CHEVAUX
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4i8 VOYAGE DE DÉCOUVERTES
pu apprécier combien d'avantages ils en retirent pour leur commerce avec la Chine , par la vente des fourrures ; pour leur commerce avec l'Europe, par le transport des huiles excellentes que ces animaux fournissent ; et pour leur marine, par le nombre considérable de matelots que ces expéditions occupent, et qui, dans des voyages aussi longs et par des latitudes aussi élevées, ne sauroient manquer de devenir les meilleurs matelots de l'Angleterre.
La pêche de la baleine dans ces régions, qui, à l'exception des échanges avec la Chine, procure les mêmes avantages, me paroît beaucoup plus importante encore que celle des phoques. On sait en effet que, pendant près d'un siècle, une des sources principales de. la puissance et de la fortune des Hollandois fut cette même pêche de la baleine, concentrée dans les mers du Nord : des milliers de bâtimens y étoient annuellement employés ; et leurs matelots, endurcis à tous les genres de fatigues, formés de bonne heure aux manœuvres les plus hardies , devinrent , dans les combats que la Hollande eut à soutenir alors, les principaux instrumens des victoires brillantes que ses flottes obtinrent sous les Tromp et les Ruyter. Malheureusement les épiceries des Moluques firent négliger les baleines du Nord; et l'Angleterre, habile à profiter des fautes de ses rivaux, parvint insensiblement à se rendre la maîtresse presque absolue de cette branche de commerce, aussi lucrative qu'intéressante pour la prospérité d'une marine militaire.
Cependant le nombre des baleines diminua dans les mers du Nord; poursuivies par les pêcheurs, elles furent réduites enfin à se tenir presque constamment au milieu des glaces les plus inabordables : aussi toutes les relations de ces derniers temps s'accordent à nous présenter ces pêches comme extrêmement difficiles , dangereuses même , et cependant infiniment moins fructueuses qu'autrefois. Depuis lors, les spéculations des Anglois, en ce genre, se sont dirigées vers l'autre extrémité du globe. Là se trouvent aussi d innombrables légions de baleines : toutes les eaux qui avoisinenî
la terre des Etats, la terre de Kerguelen, la Nouvelle-Zélande, les îles Falkland, la terre de Sandwich ou Thulé Australe, en sont remplies; sur quelques points des côtes de la Nouvelle-Hollande on en trouve aussi à certaines saisons d'innombrables troupeaux. La baie des Chiens-marins, à la terre d'Endracht, par exemple, en fourmilloit lorsque nous y mouillâmes pour la première fois : à peine, pour ainsi dire , osoit-on mettre les embarcations à la mer, tant le nombre de ces animaux étoit grand. Le Gouvernement anglois, instruit de ces circonstances par les navigateurs qui avoient visité ces parages , crut devoir appeler les spéculations des armateurs Britanniques vers les régions Australes, et ses efforts obtiennent chaque jour un succès plus décidé.
C'est la ville de Londres sur-tout qui fait ce commerce avec des bâtimens d'un fort tonnage et armés d'un équipage considérable, toujours dans le dessein de former une grande quantité de bons matelots. Le nombre de ces navires augmente journellement ; durant l'année où nous nous trouvions au port Jackson, il en étoit arrivé treize, et tous s'en étoient retournés parfaitement chargés. La plupart vont préparer leurs cargaisons à la Nouvelle-Zélande ; elles consistent presque exclusivement en huile3: cependant, comme on y pêche
ÉTAT de l'huile importée en Angleterre par des navires anglois faisant la pêche de la baleine dans la mer du Sud, depuis ijS; jusqu'en iyqz.
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