‹ Voyage dans les steppes de la mer Caspienne et dans la Russie méridionaleChapitre 23 sur 26 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Simphéropol. — Encore Bagtché-Séraï. — Kflrolès. Les princesses Adil-Bey. — Mangoup-Kalé.

Sous les Tatars , Simphéropol , la seconde ville de la Crimée, servait de résidence au kalga-sultan, et était alors ornée de palais , de mosquées, de beaux jardins dont il reste peu de traces aujourd'hui. Aux rues tortueuses, aux murs élevés , aux bosquets de roses de l'ancienne cité , a succédé la froide monotonie d€s villes russes. On peut donc, à bon droit , lui reprocher d'avoir un plan assez vaste pour contenir dix fois autant de maisons qu'elle en possède ; mais , du moins , rien n'a pu lui enlever son Salghir, avec ses bords couverts des plus riches vergers de la Crimée ; seulement , au lieu de bâtir la ville nouvelle au fond de la vallée, on Ta jetée sur un immense plateau où ses rares maisons et

ses rues démesurément larges, n'ont aucune espèce de caractère; mais aussi, comment peindre le bonheur que Ton éprouve, Iwsqu' après avoir erré longtemps dans de telles rues incendiées par le soleil, on se trouve sous les frais ombrages qui bordent le Salghir ! Là , de charmantes maisons de campagne s'élèvent au sein des vergers, et vous font vite oublier la tristesse et l'aridité de Simphéropol.

Une aimable famille française depuis longtemps établie dans le pays et dont le chef, M. de Serre * , ancien disciple et ami de Vauquelm , fût devenu célèbre en chimie , s'il n'eût pas quitté la France , nous retint plusieurs jours sur les bords du Salghir.

Nous fîmes en compagnie des dames Pisani et Lagoriot ( filles de M. de Serre ) , de nombreuses excursions dans la vallée de l'Aima , la plus capricieuse , la plus tortueuse , la plus riche en accidents imprévus que je connaisse! La rivière qui lui donne son nom, fait de tels tours et détours dans cette sauvage vallée , que je me souviens l'avoir traversée dix-huit fois à cheval , dans une promenade de trois heures.

De retour à Bagtdié-Séraï , nous passâmes une ravissante soirée sur une des galeries du palais , à

1. Son petit*fils, M. Félix Pisani, est un jeune chimiste plein d'avenir, qui habite Paris tout exprès pour suivre les progrès de la chimie, et concourir lui-même aux progrès de cette science de tout son pouvoir^

prendre le thé et à deviser avec notre philosophe , tandis que la lune, pâle et sereine, jetait sur Tédifice, les jardins et la grande cour déserte, un charme presque idéal.

Dès le lendemain , nous abandonnâmes définitivement le péréclatnoy pour monter à cheval ; quiconque eût pu voir défiler notre caravane, à sa sortie du palais, aurait ri de bon cœur de sa physionomie exotique.

Assise sur une selle tatare , d'une hauteur prodigieuse, avec mon costume de la mer Caspienne et un parasol à la main, j'avais pour ma part une tournure suffisamment excentrique. De son côté, M. de Hell portait , avec toute la gravité orientale , le bonnet persan , la ceinture et les armes dont il s'était fait une habitude dans ses longs voyages. Mais nos personnes, si singulières qu'elles fussent, ne pouvaient se comparer à celle du drogman. Une demi-douzaine de sacs de cuir , contenant des provisions, battaient les flancs de son cheval ; ma pauvre capote en paille, que j'avais dû abandonner pour un chapeau rond , était suspendue au pommeau de sa selle comme un vrai chiffon , et au milieu de tout cet attirail , brillait un parapluie de toile blanche , dont il se faisait complaisamment un rempart contre le soleil , sans se soucier de ce surcroît d'embarras. Deux cavaliers tatars nous suivaient , ayant aussi leur contingent de bagages.

Après quelques heures de marche au milieu d'une contrée entrecoupée de ruisseaux , de vallons et de nombreux vergers , nous arrivâmes dans la soirée à Karolès , village tatar , perdu au milieu des montagnes , dans la vallée dont il porte le nom, et lun des plus délicieux endroits que Ton puisse rencontrer dans cette belle Tauride , si riche pourtant en sites pittoresques !

Son voisinage de Mangoup-Kalé , l'abondance de ses eaux, les montagnes qui forment, au fond de la vallée , une ligne de murailles crénelées, comme si dans ses jeux, la nature s'était plu à imitgr Tart, en conservant néanmoins ses proportions les plus grandioses, et plus que tout cela, le mérite d'appartenir à la princesse Adil-Bey dont la beauté, quoique invisible, a inspiré plus d'un poêle, tout jette sur Karoley un attrait romanesque qui lui amène chaque année de nombreux visiteurs.

