‹ Voyage dans les steppes de la mer Caspienne et dans la Russie méridionaleChapitre 10 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Campement nocturne de Tsiganes. — Rostof. ~ Une ville arménienne aux bords du Don.

En nous éloignant de Taganrok, nous pûmes facilement prévoir la somme de souffrances qui nous était réservée, durant ce long voyage. Une sécheresse interminable, jointe à trente degrés de chaleur, avaient déjà changé les plaines verdoyantes du Don en un désert aride. Dans certains moments, le vent soulevait de telles vagues de poussière autour de nous , que le ciel disparaissait complètement à nos yeux; la respiration nous manquait, le sang bourdonnait dans nos oreilles ; c'était un moment d'horrible souffrance. L'air échauffé provenant d'un incendie ne cause pas une suffocation plus douloureuse que celle produite par ce vent du désert. Les chevaux eux-mêmes s'arrêtaient en baissant la

tête, et semblaient partager le malaise qui nous dominait.

A rapproche du Don, le pays devient un peu pltis accidenté; quelques stanitzas cosaques se montrent déjà au milieu des bouquets d'arbres qui couvrent les bords du fleuve. De profonds ravins tapissés d'arbres, joints à la trace de plusieurs ruisseaux, prouvent combien cette partie des steppes doit être agréable au printemps; mais à l'époque de notre voyage, tout avait été desséché, calciné par les rayons du soleil qu'aucun nuage n'avait voilé depuis deux mois.

Nous traversâmes, avant d'arriver à Rostof, un grand village arménien , qui empruntait à sa position pittoresque au milieu d'un ravin, ainsi qu'à la construction de ses maisons, rappelant d'anciennes traditions orientales, une physionomie assez rare dans ces contrées plates, et suffisante pour captiver un moment rimagination. La soirée s'annonçait comme devant être fort belle; qtielque chose de serein , de calme et de mélancolique avait succédé aux chaleurs énervantes de la journée.

Le coucher du soleil, dans les steppes, présente un caractère tout exceptionnel : dans un pays accidenté, les ombres, en s'allongeant insensiblement, avertissent longtemps à l'avance que le soleil s'approdie de l'horizon. Mais ici aucun obfi^cle ne le dérobe à la vue ; toute la terre est illuminée de ses rayons

jusqu'au moment où son globe disparaît derrière la ligne du steppe; alors, k nuit tombe avec une rapidité sans égale , et quelques minutes aiffisent pour faire disparaître toute trace de cet astxe radieux qui , peu d'instants auparavant , mettait en feu tout l'Occident. C'est un magnifique changement à vue , une transition subite , empruntant à l'immensité de la scène un caractère des plus imposants.

Fatiguée de la rapidité avec laquelle nos chevaux nous avaient transportés depuis Taganrok , je profitai d'un relai de poste, établi à peu de distance du village , pour gravir à pied la hauteur qui me dérobait k route.

La nuit étant subitement tombée, il ne restait plus au couchant que quelques bandes d'un rouge pâle que chaque seconde achevait de décolorer. A l'autre bout de l'horizon, la lune, rouge, large, éclatante , telle qu'elle sort du sein des mers , montait majestueusement vers le zénith et remplissait déjà cette partie du ciel d'une lueur douce et mystérieuse lorsque tout le steppe était encore dans l'ombre, tandis qu'une frange dorée marquait les limites de l'espace et de la terre : c'élait un effet aussi splendide que Uzarre.

Arrivée au sommet de la colline, un cri de surprise et d'efl&roi sortit involontairement de ma boudie, et je restai immobile devant la scène inattendue qui s'offrait à mes yeux : en face de moi , tout un

campement de Bohémiens réalisait en cet endroit une des plus saisissantes fictions de Walter Scott.

