‹ Voyage de Charles-Quint par la FranceChapitre 15 sur 30 · Allusion à l:i captivité de Fi-ancois T" en Espagne · texte numérisé non relu

Allusion à l:i captivité de Fi-ancois T" en Espagne

Toy veuf, luy veuf, tout n'est il convenant?

Et, si par tout tu n'entrois a semblable

Solennité, ce fut pour l'exécrable

Férocité de la haine, non bien

Toute obliée en ton coeur et le sien. 890

La guerre semble a la mer furibunde, Ou de ses flocz encore se bat l'unde, Après ung peu qu'il n'y a plus de vent.

La guerre faicte, ainsi l'on veoyt souvent Encore l'ire avoir quelque durée^ 8g5

Et nulle paix estre toute asseurée.

Mais aux derniers debatz. Dieu soit loué ! Chacun de vous s'est, ce semble, joué Sans meurdre gros : ja vostre mutuelle Fraternité n'y peult estre cruelle. 900

Le soleil d'or est par foys obscurcy De quelque nue, et soubdain reclarcy :

Ainsi de vous, la bonté d'uug a l'aultre. Troublée ung peu et sans la coulpe vostre Mais d'estrangei's, commence a revenir goS

A sa nature, et pour y parvenir, L'ung l'aultre sert, l'ung a l'aultre obtempère.

Ainsi le duc Philippe, de luy père,

886. — Au moment où écrit Macé, François P' était, en effet, veuf de sa première femme, Claude de France, morte en 1024, et Charles-Quint venait de perdre sa femme, Éléontore de Portugal, qu'il avait épousée eu l52y.

46 RENÉ JIACÉ

En Angleterre estant par mer getté,

Fut du feu Roy l'everemment traicté ; 910

Plusieurs entr'eulx tlifferentz appoincterent,

Et mutuelle amytié contractèrent.

Le duc tenoit blanche rose en sa foy : Ains que partir, la meit es mains du Roy, Pour amortir toute soubspson de hayne. gi 5

Le Roy, veoyant le temps de sa certaine Foelicité, ne voulut refuser, Tel heur s" offrant, ains sur l'heure en user. »

Ainsy l'Anglois, a quoy le Roy en grande Honnesteté : « Je, » lui dit, a ne demande 920

A Dieu premier, et après a tous roys Que vrays amys nous veoir tous une foys. Et nostre Europe en paix universelle.

Il n'y a nul que, s'il cherche querelle. N'en trouve cause; au contraire, qui veult 923

Chercher accord, bien trouver il le peult.

Sans paix, dresser nous ne povons concile. Lequel, s'il n'est nécessaire, est utile, Comme cognoit le Roy, mon bon amy; Pour ce ne fault qu'il se face ennemy gSo

yi2. —En i5o5, Pl)ilippe-le-Beaii, s'ctant embaïqué à Middelburg, en Hollande, pour aller en Espagne, fut jeté par une tempête sur les côtes d'Angleterre où Henri VII le reçut avec beaucoup d'égards, tout en le retenant pendant trois mois sous divers prétextes, pour faciliter les projets de Eerdiuand d'Aragon.

De l'Empereur, mesmement que Angleterre Assez encor a de mal sans la guerre, Et bien vouldrois les sçavoir accorder. »

Ainsi parlant, se print a regarder Dedens la court : les maistres des requestes gSS Y sont desja en grandz robbes honnestes De velous noir, et Budé des premiers.

Du grand Conseil aussi les conseilliers En satin noir, soixante secrétaires En damas noir, puis les pensionaires 94»

Dessoubz Loys, le prince de Nevers, Et le seigneur Canaples, tous couvers Superbement; puis Robert de la Marche, Sieur de Sedan, avec ses Suysses marche. Après, le grand Escuyer se monstra, 94^

937. — Budé, bien connu comme helléniste, fut nomme maître des requêtes par François I^"", le 22 août i522, et mourut en i54o (24 août), quelques mois à peine après l'apparition du poème de Macé.

941. — Louis de Clèves, comte d'Auxerrc, second fils du comte de Nevers, Engilljert de Clèves.

942. — Le sire de Canaples était un des meilleurs capitaines de François I"'. Il se distingua surtout aux sièges d'Hesdin (i526), deMontreuil (i535)et de Metz (i552).

943. — Robert IV, comte de La Mark, prince de Sedan, fils de l'historien Robert de Fleuranges, fut nommé plus tard maréchal eu 1547.

945. — Le grand écuyer de France était, en i54o, Jacques de Genouillac, dit Galiot, seigneur d'Acier en Quercy qui, eu i545, devint gouverneur de Languedoc et mourut eu i546j

RENK MACL

Et rEnipereur cousequemmcnt entra.

Il descendoit : lors le Roy, son beau frère, Tout pris, tout meu de cordiale chère.

Tous les degrez descendit l'accoler.

En remontant, on les veoyt parler, gSo

Tous deux chief nud, et en quelz royaulx gestes ! Plus sont les gens nobles, plus sont honnestes.

Veoyant cela, me soubviul d'Hercules, Receu du bon Evandre en son palays, Ou mieulx de deux Hercules, l'ung Libicque gSS Portant ses deux pilliers, l'aultre Gallicque, Les gens a soy par l'oreille amenant.

De chaine d'or a sa langue tenant :

Si doulcement usa de sa puissance, Qu'ilz accouroienten son obeyssance. 960

Tandis Linus, Museus et Amphion, Pour une bende, et pour l'aultre Arion, Et loppas et Marsyas s'cmployent, Troys contre troys; et ungz les aulti'es oyent, Et a leur tour leurs chantz ilz ont fournys, gôS

Ceulx la de l'aigle et ceulx cy du phoenix.

954. — Roi d'AiCiiJie qui, selon la tradition mythologique, donna l'hospitalité à Hercule, quand ce demi-dieu passa en Italie après la défaite de Géryon. Il avait bâti dans le Latium la ville de Pallantée qui plus tai'd fit partie de Rome (Virg. En. VIII, 52-4).

961-963. — Nous ne savons à quelle source Macé a emprunté la légende de cette lutte entre les poètes de la mythologie grecque, dont il cite ici les noms.

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