‹ Voyage dans les steppes de la mer Caspienne et dans la Russie méridionaleChapitre 21 sur 26 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Départ d'Odessa pour la Crimée. — lit. Taïtbout de Marigny. — Balaklava. -^ Le monastère Saint-Georges. — • Le cap Parthéoique.

Après un hiver passé dans les douceurs du repos, nous quittâmes Odessa, dans les derniers jours d'avril , pour aller visiter la Crimée , l'un des plus beaux fleurons de la couronne moscovite. Ce fut sur la Julie, brick appartenant à M. Taïtbout de Marigny , qui en était à la fois l'armateur et le capitaine, que nous nous embarquâmes, fort contents de quitter Odessa et sa poussière pour les frais paysages de la Tauride,

Notre départ du port fut des plus brillants. Les deux canons de la Julie et de la PeRte^Marie , charmant cutter qui devait faire voile de concert avec nous, annoncèrent à toute la ville que notre flottille

venait de lever Tancre. La traversée ne pouvait manquer d'être fort agréable avec un aussi aimable capitaine que celui que nous possédions. M. Taïtbout de Marigny , consul des Pays-Bas , joint aux connaissances variées du «avant, toutes les précieuses qualités de l'artiste et de l'homme du monde. Dès notre arrivée en Hussie , une certaine analogie de destinées , de goût pour les arts et les voyages , joints à ce titre de compatriote , si précieux quand on est à six cents lieues de son pays , firent naître entre nous une amitié qui, depuis, ne s'est jamais démentie. Son nom , comme on a dû le remarquer , est assez souvent cité dans le cours de cet ouvrage; C'est à la fois un hommage rendu au savant , et un témoignage de sympathie pour l'homme aimable dont la société nous fut si douce pendant notre séjour en Russie. Chargé par le gouvernement hollandais d'explorer les bords de la mèr Noire dans un but scientifique et artistique, il possédait Jes deux bâtiments que j'ai nommés, et sur l'un des^ quels, toute la petite société était réunie.

Quoique fort courte, la traversée n'en fut pas moins féconde en émotions. Mal de mer, bourrasque, clair de lune, causeries délicieuses , nous eûmes en abrégé tout ce qui fait le charme d'un voyage sur mer. Dans la matinée du second jour , par un soleil radieux, nous commençâmes à apercevoir les côtes de cette terre célèbre ,, surnommée inhospi-

talièrepar les anciens, en raison de Tiiorrible coutume qu'avaient ses habitants , de massacrer tout étranger que le hasard ou la tempête y conduisait. Les malheurs d'Oreste suffiraient seuls pour rendre la Tauride célèbre. Qui ne s'est attendri en lisant le drame à la fois terrible et touchant, dans lequel le frère et la sœur, joUets de la fatalité , sont les héros sur cette côte déserte! A peine pus-je distinguer la ligne de rochers qui se dessinait vaguement à l'horizon, que déjà je cherchais le cap Parthénique, où la tradition place le temple de la déesse Taure, cette cruelle déesse dont Iphygénie était prêtresse, et où elle faillit immoler son frère. Avec les indications de notre capitaine, je finis par découvrir sur la pointe d'un rocher , mais à une grande distance de nous, une chapelle isolée/ qu'on m'assura être consacrée à la Vierge. Quel contraste entre le doux culte de Marie et celui de la sanguinaire Taure qui exigeait pour offrandes , non la prière naïve et V ex-voto du marin , mais des victimes humaines.

Toute la côte de ce côté, est stérile et déserte : un mur inaccessible s'élendait devant nous et semblait nous fermer cette presqu'île tant de fois conquise et ravagée par les nations guerrières et commerçantes. D.otée par la nature des avantages les plus précieux, la Tauride fut de tout temps un objet de convoitise pour l'Europe et l'Asie. Les peuples

pasteurs se sont disputé ses montagnes; les peuples marchands ses ports et son célèbre Bosphore; les peuples guerriers ont planté leurs tentes au milieu de ses magnifiques vallées : tous ont voulu avoir un pied sur ce sol , où la civilisation grecque a laissé de si brillants souvenirs.

