VOYAGE DE CHARLES-QUI\T
Sur tous oyseaux Jupiter ayme l'aigle, Par luy scrvy fut des le premier secle : Jouvenceau lors encores apprenoit A gouverner ; toutesfois gouvernoit. 970
Veoir il voulut ce que tenoit ce monde En large et long de la machine ronde : Si se alla seoir de son ciel au meillieu, A son semblant, et de ce mesme lieu En ung moment deux noirs aigles envoyé. 975
De ça, de la, l'ung tout droict prend la voye Vers le ponant, l'aultre vers le levant: C'est a l'envy qui reviendra devant; Et leur tour faict, a mesme heure reviennent. Et au rentrer l'ung et l'aultre conviennent. 980
Jupiter pour ce ung corps en feit de deux : Ainsi tout fut des lors occupé d'eulx.
Le beau Titan, de céleste lumière, Et filz premier de Cybele première, La supplia luy donner son phoenix, 985
Car le veoyoit plein de biens infinitz.
Cybele n'a rien qui tant luy aggrée N' aussi Titan ou tant il se recrée.
Le noble oysel d'Arabie s'en va Jusqu'en Egypte, et après s'en rêva, 990
Tendant au ciel ses aelles azurées