‹ Voyage de Charles-Quint par la FranceChapitre 13 sur 30 · VOYAGE DR CHARLES -QUINT H · texte numérisé non relu

VOYAGE DR CHARLES -QUINT H

Procession de feste solennelle.

L'ont vcncré de chappes, cierges, croix, 725

Orgues tonans pour respondrc a leur voix.

Présentez sont par le Légat avecque

Le cardinal du Bellay, leur evesque.

L'on le veoyt la, s'il scayt bien chevaulcher,

Encore mieulx luy siet il a marcher. 73o

L'oeil a tous gette, et après quelque brève Dévotion, pour l'heure se relevé.

Disant en soy que mais que il eust loysir : Y reviendroit orer a son plaisir.

Voulentiers veit Sainct Christoflc, de forme 735 Si haulte, grosse, épouvantable, énorme ; Et remontant, dit de tout le vaisseau, Qu'aultre ne scayt si massif et si beau.

■^27. — Ce lôgnt, que nous voyons déjà figurer an v. loG, était le cardinal Alexandre Farnèse [Gall. christ., I, col. 832).

728. — Je:m du Bellay, évèque de Paris en i532, cardinal en l535, mort en l56o, rendit durant sa vie de nombreux services à François P'' contre CIiarles-Quint.

^35. — Saint-Cliristoplie, dont le nom signifie (jitl porte le Christ, était représente oi-dinairement au moyen-âge, sous la figure d'un géant portant le Clnist sur ses épaules et s'appuyant sur un bâton ; la vue de ce saint préservait , suivant la légende , de la maie mort, aussi était-il l'objet d'une dévotion presque universelle. Ses restes furent transportés d'abord à Tolède, puis, du moins en partie, à l'abbaye de Saint-Denis, en France. La stitue colossale de ce saint, qui existait déjà, en l54o, dans la cathédrale de Paris, fut détruite en 17 84.

L'embassadeur pour le roy d'Angleterre, Veoyant César aller faire la guerre 740

Au duc Clevois, a son maistre allié Nouvellement, l'avoit pieca prié Se désister, aultrement que son maistre Estoit tenu vers son beau frère d'estre De ses amys; il avoit respondu 745

Que ayse il estoit d'avoir lors entendu Son estomach, et que tousjours en double L'avoit tenu ; au fort, peu il redouble TJng homme tel, ains s'il le fâche, ira En Angleterre, et la le punira. 75o

Et en parlant, devenoit palle et blesme. L'Anglois de luy consulta dens soy mesme : « A sa grandeur rien que grand ne convient ; Que pense il faire? Ou appétit luy vient De s'aggrandir et haulser, en vieillesse, 755

Le fondement des faictz de sa junesse ;

^3q. — Edmund Bonuer, évêque de Londres, était ambassadeur d'Angleterre résidant en France au i""^ janvier l54o. Peutêtre s'agit-il plutôt ici de sir Thomas Wyat ou de son successeur Richard Tate tjui, tous deux, se trouvaient à Paris le 7 janvier i54o. (Cf. State papers. Fors" Corrdce, Henry FUI, VIII, 219 ss.)

741. — Guillaume, duc de Clèves, dont la sœur Anne épousa le roi Henri A III, le 6 janvier i54o; le poète a antidaté cet événement.

752. — En marge : n Sollicitude et rêverie de diligent Embassad f eur | . »

voyagfj de CHARLKS-QUINT iç)

Ou, s'il ne peult a plus liault parvenir, En son présent se veult entretenir.

De s'aggrandir Fortune est si grillante! On fault si test avec elle inconstante ! 760

A plusieurs gens elle a jadis soubmis Sa deité, lesquelz après a mis En piteux ordre; ou sont mortz avant aage, Ou en vieillesse encouru maint domage.

Il est si grand qu'il a peu de mortel, 765

Joinct qu'il a fait son renom immortel. Gloire ses faictz pour jamais vivifie, Gloire desja presque le déifie.

Que veult il plus, luy tresriche seigneur? Que veult il plus que la paix, de son heur 770

Conservatrice ? Estre en gloire immortelle Et en repos, c'est mener vie telle.

Ou approchant de celle qu'ont les Dieux, Et s'afiecter ja le règne des cieulx.

S'il est donc saige, a ce qu'il a se tienne ; 775 Règne content, que subject ne devienne : Plus on est hault, plus on trébuche bas ! Telz de Fortune encor sont les esbatz.

768. — Le mot deiffier était sans doute peu employé eu i54o, puisque Macé se croit obligé d'en citer un exemple : « Déifie. De ce mot a usé celluy qui a faict le prologue de Lancellot présenté au roy Cliarles. » Ce nis. n'est pas à la Bilil. nationale.

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