Pendant une partie de la journée, le vent contraire nous força à louvoyer et à courir de petites bordées devant la muraille qui s'étendait en face de nous. Cependant sur les quatre heures, un changement de vent permit au brick de se rapprocher de la côte. La mer ressemblait alors à un magnifique bassin , reflétant sur ses eaux transparentes les grandes masses calcaires dont les cimes surplombaient audessus de nos têtes. C'était.un beau spectacle; mais Tair sérieux du capitaine et la manière attentive avec laquelle il regardait les voiles et commandait les manœuvres, nous faisaient facilement comprendre que le moment était grave, sinon critique. Une chaloupe montée par quelques hommes fut envoyée pour reconnaître la côte. Sa voile blanche , dorée par le soleil, ses oscillations et son éloignement la faisaient ressembler à un oiseaw marin qui va chercher un gîte dans le creux de quelque rocher. Quant à la petite Marie , légère et gracieuse comme une hirondelle de mer, elle suivait nos évolutions en folâtrant sur le& vagues. Tantôt à gauche, tantôt à droite , tantôt dans le sillon du brick , elle paraissait

non céder à Timpulsion du vent , mais le faire servir à ses caprices. Le cercle se rétrécissait toujours autour de nojus , et la figure de M. Taïtbout devenait de plus en plus soucieuse, lorsque tout à coup, à notre grande surprise, le rocher s'entr'ouvrit comme par un coup de théâtre, et nous livra un passage où deux navires n'auraient pu entrer de front. La manœuvre fut si brusque et si habile, que nous ne pûmes en aucune manière nous en rendre compte. Une fois hors de lapasse, M. Taïtbout, tout radieux, nous apprit que cette entrée était fort dangereuse par les gros temps, et que même avec un peu de vent, elle devenait souvent impraticable. Mais grâce à son habileté et à la brise qui nous poussait vers la terre, nous pénétrâmes voiles déployées dans le port de Balaklava, avec tous les honneurs de la guerre.

Une forteresse en ruines domine la ville : de ce point élevé, les Génois, jadis maîtres de toute cette côte, planaient comme des oiseaux de proie sur la mer, et malheur aux bâtiments étrangers cliassés par la tempête vers ces parages? Balaklava, avec sa population grecque , sa ceinture de rochers et son doux ciel , ressemble à ces petites villes de l'Archipel , qu'on vQit blanchir à l'horizoa en faisant voile pour Constantinople»

Forcés de rester à bord jusqu'à ce que les formalités de k douane ftissent remplies , nous jouîmes

du tableau le plus gracieux et le plus animé qu'il soit possible de décrire.

Notre arrivée ayant lieu un dimanche, toute la population, en habits de fête, était répandlie sur la plage et les hauteurs voisines. Des groupes de matelots, d'Arnaoutes et déjeunes filles, aussi sveltes que celles des îles de la Grèce, gravissaient lentement le sentier rapide conduisant à la forteresse , tandis que ji'autres groupes , tout aussi pittoresques entouraient un joueur de balalaïka , dont Tinstrument criard conviait à la danse. Les balcons étaient remplis de curieux , faisant sans doute mille conjectures sur Tapparition d'un brick dans leur port.

Balaklava, la brillante cembalo des Génois, est aujourd'hui le modeste chef-lieu d'une petite colonie grecque , dont l'origine remonte au règne de' Catherine II et qui compte plusieurs villages réunissant environ 600 familles. Ce fut au milieu de ses guerres avec la Porte ottomane, que la célèbre impératrice songea à faire un appel à la nationalité des Grecs et à leur haine contre les Turcs. Le manifeste impérial fut suivi d'un prompt succès, et la Russie ne tarda pas à disposer d'un nombreux corps naval qui, dans toutes ses rencontres avec l'ennemi, se distingua par une éclatante bravoure. A peine la campagne contre la Turquie fut-elle terminée, que les auxiliaires de l'Archipel prirent une part active aux opérations militaires de la Crimée ; plus tard ,

après la conquête de cette presqu'île, nous les voyons chargés de réprimer les insurrections , en frappant de terreur les Tatars, par la cruauté sanglante de leurs expéditions. A cette époque seulement, les musulmans de la Tauride leur donnèrent le nom d*Arnaoutes, qui s'est conservé jusqu'à nos jours.