Il n'y avait pas à s'y tromper. C'étaient bien là ces Tsiganes qui sillonnent la Russie de leurs bandes noires, hâves et» couvertes de guenilles, vrais corbeaux du steppe, toujours affamés et toujours errants. Dispersé sur toute la surface du globe, placé au dernier degré de l'échelle sociale, ce peuple vagabond forme en Russie, comme ailleurs, une véritable tribu de parias , dont la présence inspire du dégoût même aux paysans.

Le gouvernement a mainte fois essayé de coloniser en Bessarabie ces bédouins de l'Europe, mais jusqu'à présent, tous lesefforts ont échoué devant leur inertie. Fidèles aux traditions de leur race, les Tsiganes abhorrent tout ce qui est agriculture et habitudes réglées. Aucune entrave n'est assez forte pour dompter l'humeur nomade qu'ils tiennent de leur race, et qui a résisté au climat âpre de la Russie ainsi qu'à son gouvernement despotique. De même qu'en Italie et en Espagne, ils vont d'un village à l'autre, exerçant toutes sortes de métiers, volant des chevaux, des poules, des arbouses, disant la bonne aventure, obtenant par ruse ou par prière les moyens de ne pas mourir de faim , et préférant mille fois cette vie mendiante et paresseuse au bien-être qu'ils se procureraient si facilement avec un peu de travail et de bonne volonté.

Leur manière de voyager rappelle les émigrations des peuples barbares. Allant toujours en troupe nombreuse , ils se transportent d'un lieu à Tautre avec tout ce qui leur appartient. Les femmes , les enfants , les vieillards sont entassés pêle-mêle sur des espèces de chariots appelés pavoschks dans le pays, attelés d'un ou deux petits chevaux à longue crinière. Toutes leurs richesses consistent dans quelques couvertures en gros drap de couleur brune , dont ils font des tentes pendant la nuit , et dans quelques outils , leur servant à exercer leur principal métier, celui de maréchal-ferrant.

Les voyageurs qui visitent la Russie du nord parlent tous avec enthousiasme des chants bohémiens que Ton entend dans les salons de Moscou. C'est que nulle race ne possède peut-être le goût de la musique à un plus haut degré que les bohémiens. Au reste leur intelligence nous a paru remarquable sous beaucoup de rapports. Un long séjour en Moldavie, où l'on compte plus de cent mille Tsiganes, nous a permis d'étudier avec autant de facilité que d'intérêt les, mœurs de ce peuple , et de recueillir un grand nombre de faits qui ne seraient peut-être pas indifférents à la plupart des lecteurs.

Les Tsiganes passent la belle saison à aller d'une foire à l'autre, à camper pendant quelques semaines aux environs des villes ; à vivre , enfin , sans souci de l'avenir, dans une indolence tout à fait asiatique.

Mais quand les neiges arrivent , quand les vents du Nord viennent balayer de vastes plaines aussi unies que la mer, la situation de ces malheureux est bien de nature à exciter une vive pitié. A moitié vêtus, enfouis dans des cabanes creusées sous terre, sans ressource pour les besoins matériels, on ne comprend pas comment ils peuvent atteindre la fin de rhiver. Une telle situation, tout horrible qu'elle soit, ne laisse cependant aucune trace en eux dès que le souffle du Midi leur permet de reprendre leurs courses aventureuses. L'insouciance est le fond de leur caractère, et la plus affreuse misère ne peut leur faire jeter un seul regard sur l'avenir.

La singulière apparition qui m'avait arrêtée subitement sur le rebord de la route , était donc le spectacle d'une troupe de Tsiganes campés pour la nuit dans cet endroit isolé, à une trentaine de pas du chemin , près d'un champ de pastèques.

Les pavoschks disposées en cercle, soutenaient avec leur timon des tentes d'une couleur sombre où l'on ne pouvait entrer qu'en rampant. De grands feux allumés à quelques pas de là étaient -entourés d'une cinquantaine d'individus de l'aspect le plus effrayant; couleur bistrée, cheveux hérissés, traits hardis et sauvages, haillons indescriptibles, éclairés par des flammes capricieuses qui tour à tour jetaient de vives lueurs et s'affaiblissaient subitement, tout cela avait quelque chose de démoniaque bien digne

de rappeler à Timagination les scènes sinistres dont on les a faits si lohgtemps les héros.

