POUSSIÈRES
intre Padouê et EtU.
Non loia de U lourde Padoue, c'était la campagne au flanc des collines : elles toot posées isolément dans le plat pays que dore l'éié, oonmie sur uœ table de fK*rtor, que Tarie le tapis des oérMes. Et la solitude les lait paraître grandes. On les appelle les Moots Eugaoéeos ; ei, nobles de nom, ces collines ont l'air de noblesse. S'il y a des troupeaux, la laine doit être fine. Gâœs boiate* côoes tronqués, mitres, Ormux et Ahriman ont bûasé iei leun tiares. Où la roche se montre, chaude el tigrée, on dirait du porphyre. Là est Abano, où. peut-être, Titc-Live ekt né, pour ouvrir k Rome une roie toute faite d'arcs de triomphe. Et là. Arqua, un bourg où Pélnrqoe «il mort désabusé, dans une telle
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^z que l'horizon en semble méditer, depuis, la résignation pieuse et la religieuse sérénité.
J'ai fui la ville poudreuse, que le soleil dessèche. Depuis que j'ai quitté l'Occidçnt, je n'ai plus vu d'arbres. Je crains l'ivresse de la lumière : elle fait le désert en moi, et me rena acsert à tout le reste. Mon âme devient trop dure au soleil. Pour un jour, je veux purger mes yeux, que brûle la sécheresse des pierres. Il est des heures, à Venise, où la mer même est minérale.
De vrais arbres t Des arbres qui ne soient point passés à la farine, des arbres qui font frais à la joue, et, quand on en presse la feuille, qui rafraîchissent la paume des mains. L'arbre, c'est l'eau chevelue qui se condense : l'eau qui s'est faite corps et qui, délivrée de la pesanteur, libre enfin de se fixer et de laisser sa pente, s'élève vers la lumière. L'arbre est un essai de l'homme vers le ciel ; mais il reste prisonnier de la terre. Il est tenu par les pieds; il ne peut se mouvoir; il paie ainsi rançon de la solidité; il faut que sa tête, si haut qu'il la porte, sente toujours l'esclavage des racines. L'arbre est une espérance ; l'arbre est vert et ne doit pas être blanc. Dans le frémissement de la feuillée, que le murmure de l'eau m'accueille 1 Je veux boire aux branches.
La douce nuit I Je ne sais plus le nom de ce village ; et si je l'avais su, je ne le dirais pas. Il est trop pur et
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trop paisible. Le crépuscule vieDt de s'effacer dans une ombre plus redoutable. insensiblemeQt, oomnie un ruisseau te perd dans la prairie. Des peupliers tremblent le long d'une route molle et jaune. Le On vent de l'ombre me caresse le menton ; il a l'odeur de l'herbe sooa les faucilles ; il est tiède, comme le soufQe d'un bel enfant qui a cuuni et qui, de retour, donne à sa mère un baiser humide.
La iuoe fleurit les poiriers et tous les arbres courts Ibot un verger sous la garde noire des ormes. Ils portent le fruit avec la robe de mariée. Ils frissonnent à peine dans l'obscurité ; et toute cette blancheur sur les branches fait croire k un peuple de papillons. Toutes les feuilles, d'un côté, sont de lait.
Sur un bord de la route, il y a des maisons heureuses, et des lumières aux fenêtres. Dans les jardins, chantent les roses et le jasmin. L'air a une odeur de miel et de femme. Uo diieo aboie, qui daigne aossitét se taire. Un oÎMan amoureux sinie un thème ravissant de quatre ootos, si pures, si rondes, si joyeuses, qu'il faut sourire àwUejoie, ou lui donner la tierce. Et j'entends son bniH souple d'ailes.
Au bas du talus, court la voie de fer. Loin d'ici, qui sait où ? le tremblement électrique de l'aiguille pique le aileooe : une source qui s'éperla dans les hautes régions de l'air T ou les pas nocturnes de l'herbe ? Et deux crapauds jouent de la flûte ; intenninablcuieut, ils
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poussent leur note d'une telle mélancolie; ils se parlent : sol ! souffle l'un, et l'autre répond : sol dièze !
Cependant, la lune basse a presque disparu. Les étoiles, convoquées à la naissance de juin, font une iMembiée sublime. Vénus descend et le rouge vainqueur, Mars enthousiaste, monte. Mais rien n'est tel, sur l'horizon du Sud, que le Chasseur avec ses chiens stellaires. Procyon tremble à l'afTùt ; et Sirius m'eiïraie, le cœur du ciel, tant il palpite. A quelle chasse vontils donc ? et pourquoi Orion laisse-t-il pendre son baudrier, si défait, qu'il traîne parmi les arbres ? Je regarde, sous les branches noires, des formes blanches qui se dressent avec roideur ; si massivt», si carrées et si dures, ce ne sont plus des arbres en fleurs de lune.
Ah ! je sais. Silence ! Voici, voici des tombes. Je longe un cimetière. Paix au repos des bons laboureurs! Au pied d'une colonne, entre ces deux pierres neigeuses, que ce soient des feux follets ou des étoiles, ce ne sont toujours que des vers. Et qu'importe à Sirius cette poussière d'hommes ?
La poussière des astres tombe.