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« Inscription que M. Boutkov interprète de la sorte, O, N, « c'est-à-dire OSIOS pour âytoç, vSaint-Nicolas ; ACriE, nom « du lieu où réglise fut construite; ITATPOC , protecteur, ce « qui signifie au total : Saint-Nicolas , protecteur d*Aspé. Non « loin de la première église , est enfoncée dans la terre une « croix de pierre brute, sur laquelle on lit une inscription « grecque qui semble indiquer qu'en cet endroit furent enterrés « deux sœurs ou deux frères, l'an du monde 2<I)KA, 6621, « qui correspond à ioi3 de notre ère. ■
« D'après rinscription ci-dessus mentionnée, et où il est « dit que Saint-Nicolas protégeait la ville d'Aspé, M. Boutkov « conclut que là se trouvait la ville diAspéy qui appartenait aux « Asp-ourguis ou Ougres , kabitans d'Aspé y peuple dont Stra- « bon parle dans son ouvrage. »
J'épargne au lecteur le reste du galimathias savant de M Boutkov, en faisant observer qu'il n'est nullement question d'une ville àîAspé dans l'inscription, ni d' Oogr^j dans Strabon.
qui sépare leKouban d'avec le Liman de Temrouk. Cette situation était très forte, et de là le rôle que les Aspourgiens ont joué dans Thistoire de ces contrées. La capitale s'appelait Aspourgium , mais le pays s'appelait Asie^ et les Asiens étaient proba* blement les restes d'un grand peuple. Mais ,
1^ L' Aspourgium était-il XAsgarddOdin?
a® Quel rapport avait-il avec V Ascipourgiuni sur le Rhin ?
3* Les Cimeriens étaient-ils les Citnbres?
4** Étaient-ils les Gomerites ?
Ce sont autant de questions auxquelles je n'ai pas encore osé toucher. Je ferai observer ici que c'est à Aspourgium qu'a régné Pythodoris^ dame d'un si grand mérite a ce que dit Strabon. Et sur ce je quitte la plume et vais me préparer à entreprendre demain le passage de Temrouk , qui n'est pas chose facile, car il ne s'agit de rien moins que de passer la mer en voiture.
Encore un mot sur les ruines & Aspourgium. L'officier cosaque qui m'y a conduit me disait : « J'ai a bien fait chercher ici des monnaies pour savoir <c quelle nation y a habité. » J'avoue que je jie m'attendais pas à des recherches de la part d'un Zaporovien, et j'en ai conclu que la curiosité sur le passé devait être un sentiment assez général.
Le m avril, à Taman.
Les amateurs de pareilles rapsodies peuvent les chercher dans le Bulksiin du bitron de Férussac^ où ils trouveront souvent des morceaux du même genre. Kl.
L'isthme de Temrouk n'appartient proprement à aucun élément. Les pécheurs qui l'habitent sont obligés de mettre tantôt leurs barques sur des chariots, et tantôt leurs chariots à côté de ma voiture qui était à peu près a la nage. Je cherchais, au milieu de toutes ces alluvions, quelle pouvait avoir été la place de l'ancien Cimmericwn (i),etje pensais que le château pouvait avoir été bâti sur ces ruines; mais, lorsque j'eus passé l'isthme, je fus agréablement tiré de mes incertitudes par la vue d'une enceinte en terre, enfin de tout ce qui marque la position d'une ville ancienne. De là, nous allâmes à Peresyrij petit hameau de pêcheurs sur les bords de la mer d'Azov, où je pris une vue du volcan qui jette de la boue. Ensuite , comme notre chemin passait tout près du volcan, j'y montai jusques au cratère , dont je dessinai une autre vue. Puis nous arrivâmes à la poste Smai\ qui est sur un golfe que le Bosphore y fait ; cet endroit est tout rempli de monticules dont les uns sont l'ouvrage des hommes, et les autres celui de la nature, et dans d'autres les hommes ont creusé ce que la nature avait élevé (2).
(i) Cimmericum était certainement situé beaucoup plus à Fouest. Foy, mon Commentaire sur la description des pays caucasiens de Strabon , dans le Nouveau Journal asiatique ) vol. I, pag. 65 . Kl.
(a) Le célèbre voyageur anglais E. D. Clarke appelle cette poste Sicnna; il pense que les ruines qu'on y découvre sont celles de Tancienne ville de Cepi^ mentionnée par Strabon. Je crois qu'il ne se trompe pas. Kl.
EuBn nous sommes arrivés à l'aman, qui est à peu près dans la position de Tancicnne Patrœus , près du cap, sur lequel était le monument de Satyrus{i), prince contemporain d'Alexandre, et il me semble que j'y découvre quelque chose qui ressemble à un monument.
