INTRODUCTION
Si l'ouvrage que j'offre au public ne présente pas autant d'intérêt que je le désirerais, je me flatte cependant qu'il sera utile, en faisant connaître plus particulièrement un peuple qui jadis ne fut pas sans renommée. Les peuplades mongoles se sont bien probablement distinguées du temps d'Attila (.* ). Dans la suite, sous Tchingiskhan et ses successeurs, elles ont étendu leur puissance sur toute l'Asie et sur une partie de l'Europe. Maintenant ces peuplades vivent comme de paisibles nomades dans la partie du monde où leurs armes avaient porté la terreur; elles sont concentrées dans des steppes désertes, et y ont conservé , avec la manière de
( * ) Voyez sur cette opinion la XIV lettre écrite des steppes kalmuVes.
vivre nomade de leurs ancêtres , leurs usages, leurs vertus ainsi que leurs vices. Elles ont une langue particulière et une écriture qui leur est propre , un système religieux très-compliqué et fort peu connu. Elles ont aussi puisé , dans un grand nomÏDre d'écrits, la sagesse des philosophes indiens et thibetains. Enfin ces peuplades me paraissent mériter d'être mieux connues qu'elles ne Font été jusqu'à présent.
La cause qui a empêché jusqu'ici de connaître ces peuples plus particulièrement, n'est pas difficile à trouver. Le conseiller d'état Pallas est le premier qui nous les ait fait mieux connaître \ avant lui, leur caractère était présenté sous les couleurs les plus noires, leur manière de penser était avilie et leur religion nous était montrée sous un faux jour. La principale cause de cette ignorance venait de ce qu'on croyait avec trop de facilité tout ce qu'on disait sur ce peuple. Chaque notion vague était regardée comme certaine 5 on raisonnait ensuite sur ce qu'on avait vu ou cru voir, et on finit par réunir une suite de faits ridicules qui n'étaient fondés que sur des erreurs. Soit