Avant de partir de Simphéropol, je m'étais munie d'une lettre du gouverneur pour la princesse , afin de me convaincre par moi-même si sa beauté et celle de ses filles valaient leur réputation. Cette question avait été souvent agitée depuis notre arrivée en Crimée, et l'on conçoit mon désir de la résoudre victorieusement. Mais, malgré la lettre d'introduction , mon admission dans le palais était encore chose douteuse , car bien des dames russes avaient inutilement frappé à sa porte. Tout en exer-

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çant rhospîtalité la plus noble, la princesse Adil- Bey était rarement disposée à contenter la vive curiosité de ses hôtes. Quoique la loi de Mahomet , relativement à la séquestration des femmes, soit moins vigoureuse cheî: les Talars de la Crimée que parmi les Turcs de Constantinople , les femmes riches n'en vivent pas moins dans un isolement presque absolu.

Un de nos amis de Simphéropol, nous ayant précédés de quelques heures chez la princesse, avait eu le soin d'annoncer notre arrivée avec accompagnement de grosse caisse, attention qui nous valut un accueil des plus brillants. La maisoa.des étrangers fut préparée avec l'ostentation naturelle aux Orientaux. Nous passâmes, en traversant le vestibule, au milieu d'une double haie de serviteurs, dont l'un des plus âgés et des plus richement vêtus nous introduisit dans un salon disposé à la turque, tout couvert de fraîches peintures , et garni de larges divans de soie rouge, qui nous rappelèrent les pièces délicieuses du "palais des khans. Le fils de la princesse, charmant enfant de douze ans, parlant fort

bien le russe, vint se mettre à notre disposition, et voulut se charger lui-même de traduire nos ordres aux domestiques et de veiller à ce que rien ne nous manquât. Je lui remis ma lettre , qu'il s'empressa de porter à sa mère , et peu de temps après il revint m'annoncer, à mon extrême satisfaction, qu'elle

me recevrait aussitôt sa toilette terminée. Certaine alors de pouvoir satisfaire ma curiosité , je comptai les minutes jusqu'au moment où un officier , suivi d'une vieille femme voilée , vint me prendre pour m'introduire dans le palais mystérieux dont je n'avais aperçu jusqu'alors que la haute muraille d'enceinte.

Chose convenue entre nous, mon mari essaya de nous suivre; et voyant qu'on n'y mettait nul obstacle, franchit sans plus de cérémonie la petite porte donnant entrée dans le parc, traversa ce dernier , monta hardiment sur une terrasse attenante au palais, et finit par se trouver, non sans être tout surpris de cette bonne fortune, dans un petit salon feisant partie des appartements intérieurs de la princesse. Jusqu'alors nul étranger, excepté le comte Woronzof , n'avait pénétré dans l'intérieur du palais : l'exception aussi flatteuse qu'inespérée faite en faveur de mon mari, semblait donc grosse de promesses. Mais tout se borna là. L'officier qui nous avait introduits dans le palais, après nous avoir servi de l'eau glacée, des confitures et des pipes, vint prendre mon mari par la main, et le conduisit hors du salon avec une promptitude fort significative. En effet, à peine eurent-ils disparu, qu'une portière soulevée dans le fond de la pièce, donna passage à une femme d'une beauté éclatante, vêtue d'un riche costume, laquelle s'avançant vers moi avec un air de dignité remar-

quable, me prit les mains, m'embrassa sur les deux joues et s'assit à mon côté, en me faisant mille signes d'amitié, avant que je n'aie eu lé temps de me reconnaître. Elle avait beaucoup de rouge; ses sourcils, peints en noir, selon la mode orientale, et réunis au bas du front , donnaient à sa physionomie quelque chose de sévère , sans nuire pourtant à la grâce tout! féminine du visage. Une veste en velours, garnie de fourrure, serrait sa taille encore élégante. Toutj dans son ensemble^ surpassait l'idée que je m'étais faite de sa beauté. Nous restâmes plus d'un quart d'heure à nous considérer attentivement, échangeant tant bien que mal quelques mots russes , insuffisants pour traduire nos pensées. Mais en pareil cas, ie regard supplée à la parole, et le mien dut faire comprendre à la princesse l'admiration que me causait sa vue. Quant au sien, je dois avouer humblement qu'il paraissait beaucoup plus surpris que charmé de mon costume de voyage. Que n'aurais-je pas donné pour connaître le résultat de ses réflexions , dans l'analyse qu'elle en faisait; il me vint même un véritable scrupule de conscience, celui de m'être présentée à elle sous un vêtement qui devait lui donner une singulière idée des modes européennes.