La Grimée une fois soumise, la mission des Grecs devint plus pacifique. Le régiment reçut une nouvelle organisation à la fois militaire et coloniale, et on lui concéda pour résidence la ville et le territoire de Balaklava. La colonie compte aujourd'hui 600 hommes de troupes, dont les fonctions se bornent à surveiller , k tour de rôle, la ligne des côtes. D'après les statuts impériaux , l'activité de service ne peut être exigée d'un colon que durant quatre mois de l'année; les huit autres restent à sa disposition pour qu'il puisse se livrer à la culture de ses terres. Chaque soldat reçoit vingt-huit roubles de traitement annuel , et se charge de son équipement.

Le lendemain de notre arrivée, nous fîmes une promenade matinale ayant pour but quelques études géologiques. Embarqués dès cinq heures du matin , nous eûmes le spectacle du lever du soleil , si splendide en* mer. Les flots étaient pailletés d'or; les rames elles-mêmes semblaient pétiller d'étincelles. La ligne de rochers que nous longions, mise

en relief par la lumière , noU3 laissait saisir ses contours les plus délicats. Nos rameurs nous débarquèrent sur une petite plage sablonneuse , formée par une échancrure du rocher, où les flots déposent une grande quantité de coquillages et de plantes marines. Là, pour horizon, on n'a que la mer bleue; pour bruit , que les tempêtes qui l'agitent. Une profusion d'arbustes en fleurs tapissait alors toutes les anfractuosités de la falaise. Hommaire , armé de son marteau de géologue , gravit, à notre grand effroi , ces masses calcaires qui ne sont visitées, de loin en loin, que par quelques pêcheurs. Sa présence inattendue et le bruit de son marteau causèrent , parmi les oiseaux qui nichaient dans ces belles solitudes, une révolution complète. Nous en vîmes un grand nombre voler au-dessus de nous, en donnant tous les signes d'une vive inquiétude.

Les rameurs , en se remettant en mer, se couronnèrent de branches d'aubépine et de pommiers en fleurs, et en décorèrent les bords de la chaloupe. Ce fut parés de ces fraîches guirlandes que nou3 fîmes notre entrée à Balaklava. Dans notre enthougiiasme poétique, à la vue du beau ciel , de la mer si calme et des rameurs grecs qui conservaient ainsi après tant de siècles, sur la terre étrangère, les riantes coutumes de leurs aïeux, nous nous comparâmes, modestement à Tune des nombreuses députations de l'antiquité, qui, chaque année, abordaient au

Pyrée, la poupe de leurs navires festonnée de fleurs, pour prendre part aux brillantes fêtes d'Athènes!

Dans ia même journée , il fallut se séparer de notre excellent M. Taïtbout qui continua sa route pour lalta, où nous nous donnâmes rendez-vous. Tandis que la Julie arrondissait ses voiles sous une fraîche brise et s'éloignait de Balaklava, nous nous dirigions vers le couvent de Saint-Georges, empor-lés par le ràipide péréclatnoy russe, et l'imagination toute remplie des souvenirs de l'antiquité. Grâce à cette disposition de notre esprit^ nous bravâmes, avec un courage héroïque , les horribles soubresauts de la voiture. Qu'on se figure une petite charrette . à quatre roues, tellement étroite que deux personnes peu vent à peine y trouver place, et n'oflfrantpour siège, que les paquets des voyageurs placés sur un gros tas de foin, et Ton concevra qu'une fois assis là , des tours de force d'équilibre deviennent indispensables pour s'empêcher de tomber, surtout quand trois vigoureux chevaux emportent ce frêle équipage d'une poste à l'autre avec une fougue difficile à imaginer. C'est pourtant ainsi que la plupart des Russes voyagent , supportant pendant des semaines entières ce rude exercice.