Il faut convenir que c'était une superbe idée des Grecs de surmonter leurs promontoires de quelque édifice fait pour une statue ou une colonne. Et leure côtes ainsi décorées annonçaient de loin aux navigateurs qu'ils allaient aborder dans la patrie des arts.
Le 22 avril. J'ai vu nombre d'inscriptions de tombeaux et de fragmens ; j'ai voulu les dessiner, mais il faisait un vent du nord si froid et si pénétrant qu'il était impossible de se tenir à l'air et moins encore d'y tenir un crayon. La même raison m'a empêché d'aller au promontoire de Satyrus.
J'ai aussi vu la fameuse inscription slave, dans laquelle il est question de Tnioutarakan. Elle a fait le voyage de Pétersbourg et l'impératrice l'a renvoyée àTaman;en quoi cette immortelle souveraine a montré la sûreté de son jugement dans ce qui regarde les antiquités. En effet, une inscription perd de son prix dès qu'on la dépayse; car alors il faut l'accompagner d'un procès-verbal qui en atteste l'authenticité.
(i) Je place Patrœus et le Monument de Satyrus en Crimée. Voy. Nouveau Journal Asiatique y vol. I, pag. 67 et 29a. Kiu
Le î3 avril. Le même mauvais temps a duré toute la journée ; mais s'étant un peu radouci sur le soir, j'ai couru au promontoire de Satyrus. J'ai trouvé que ce que j'avais pris de loin pour un monument, n'était qu'un rocher d'une forme bizarre, et qui même n'appartenait point à la pointe la plus avancée , mais sur celle-ci j'ai trouvé un trou carré qui certainement doit avoir recelé une base. Mais où est cette base? Où est le monument de Satyrus? Demandez cela aux humains, race destructrice, véritables enfants, qui touchent, gâtent et brisent tout. Sortir une base de ce trou carré était un ouvrage difficile , mais rien ne leur coûte lorsqu'il s'agit d'anéantir.
Comme je rôdais encore dans les rochers, longtemps après le coucher du soleil, je m'aperçus qu'un si long séjour inquiétait les habitans de ce lieu sauvage. Un renard qui huchait à vingt pieds au-dessus de ma tête, me témoigna par des jappemens douloureux qu'il était surpris et fâché de me voir. En effet, je l'empêchais de rentrer dans son gîte, auprès duquel j'étais sans le savoir; mais il y rentra dès que je me fus éloigné.
En retournant à la ville, j'observai des fossés très anciens et parallèles; sans doute ils servaient à séparer les anciennes habitations de Petrœus;']e remarquai aussi plusieurs cratères ; et en tout , ce coin de terre a été singulièrement travaillé par les hommes et par la nature.
Le 24 avril. J'ai eu l'avantage de faire la connaissance de M, PJannenschmidt ^ lieutenant-colonel de
(a47) génie. Les renseignemens qu'il m'a donnés m'ont épargné plusieurs courses. Il a été témoin de l'éruption de 1794? et s'est rendu sur la montagne aussitôt que le chemin a été praticable ; depuis lors il y a conduit M. Pallas , et a fait avec lui le tour de File. Il m'a donné un dessin dans lequel est marqué le cours de la boue liquide qui est la lave du volcan de Taman.
Le 25 avril. J'ai passé ma journée devant un tas de marbres où tous les siècles semblaient s'être donné rendez-vous. Sur un autel de Vénus on voyait le sépulcre d'un moine de l'église esclavone, puis la tombe d'un Arménien, puis celle d'un pacha.
Parmi les monumens grecs, il y en avait un qui me parut intéressant par sa touchante simplicité. C'était une petite colonne avec l'inscription suivante : (c Ci-gît un jeune Ionien, » Pendant du : « Et moi Je fus aussi en Arcadie : Les Grecs étaient maîtres en toutes grâces.
Le 26 avril. J'ai été sur les bords du Liman, ou les Zaporoviens ont leur flotille; mon but était d'y chercher les lieux où furent Phanagoria et Corocondamites ; la seconde ville était probablement auprès de la redoute de Soui^oroif; mais la mer, qui enlève tous les jours quelque partie du rivage, n'a plus laissé de traces de cette ville. La première est sous un lac de nouvelle formation que l'on appelle Choukourouskoï liman. On y trouve encore des médailles et d'autres antiquités, et le cosaque Polii^oda^ seul habitant de cette contrée déserte, a
établi UDe ferme riante dans les lieux d'où Mitbridate menaça jadis l'empire romain.
Le fÀ'j avril. J'ai passé le Bosphore, et suis revenu en Europe , onze mois après en être sorti au passage de la Tsarytsa.
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