Tout ce que la misère et les habitudes d'une vie vagabonde ont de plus repoussant se Usait sur leurs visages hâves, dans l'expression fébrfle de leurs grands yeux noirs et dans l'espèce de volupté avec laquelle ils se roulaient au milieu de la poussière ; on eût dit que c'était là leur élément , qu'ils se sentaient nés peur la vase où fourmillent les animaux immondes. Les femmes surtout me semblèrent hideuses. Couvertes seulement d'un jupon en lambeaux; la poitrine, les bras, ainsi qu'une partie des

, jambes entièrement nus , les yeux hagards , la figure presque cachée sous des mèches de cheveux en broussailles , elles n'avaient plus rien ni de leur sexe, ni même de l'humanité.

Cependant, un examen plus attentif me fit remarquer quelques têtes de vieillards qui, par le contraste de leur blanche chevelure avec la couleur olivâtre de leur peau , autant que par la régularité des traits, ofiraient un type de beauté peu commune. Tous fumaient, enfants, femmes, vieillards! Ce plaisir égale presque pour eux celui de boire de Teau-de-vie. Quelîe imagination de peintre a jamais rêvé un pandemonium pareil !

Jusqu'alors ils ne m'avaient pas aperçue, mais le

• bruit de notre voiture, qui s'avançait rapidement, et la voix de mon mari , letu* donnècent YéyeîL

Toute la troupe fut aussitôt sur pied, et je me trouvai , non sans un certain effrai , entourée d'une douzaine d'enfants entièrement nus , qui vinrent me demander l'aumône, en jetant de grands cris. Quelques jeunes filles , voyant ma frayeur , se mirent à chanter d'une manière si douce et si mélodieuse, que notre Cosaque lui-même en parut ému. Nous restâmes longtemps à les écouter tout en admirant l'effet bizarre que faisait leur campement dans les steppes, par cette belle et radieuse soirée. L'idée d'un danger sérieux ne nous vint même pas à l'esprit, et d'aillei^rs elle eût été parfaitement absurde. Mais dans tout autre pays que la Russie, une pareille rencontre n'aurait rien eu de bien rassurant.

Trop d'exemples prouvent tous les jours que certains hommes ne reculent devant aucun crime pour satisfaire leur avidité, ou alléger la misère à laquelle ils sont condamnés. Pourquoi ceux-ci, plus misérables et plus dégradés que la lie des autres pays , résistent-ils à leurs mauvais instincts lorsque l'occasion se présente de leur lâcher la bride? Qui peut comprimer en eux toute pensée de violence et de rapine, quand ils n'ont à exposer qu'une vie que tant d'autres risquent bénévolement pour des motifs si futiles ? Voilà de ces questions qui font presque envier les gouvernements despotiques , en donnant la preuve qu'un pouvoir absolu obtient des résul-

tats qui confondent complètement tous les raisonnements des philosophes socialistes.

Le lendemain dans la journée, nous arrivâmes à Rostof , jolie petite ville située sur le Don. Sa phy- . sionomie diffère essentiellement des autres villes russes. Ce ne sont plus les lignes droites si froides et si monotones qui traquent le voyageur d'un bout de l'empire à l'autre. Ici, l'inégalité du terrain et le besoin de se rapprocher du port , ayant forcé les habitants à bâtir leurs maisons d'une manière irrégulière, il en résulte un coup d'œil aussi varié que pittoresque. ,

La population , mélangée de Russes , de Grecs et de Cosaques, n'offre également dans sa manière d'être, aucun point de comparaison avec la roideur systématique et la discipline militaire qui paraissent régler toutes les actions des Russes. L'influence d'un peuple longtemps libre a changé jusqu'au ca- ' ractère des employés de la chancellerie. On ne trouve plus en eux la morgue et la suffisance qui distinguent la petite noblesse russe. Aussi la société estelle beaucoup plus agréable à Rostof que dans la plupart des villes gpuvernementales. Le tchin (rang) ne vous y poursuit pas , comme ailleurs , de ses exigences ridicules. Il y a fusion complète de nationalités, de goûts et d'idées, et chacun s'en trouve à merveille.

