‹ Voyage dans les steps d'Astrakhan et du Caucase: Histoire primitive des peuples qui ont habitéChapitre 15 sur 33 · II · texte numérisé non relu

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Russie a repris ses Troukhmènes ^ et les khans pri- Tés de leurs prétoriens n'ont plus été aussi maîtres chez eux. Ce prince tcherkesse et d'autres témoins dignes de foi m'ont confirmé ce que Ton a vu plus haut, sur la manière dont on fait le commerce avec les Kii^hiz.

Je profitai de la visite du prince tcherkesse pour lui faire prononcer les mots de sa langue qui se trouvent dans le Vocabulaire comparatif de Pal^ las. J'ai remarqué qu'ils y sont écrits incorrectement. Mais il paraît qu'il est très difficile d'exprimer avec notre alphabet les sons de cet idiome, qui ressemble au gazouillement des oiseaux (i).

Le 12 octobre. J'ai passé la soirée avec met hôtes arméniens, qui m'ont donné un splendide goûter ,y et une conversation qui valait encore mieux. J'ai commencé à m'y initier dans la balance politique du Caucase, qui m'a paru embarrassée d'autant d'intérêts divers, qu'il y en a eu en Europe au traité de Westphalie. Cette politique caucasienne est encore plus versatile que la nôtre. On ne s'y reconnaît plus d'une année à l'autre. Des républiques qui étaient sous la protection gd'un prince font de nouvelles alliances; d'autres se rendent tout-à-fait indépendantes; des ligues se forment et se dissipent. Mais il n'en est pas moins vrai que tout cela est soumis à un véritable droit public ; et qu'il n'y manque que des

* (i) J'ai donné un Vocabulaire tcherkesse dans le Second volume de mon Foyage au MofU Caucase, Kx.

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Grotius et des Puffendorf pour mettre en œuvre d'aussi beaux matériaux.

II est arrivé des ambassadeurs de Chikh^Ali-^ khan fils de Faih^Ali'khan^ et souverain de Kouba , Derbend, et Chabran. Ce sera une occasion d'avoir des nouvelles de Perse.

J'ai commencé à mettre sur le papier ma grande carte de la Scythie, pour l'intelligence du quatriéme livre d'Hérodote.

Le i3 octobre. J'ai eu la visite d'un prêtre Géorgien qui quêtait pour la réédification de son église que les Persans avaient brûlée. Après que j« lui eus donné ma rétribution^ il a levé les mains au ciel et prié pour moi, ma famille et ma postérité. En priant il fondait en larmes, exhalait 9ie% voeux e« soupirs qui semblaient s^élancer du fond de son ame; enfin, toute cette action était si bien d'accord avec son air vénérable et patriarcal , que je puis dire n'avoir jamais rien vu de plus propre à inspirer une dévote confiance dans l'efficacité des prières. Ce vieux prêtre a été déjà en Russie sous l'impératrice Elisabeth à la suite du roi Héraclius.

Le frère de mon hôte qui me fait l'honneur de me consulter sur sa santé, est venu d'un air très satisfait m'apporter un hibou de l'espèce que nous appelons duc. Il m'a dit que plusieurs Tatares avaient été guéris de maux pareils aux siehs^ en mangeant la chair de cet oiseau, qui avait la propriété d'exciter abondamment la sueur, J'ai beaucoup encouragé pnon patient à faire l'es^

( "6) tai de ce spécifique, et comme il joint un peu d'hypocondrie à beaucoup d'obatnictions , je ne serais pas surprix que Tiinagination mise en jeu lui procurât un soulagement momentané; d'au«tant qu'il me parle depuis long- temps de son bibou 9 et avec confiance.

Le i4 octobre. Voici les nouvelles du Caucase que l'on a eues par les ambassadeurs du Chikh-jâli^ khan.'Le frère de ce prince est toujours retiré dans le Thabasserdn. Mais la république SAkaucha veut être médiatrice entre ces deux frères ennemis , aqx conditions que Cbikh-Ali-khan restera khan de Derbend , et que son frère Hassan*khan aura la souveraineté de Kouba.

Il y a environ un mois que le khan des jàifar^ s'étant allié avec la république de Tchar^ a voulu faire une incursion dans la province de Kakhétht; mais les Géorgiens Font repoussé avec perte , el ont enlevé mille buffles aux républicains de Tchar. En Perse Baba-khan Serclar (i) affecte la souve^ raine puissance, mais il a trouvé un rival redoutable dans la personne de Szadik-khan.

Le i5 octobre. Enfin, j'ai vu un Koubitchi, i^pn pas à la vérité un habitant de la ville, mai» de. l'un des huit villages qui sont autour, et dac^ lesquels on parle la même langue. J'ai donc un vocabulaire de cette langue, fait avec toute l'at*» tention possible, et avec une peine infinie, mais

(i) jLe roi ncriieUement régnant soi» le titre de F€»$k»j4li ehâh. Kl..

("7) pourtaDl essentidlemeiit déSeciv^un ^ parce qiM la plupart des mots iLOubîtchi ne peuvent être exprimé» par nos caractères; les uns ressemblent au olaquement des canards ^ d'autres au gazouillement des autres oiseaux. Il était impossible de les entendre sans rirç, et le Koubî- . tchi lui-même riait avec nous. Cet homme étaii aussi une curiosité digne d'examen. Son air esl franc ^ gai «t asraré , enfiii , très difTérent de Fair que j'ai vu à d'autres Caucasiens. Su<*toÉrtil répondait avec une précision remarquable. Son nom est Mussa ben Ahmed^ celui de son village SoiUerkalla. Les autres "sxWdi^Qs sont Houmoukalla ^ Isztoulla^ KhodetsaUa^ Rownoukalla^ Ourvalla^ Seralla^ Nakh^ kattuy tous ces villages n'ont aucun maître, ne paient rien à personne , ne dépendent point les uns des autres , ne font jamais la guerre , et n'ont aucune sorte de gouvernement. Seulement, leurmollah juge les procès qu'ils ont entre eux. J'a-^. jouterai encore au portrait de mon Koubitchi, qu'il était d'une belle figure, et qu'il avait un extrême plaisir à se regarder au miroir.

Ce soir, mon patient s'est déterminé à faire usage de sa panacée universelle , c'est-à-dire à . mettre son hibou en daube. J'ai eu la curiosité d'eu manger une cuisse. La chair de cet oiseau est plutôt blanche que noire , fort grasse et m'a paru, d'un bon goût.

Le 16 octobre. Mon hôte m'a amené un homme àeKouJbdan (i).Ce peuple est soumis au Chamkhal,.^

(}) Koi/Ufrlan^ovi Goi^bdene^t un petit . district situé sur ii«l^.

habite dans quatre villages, et parle un dialecte de l'Akoucha. Le pauvre hibou n'a été qu'une inutile victime des préjugés populaires. I^ chair n'est point sudorifique et n'a sans doute aucune propriété médicinale.

bras supérieur du TorAali-ozen. AvL sud , il est limitrophe avec Akoucha. Sa population se compose d'environ 3ooo famille» deRoumuk qui ont souvent eu des guerres sanglantes ayec cette république lesghienne. Kl.

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