Le bras passé sous celui de mon mari, pour avoir du moins un point d'appui, je soutins en véritable Moscovite , toutes les difficultés de ce genre de locomotion, et j'eus la satisfaction d'arriver saine et

sauve chez les cénobites auxquels nous allions, au nom d*Oreste et d'Iphygénie, demander l'hospitalité : plaisanterie à part, je doute que l'exhibition de ces noms païens eût pu blesser la susceptibilité religieuse des moines. L'érudition n'est pas leur fort, et peu leur importe, après tout, que leur église ait peut-être pour fondement les ruines d'un temple rougi tant de fois par le sang des hommes.

•La route de Balaklava au monastère est peu accidentée ; elle parcourt un immense plateau qui offre toute l'aridité des steppes de la mer Noire. Une lieure avant le coucher du soleil, nous arrivâmes tout près du couvent, mais sans qu'un indice quelconque nous annonçât son voisinage. Aussi fûmes-nous très-surpris lorsque le cocher, quittant joyeusement son siège, vint nous prier d'imiter son exemple. Interrogeant vainement du regard tous les environs, nous étions tentés de croire qu'il se moquait de nous, et nous hésitâmes à le suivre dans un passage voûté où il venait de s'engager d'un air narquois, qui nous semblait être le comble de l'impertinence. Mais, à l'extrémité du passage, un cri d'admiration s'échappa de nos lèvres : le monastère, avec ses maisonnettes adossées contrôle rocher, ses terrasses, son église à dôme vert, ses jardins, sa riche végétation, s'offrit à nos jeux, suspendu à plusieurs centaines de pieds au-dessus de la mer. Longtemps nous contemplâmes l'effet magique que produisaient les

travaux de Thomme sur ce terrain d'éboulement couvert de roches volcaniques et d'arbres séculaires, et qui paraissait, par son aspect sauvage et bouleversé , n'avoir été destiné qu'à être le domaine de la solitude.

Les monastères russes et grecs sont loin d'offrir Tafepect monumental des couvents ultramontains : ils ne se composent que d'un groupe de maisonnettes à un étage, bâties sans symétrie et ne dénotant en rien lei^ habitudes austères d'une communauté religieuse. Les âmes poétiques , qui trouvent dans les longues galeries d'un cloître tant de sujets de rêverie et de graves méditations, ne pourraient guère s'acconunoder d'un pareil mépris pour la forme. L'expérience a toujours démontré combien les objets extérieurs exercent, même à notre insu, d'influence sur nos facultés intellectuelles. La beauté visible élève l'âme en exaltant son culte pour l'éternelle beauté, l'éternelle grandeur, pour le principe enfin de toute perfection. Nos pères le comprenaient parfaitement, en érigeant ces magnifiques cathédrales gothiques, ces abbayes, ces chapelles, tous ces chefs-d'œuvre d'architecture que nous admiron aujourd'hui, et qui révèlent un sentiment religieux dont nos monuments modernes ne sont que trop souvent déshérités. •

Mais revenons aux moines de Saint-Georges qui nous reçurent, no:ien chrétiens, mais en véritables