Cette influence secrète que les Cosaques exercent

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sur les Russes est une chose digne de remarque > et semble prouver que les travers de ce dernier peuple tiennent plus à son organisation politique qu'à son caractère national.

Sa gaieté naturelle , comprimée par Finquiaition d'un pouvoir souverain , reprend facilement le dessus quand l'occasion s'en présente* A Rostof on voit les employés russes se mêler aux Cosaques et aux négociants grecs , sans que la susceptibilité orgueilleuse des premiers en prenne l'alarme.

Une chose dont nous fûmes grandement étonnés, et qui annonce combien les idées libérales sont en faveur dans cette ville , est l'établissement d'une espèce de casino où toutes les classes de la soci^ se réunissent le dimanche pour danser et faire des partiéS'de plaisir. Cela est sans exemple ailleurs.

Ce casino contient une grande salle de danse , de beaux jardins^ un billard, une restauration, tout ce qu'on peut désirer dans un établissement de ce genre . Quoique chacun soit libre d'y entrer sans aucune rétribution, la haute société ne s'en fait pas faute, et n'y danse pas moins d'aussi bon cœur que dans un salon aristocratique. Toute distinction de rang s'y trouve effacée : employés , mardiands , femnaes d'officiers Jeunes ouvrières, étrangers, chaque classe s'y coudoie , et de cette fusion résulte un pèle-méle aussi varié qu'amusant, qui rappelle par sonjoywix abandon les bals champêtres de la banlieue de Pa-

ris. Tout devient sujet de surprise pour le voyageur dans cette petite ville qui n'a ie russe que ses employés : les hôtels y offrent de bons restaurants, des chambres propres munies chacune d'un lit ccnnplet (chose inouïe dans l'intérieur de la Russie ), et beaucoup d'autre objets , que l'on trouve à peine à Odessa.

Azof , situé de l'autre côté du Don, un peu audessous de Rostof , n*est plus aujourd'hui qu'un grand village. Sa forteresse , si longtemps célèbre , a été abandonnée et tombe en ruine. Elle occupe , à ce que l'on prétend, l'emplacement de l'ancienne Tana, bâtie par les Grecs bosphoriens.

Le fort Saint-'Dimitri, construit par Pierre le Grand entre Rostof et Nackhitschévane, a partagé le sort d'Azef. Il était autrefois destiné à protéger la contrée contre les incursions des Turcs, alors maîtres de 'la rive opposée : la route de poste le traverse dans toute sa longueur, et suit jusqu'à Nackhitschévane uîie chaussée élevée qui domine tout le bassin du fleuve. Rien de plus varié que les vastes perspectives au milieu desquelles on voyage, en parcourant cette longue arête. Derrière soi , l'on a Rostof avec son port rempli de bâtiments, avec ses maisons échelonnées les unes sur les autres , comme si l'espace allait leur manquer, avec ses églises grecques et ses jardins, couronnés de terrasses. A droite, la nappe calme et limpide du fictive s'étend dans

un large bassin dont les bords sont ombragés par de beaux peupliers. Des bateaux de pêcheurs , des radeaux, des bâtiments de transport varient son aspect , accidentant de la manière la plus pittoresque cette partie du paysage. Puis, devant soi, Ton voit surgir Nackhitschévane, la blanche ville arménienne; et le voyageur étonné retrouve l'Orient dans les grands bazars dont il aperçoit les vitrages élinceler au soleil, dans l'architecture capricieuse des maisons , et surtout dans les belles figures asiatiques qu'il rencontre en avançant.

