‹ Voyage de Benjamin Bergmann. Chez les KalmuksChapitre 24 sur 49 · LETTRE XI L · texte numérisé non relu

LETTRE XI L

Le 28 mai*

M es observations sur l'écriture mongole seraient très -incomplettes, si je ne vous faisais pas connaître les principales particularités de la langue qu'elle exprime ; mais comme ceci exigerait une dissertation qui s'étendrait au-delà des bornes d'une lettre ^ je préfère extraire quelques lignes d'un livre original que j'ai traduit. J'ai choisi pour cela quelques phrases dans le Goh-Tchikitou ( * ) où le héros de l'histoire est le premier ministre de son père.

Vous recevrez, en même temps que la traduction, le texte mongol , écrit de haut en bas, avec la prononciation de l'original

( * ) On peut voir cet extrait clans le troisième volume de l'ouvrage.

en. lettres italiques , et enfin une traduction littérale où le sens et la réunion des mots sont négligés.

ce Lorsqu'il ( le prince ) eut ainsi parlé, il s'approcha du vieillard d'un air sauvage : Que faire , dit- il , pour être écouté ?

« Le ministre parla ainsi : Ta contenance annonce une origine élevée , ton esprit est calme , ton corps est d'une beauté distinguée , ton visage ouvert : d'où viens-tu , jeune homme ?

ce II s'exprimait ainsi , et le prince lui répliqua par ces paroles : Je suis du royaume du milieu , je suis le plus jeune frère de la jeune épouse du khan Unnèkèr Teureulkitou; voilà ce que je suis.

ce II dit , et le ministre continua en ces termes : Tu ne ressembles pas au frère de cette jeune épouse. Une vache ne met pas un cheval au monde, dit le proverbe $ mais je suis un vieillard courbé par les années et par les chagrins : dis-inoi la vérité. Tu parais si fatigué ainsi que ton cheval, qu'il pourrait bien se faire que tu vinsses d'un pays étranger. N'as-tu jamais rien entendu raconter de Goh-Tchikitou , ou de

Erdèni Jsètsèk ? Sais-tu s'ils sont heureusement arrivés dans le royaume de Champaïa ? Parle ! éclaircis mes doutes , et dis la vérité! Ton seul aspect m'a déjà rempli de joie» Ayant ainsi parlé, le prince, pour ne point mentir, répondit; Ce Goh-Tchïkilou, c'est moi-même. »

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