruire ses vêtements et tout ce qu’elle possédait ; de sorte que ces malheureux w’avaient, pour se couvrir en cette saison rigoureuse, qu'une peau de daim flottante et mal ajustée, jetée sans soin et presque sans utilité sur leurs épaules.

. M. King, accompagné de l'interprète, se rendit pendant la nuit à la hutte du vieillard pour lui administrer des secours; il donna aussi des soins à quelques uns des enfants. Après avoir franchi les rapides, nous nous rendimes nousmêmes aux tentes pour y recueillir quelques

pièces de viande qu'on nous y préparait; je

Hi.

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Je

DU CAPITAINE BACK. 261 saisis l'occasion de faire causer avec le vieil entété, seul Indien qui, avec un autre vieillard, connüt un peu le pays situé dans le nord. Je lui demandai si de quelque point du cours du Thlew-ee-Choh on ne pourrait atteindre le lac Cont-woy-to ou l'ouverture Bathurst. Il déclina sa compétence à ce sujet; tout ce que je pus en tirer, c'est qu'il y avait dans ces parages deux petits lacs, et que d'innombrables cours d’eau descendaient vers le Thlew-ee-Chob, tous trop rapides et trop remplis d’écueils pour permettre à d’autres embarcations qu'à leurs canots de chasse de s’y hasarder.

Après avoir franchi un autre rapide, nous recueillimes encore de la viande à notre campement suivant, où s'étaient déjà rendus tous les Indiens du précédent, y compris même le vieillard. Comme ils se tenaient autour de la tente, je leur montrai le plan de la rivière, appelant particulièrement leur attention sur les endroits où il y avait le plus de gibier, afin qu'ils s'y ren-

dissent par la suite en cas de disette, « ce qu'ils

RTE É mT

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