Malgré mon désir de prolonger notre tête-à-tête dans l'espoir de voir ses filles , la crainte d'être indiscrète me décida à prendre congé d'elle; mais un

geste gracieux me retint, tandis qu'elle me disait avec beaucoup de vivacité ; « Pastoy, pasloy » (Attendez , attendez) , tout en frappant des mains à plusieurs reprises. A ce signal, une esclave s'empressa d'accourir, et d'ouvrir sur Tordre de sa maîtresse, une porte à deux battants. Aussitôt la plus brillante apparition me rendit subitement muette de surprise et d'admiration. Qu'on rêve afix plus délicieuses sultanes dont la poésie et la peinture aieiit essayé de donner Tidée, et l'on sera loin encore des ravissants modèles que j'avais soiis les yeux! Elles étaient trois, aussi belles, aussi gracieuses, aussi poétiques Tune que l'autre. Les deux aînées portaient des tuniques en brocart cramoisi, ornées sur le devant de larges galons d'or. Ces tuniques ouvertes laissaient apercevoir des robes de cachemire, avec les manches très-étroites, se terminant par des franges d'or. La tunique de la plus jeune, en brocart bleu de ciel, avait des ornements d'argent, seule différence qui existât entre sa parure et celle de ses sœurs. Toutes les trois possédaient de magnifiques cheveux noirs s'échappant en tresses innombrables d'un fez en filigrane d'argent; toutes les trois étaient chaussées de babouches brodées d'or, et portaient des pantalons bouffants, serrés à la cheville du pied. Impossible de voir une peau plus éclatante, des cils aussi longs , une fleur de jeunesse aussi délicate. Le calme répandu sur les traits de ces char-

mantes créatures n'arait jamais été troublé par au^ cun regard profane. Seul , celui de leur mère, leur avait dit jusqu'alors combien elles étaient belles, et cette pensée, qui me vint tout de suite à l'esprit, leur donnait à mes yeux un charme infini. Ce n'est pas dans notre Europe, où les femmes, exposées comme elles le sont aux regards de la foule, s'abandonnent de si bonne heure à la coquetterie, que l'on pourrait imaginer un pareil type de beauté : les traits de nos jeunes filles sont trop vite altérés par la vivacité de leurs impressions , pour que le regard de l'artiste puisse y trouver ce charme divin de pureté et d'ignorance qui me frappa si vivement à la vue de mes princesses tatares. Lorsqu'elles m'eurent embrassée, elles se retirèrent dans le fond du salon où elles restèrent debout, avec ces poses orientales que nulle femme en Europe ne saurait imiter. Une douzaine de suivantes, enveloppées de mousseline blanche, et dominées par un sentiment de curiosité et de respect, se pressaient à la porte du salon. Leurs silhouettes, se dessinant en relief sur un fond sonabre, ajoutaient encore au pittoresque de la scène que j'avais devant moi. Ce beau rêve dura près d'une heure. Quand la princesse me vit décidée à partir, elle me fit signe d'aller visiter le jardin; mais je me hâtai de la remercier de cette nouvelle attention , préférant de beaucoup rejoindre mon mari, auquel j'avais hâte

de raconter tous les détails de cette entrevue qui m'avait complètement éblouie.

Le lendemain matin, nous montâmes^ cheval pour visiter Mangoup-Kalé , montagne renommée dans le pays, et qui inspire aux habitants, une grande vénération. Les Goths, les Turcs, les Tatars la possédèrent tour à tour. Sa position presque inexpugnable lui fit jouer un rôle important dans toutes le» révolutions que subit la Crimée, et à son nom se rattachent les souvenirs les plus brillants de l'histoire de cette presqu'île.

Pendant trois heures au moins, nous gravîmes des sentiers à peine tracés sur le flanc de la montagne, ne comprenant pas que nos chevaux pussent marcher aussi hardiment sur ces pentes inclinées où rien ne leur servait de point d'appui. Mais les chevaux de la Crimée possèdent une adresse sans égale , et pourvu que leurs pieds se posent quelque part , peu leur importe que ce soit au bord d'un précipice ou dans une plaine unie. Tout le revers de la montagne nous offrit , comme à Tchoufout-Kalé , un nombre infini de tombeaux ; mais ceux-ci , portant des inscriptions hébraïques et tatares , annonçaient que plus d'un peuple avait foulé cette terre aujourd'hui déserte. A force de monter, nous finîmes par atteindre le large plateau triangulaire qui couronne le rocher^ et où s'élevait jadis Mangoup- Ralé. La surface ne présente plus qu'un immense

champ stérile tout couvert de ruines. Deux côtés du plateau sont à pic ; le troisième était défendu par une forteresse dont une partie est encore debout.