Nous parcourûmes tous les quartiers, tous les bazars de cette ville orientale , avec un empressement qui avait sa source dans nos souvenirs de Constantinople. A la vue des femmes voilées traînant la babouche rouge avec une nonchalance inimitable, des hauts bonnets arméniens, des longues barbes blanches , des marchands accroupis sur leur comptoir , des bazars remplis de tous les produits de l'Asie, nous nous crûmes réellement transportés dans un des quartiers marchands de Stamboul; l'illusion était complète. Les boutiques sont garnies d'une foule d'objets qui nous parurent très-curieux. Les Arméniens excellent surtout à travailler l'argent, et à couvrir de délicates broderies les cuirs rouges et jaunes qui servent à la confection des selles, des babouches, des bottes, etc. On nous montra des selles d'une grande beauté , destinées à des

chefs du Caucase. L'une d'elles, en velours bleu, ornée de plaques d'argent, émaillées de noir, avec des étriers en argent massif et une bride chargée d'ornements brillants, avait été commandée pour une jeune princesse circassienne. Chaque genre de marchandises a son bazar à part comme en Orient , et les hommes seuls sont chargés de la vente.

Cette ville arménienne , placée sur les bords du Don au milieu d'un pays occupé par des Cosaques , est une des mille singularités que possède la Russie. On se demande quelle cause a pu transplanter ces enfants de l'Orient dans une contrée où rien n'est en harmonie avec leur manière d'être , où la nature elle-même leur fait rudement sentir qu'ils ne sont là que par accident. Cela vient de ce que les Arméniens sont essentiellement cosmopolites , s'accommodant de tous les climats et de tous les gouvernements dès que leur intérêt l'exige. Industrieux, intelligents, économes, ils trouvent partout des ressources, et là où ils s'établissent, le commerce naît avec leur présence. C'est ainsi qu'au milieu des déserts du Don, s'est élevée Nackhitschévane , la ville du trafic par excellence, le bazar où l'on vient faire ses achats de vingt-cinq lieues à la ronde. Il fallait des Arméniens pour être capables d'opérer un pareil miracle, et pour trouver des sources de prospérité dans un commerce de détail. Muis aussi rien

n'a échappé à leur ardente perspicacité; tous les genres d'industrie sont largement exploités par eux. Non contents du commerce local qui est entièrement entre leurs mains, aucune foire n'a lieu dans toute la Russie méridionale, sans que l'habitant de Nackhitschévane n'aille y porter ses marchandises. Le costume et l'armement des habitants du Caucase forment encore une des principales branches du commerce de ces Arméniens. Ils sont en relation assez intime avec les noijabreuses tribus du Caucase, auxquelles on les accuse même de servir d'espions. Quant aux habitudes sociales, les Arméniens sont à Nackhitschévane ce qu'ils se montrent partout ailleurs; ils peuvent impunément changer de pays; leurs mœurs, leurs usages, ne subissent aucune modification. La nation Arménienne ressemble à un arbre dont le tronc est presque détruit , mais qui produit des rejetons d'une nature invariable^ ne différant entre eux que par quelques particularités extérieures.

La colonie deNackhitschévanedatede l'année 1780, époque à laquelle l'impératrice Catherine II fit transporter sur les rives du Don la plus grande partie des Arméniens de la Crimée. Les colons se divisent en agriculteurs et en boutiquiers. Les premiers habitent cinq villages renfermant une population de quatre mille six cents âmes. Les autres résident exclusivement éans la ville qui forme le chef-lieu de

leur établissement , et contient près de six mille habitants.

Cette nation jouit des mêmes privilèges que les Grecs de Marioupol dont nous avons fait mention. Ils sont gouvernés par des administrateurs choisis par eux, et bien rarement ils sont forcés de recourir aux tribunaux russes.

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