païens. L'évêque,.pour lequel nous étions munis de lettres de recommandation , étant momentanément absent , nous eûmes le plaisir de tomber entre les mains de deux ou trois frères à mine refrognée, aux vêtements sales, à la figure enluminée annonçant des habitudes fort peu monacales. Ils nous confinèrent dans un taudis qui étalait, à aitre grande consternation, la malpropreté la plus repoussante : quelques diaises vermoulues, deux ou trois mauvaises planches placées sur des tréteaux, et une horrible chandelle placée dans une bouteille, tels furent les objets que nous obtînmes de leur munificence. Le drogman ne put même se faire donner du charbon pour le ^émavar, qu'en le payant le double de sa valeur. A toutes ses réclamations, les moines répondaient invariablement qu'ils ne nous devaient autre chose que le couvert. Que faire avec des gens qui comprennent ainsi les devoirs de l'hospitalité ? Tout brisés que nous étions par le pérédatnoy, il fallut donc nous contenter de quelques verres de thé pour ïiotre souper , et nous étendre, bon gré mal gré , sur les affreuses planches qu'ils avaient l'audace d'appeler un lit. Le retour de l'évêque nous valut heureusement , pour le lendemain , une chambre plus propre , des coussins , des matelas , des repas copieux, et des attentions plus respectueuses de la part des moines; mais tout cela ne put nous réconcilier avec des gens qui avaient une

si singulière manière de mettre en pratique les préceptes de TÉvangile.

Du reste, les quelques jours passés au milieu d'eux, suffirent pour nous faire juger du degré d'ignorance et d'abjection dans lequel ils vivent. La religion, qui, à défaut d'instruction, devrait au moins façonner leur âme aux vertus dirétiennes et à l'amour du prochain , n'a aucune influence sur eux. Ils ne la comprennent pas , et leurs instincts grossiers trouvent peu d'obstacles dans les statuts de leur ordre. La paresse, l'ivrognerie, le fanatisme , remplacent chez eux , la foi , l'espérance et la charité.

La pente, extrêmement rapide de cette partie du littoral, rend la descente vers la mer des plus difficiles. Cependant nous la tentâmes, un peu par amour-propre, un peu par curiosité, et parvînmes, non sans avoir entraîné à notre suite bon nombre de débris de roches et d^arbres pourris , au bas de la côte, qui n'offre qu'une plage de quelques mètres de largeur. De magnifiques jets volcaniques forment , en cet endroit, une colonnade naturelle dont la base est sans cesse lavée par la vague. Des oiseaux de mer, seuls êtres vivants de ces lieux, «e tenaient immobiles sur les aiguilles de pierre qui surgissent de l'eau, animant par leur présence, la physionomie un peu sauvage de la scène.

La descente, toute périlleuse qu'elle était, ne sau-

rait se comparer aux difficultés que nous eûmes pour remonter. Il fallut, pour cela, s'accrocher aux saillies du rocher, aux broussailles, aux arbustes, à tout ce qui présentait quelque résistance, au risque de laisser des lambeaux de vêtement un peu partout. Quelque habituée que je fusse à courir les montagnes, je me sentis presque prise de vertige dans cette ascension réellement dangereuse, qui me sembla durer une éternité.

Je dus changer immédiatement de costume en rentrant dans notre cellule, tant le premier était endommagé; mais aucun accident sérieux ne vint gâter le plaisir que nous eûmes d'avoir fait un vrai tour de force.

Pendant les quelques heures consacrées à cette excursion, le couvent s'était rempli d'une foule de mendiants attirés par la fête annuelle qui devait avoir lieu le surlendemain. Des marchands de gâteaux et de fruits, des Tsiganes, des Tatars couvraient déjà le plateau de leurs tentes. Tout annonçait que la solennité devait être fort brillante , sans qu'une telle perspective eût le droit de nous séduire, car le soir même nous partîmes pour Sévastopol , fort satisfaits de nous éloigner de ce singulier couvent, où, contrairement à l'usage, l'hospitalité se vend, mais ne se donne pas.

En quittant le monastère Saint-Georges, nous nous dirigeâmes vers le cap Khersonèse , la pointe

la plus occidentale de cette terre classique où brilla pendant plus de douze siècles la célèbre colonie de Kherson , fondée par les Héracléens six cents ans avant Jésus-Christ : aujourd'hui de tant de grandeurs passées, il ne reste plus que quelques monceaux de pierres sans nom et sans caractère.

Page 1