Cette montagne est empreinte d'un caractère de grandeur et de mélancolie inexprimable. La destruction en a fait depuis longtemps son domaine. L'œil ne voit partout que des ruines, des tombeaux, un sol inculte! Et pourtant, malgré la sévère tristesse de ce lieu, l'âme n'y est pas saisie, comme à Tchoufout-Kalé , d'un sentiment d'effroi et de malaise. Cela vient de ce que l'ancienne ville des Karaïtes, toute mutilée qu'elle soit par le temps et les événements, a gardé un simulacre d'existence, et cette alliance de la vie et de la mort frappe nécessairement l'esprit d'une terreur superstitieuse. A Mangoup-Kalé, les traces humaines sont effacées depuis trop longtemps pour éveiller de tristes pensées. On y songe moins aux hommes qu'aux époques lointaines , aux grands événements , aux nombreuses révolutions dont ce rocher a été le théâtre.

La façade de la forteresse a résisté aux sourdes attaques du temps. Quoique couverte de nombreuses crevasses, elle est restée fidèle à son poste, et ses hautes murailles , vues de loin , semblent encore protéger Mangoup-Kalé.

Des troupes de chevaux tatars passent toute la belle saison sur le plateau, dans une complète

liberté; ils vont s'abreuver à un grand réservoir d'eau , alimenté par une source qui ne tarit en aucune saison.

Notre ravissement fut extrême, lorsqu'en parcourant rintérieur de ce qui avait dû ^être la citadelle , nous découvrîmes dans une espèce de cour, dont les murs gisaient à terre , un champ de lilas s'épanouissant au milieu des ruines, et abandonnant au vent du désert ses parfums et ses grappes en pleine floraison! Je ne puis dire l'impression que me causèrent ces fleurs, croissant ainsi sous la rosée du ciel , loin de tout regard humain. Leurs émanations enbaumées et leurs fraîches couleurs semblaient, protester contre la désolation du lieu, et prouver que la nature ne perd jamais ses droits.

Outre la forteresse, nous remarquâmes encore un monument que le temps avait respecté. Sa construction et les tombes qui l'entourent, font supposer que c'était une vieille église chrétienne. Le chœur est assez bien conservé, et les fenêtres mêmes ont subi peu de dégradations.

Du haut du Mangoup-Kalé, l'œil embrasse un immense horizon offrant les tableaux les plus variés : d'un côté, la mer avec ses îles, ses caps, ses bâtiments , ses côtes déchiquetées , et Bévastopol , dont on peut, par un temps clair, apercevoir distinctement les monuments; à l'ouest, des vergers magnifiques, des coteaux couverts de vignes, de larges

prairies entrecoupées de ruisseaux, s'étendant à perte de vue dans la direction de Simphéropol; puis, au pied de Ic^ montagne, la vallée de Karolèz , ses forêts, sa ceinture de rochers, ses nombreuses fontaines, son village tatar, et le palais de la princesse Adil^Bey, dont l'architecture mauresque se dessine élégamment à travers un rideau de peupliers.

Les guides nous engagèrent beaucoup à visiter des cryptes creusées danâ le roc, formant un petit labyrinthe dont l'entrée est assez difficile. Il faut , pour y parvenir , descendre des escaliers dégradés et grossièrement taillés dans la saillie d'un rocher s'avançant à plusieurs centaines de pieds au-dessus d'un abîme. Malgré tout le péril de la descente , je m'aventurai bravement , avec le secours de nos Tatars, jusque dans le labyrinthe, où je me trouvai bien dédommagée de ma secrète frayeur. Nous comptâmes une douzaine de chambres donnant les unes dans les autres, séparées seulement par d'informes piliers. Sur ces colonnes crayeuses, étaient gravés une infinité de noms , parmi lesquels figuraient ceux de plusieurs de nos amis. Les Tatars ne purent nous donner aucune espèce d'explication sur ces demeures souteraines. Ici, comme à Inkermann, les cryptes semblent remonter à une haute antiquité, et l'obscurité la plus complète enveloppe à la fois leur origine et leur histoire.

L'approche de la nnit nous fit enfin songer à rap- ^

peler nos montures qui avaient été faire connais- ^

sance avec les dievaux du désçrt; mais avant de nous éloigner, nous allâmes dire un dernier adieu i

au champ de lilas dont la découverte nous avait causé tant de plaisir. Les Tatars voyant mon regret \

de le quitter, voulaient en emporter jusqu'à la dernière branche; je m'y opposai de toutes mes forces, me contentant d'en cueillir june grappe, que je conserve comme souvenir de cette charmante prome- j

nade. '

Grâce à son isolement, à ses ruines, à ses tradi- i

tions , Mangoup-Kalé est devenu pour les conteurs '

tatars , une mine inépuisable de légendes merveilleuses; et j'aurais plus d'une histoire étrange à ra- ^ conter , si je voulais renouveler ici tous les récits que nous firent nos guides pendant notre retour à Karolèz.

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