‹ Voyage de découvertes aux terres australesChapitre 104 sur 115 · PRIX TOTAL · texte numérisé non relu

PRIX TOTAL

de l'importation.

29 4°0 15 369 26 4JJ 40 080 4o 70O 4o 40O J2836

Les 2096 tonneaux, de 1792, font 4' 920 quintaux , lesquels , au prix de cette époque, à 4 schellings le gallon , ou 1 fr. 20 cent. la pinte, prix qui depuis a doublé, donnent la somme importante de 109 690 liv. sterl. ou 2 622 560 fr. pour l'importation d'une année. ( Mémoire présenté , en i/'pj , au Gouvernement anglois par plusieurs fabricans , armateurs et négocians de Londres , &c. Voye^ Bulletin de la Société d'encouragement de Paris, janvier iSoS., J'estime qu'en 1802 le nombre de tonneaux d'huile de baleine, provenant des pêches dans les mers Australes, et importés en Angleterre, s'élevoit à plus du double de ce qu'il étoit en 1792. L. F.

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rieur.

aussi une espèce de cachalot , il en est qui préparent une assez forte partie de blanc de baleine ou d'adipocire. Indépendamment de ces navires, expédiés directement d'Europe pour cette pêche, quelques armateurs du port Jackson envoient eux-mêmes à la Nouvelle- Zélande quelques petits bâtimens, dont les produits sont pareillement expédiés pour l'Europe.

Commerce exté- J± mesure que le commerce des huiles et des fourrures prend un nouveau degré d'accroissement, l'activité du commerce du port Jackson devient aussi plus grande; elle est telle déjà, que, pendant notre séjour dans ce port , nous y avons vu jusqu'à vingt-cinq navires de différens pays. Plusieurs partent de là pour le Bengale, d'autres se rendent à la Chine : ceux-ci sont destinés pour le détroit de Basset la Nouvelle-Zélande; ceux-là pour l'Angleterre, et, à cet effet, portent à l'Est, traversent le grand Océan, doublent le cap Horn , et ne revoient leur patrie qu'après avoir fait le tour du monde. Ces excursions lointaines font naître, ce me semble, pour la marine angloise, un avantage moral très-important, celui de la confiance qu'inspire naturellement l'habitude de pareilles entreprises, jusqu'à présent regardées comme prodigieuses.

Ainsi que je viens de le faire observer, le nombre des navires qui fréquentent le port Jackson , augmente chaque jour et même très-rapidement: on cessera d'en être étonné, si l'on fait attention aux bénéfices assurés que de telles expéditions procurent aux armateurs. Le Gouvernement anglois , qui multiplie les sacrifices de toute espèce pour la prospérité de cette colonie, profite de toutes les occasions qui se présentent pour y faire passer les provisions, les vêtemens et les autres objets dont elle a besoin, et qui, déposés ensuite dans de vastes magasins , sont distribués ou vendus aux habitans à des prix très-modérés. Il en est de même pour le passage des condamnés des deux sexes. Peu de navires anglois arrivent au port Jackson sans en apporter un nombre plus ou moins grand. Des conventions sont établies, à cet égard, entre le Gouvernement et

les armateurs, et le prix du fret doit être soldé à ces derniers, au retour du navire en Europe, sur le bon du Gouverneur de la Nouvelle-Hollande.

Ordinairement ces navires, partis d'Europe , touchent à Rio- Janeiro, où ils embarquent quelques liqueurs fortes, qui sont d'un débit très-avantageux au port Jackson ; relâchent au Cap de Bonne- Espérance, et se dirigent vers le détroit de Bass, où ils laissent quelques pêcheurs pour les phoques, sur celles des îles qu'ils ont choisies pour le théâtre de leurs opérations ; viennent au port Jackson , déposent leur fret, reçoivent leurs traites sur l'Angleterre , repartent aussitôt pour les archipels du grand Océan équatorial, où ils embarquent d'abondantes salaisons ; reviennent à Sydney et y vendent ces salaisons au Gouvernement, dont ils reçoivent de nouvelles traites : rentrant alors dans le détroit de Bass , ils vont reprendre leurs pêcheurs et la cargaison de pelleteries que, pendant six ou huit mois, ils ont eu le temps de préparer; partent pour la Chine, y vendent leurs fourrures, y négocient leurs traites, s'il se peut ; réunissant enfin le triple produit de leurs marchandises vendues au port Jackson, de leurs traites et de leurs pelleteries, ils se procurent une cargaison des marchandises ordinaires de la Chine, et opèrent leur retour en Europe avec des bénéfices extrêmement considérables.

Si l'objet de l'armement est simplement dirigé vers les huiles de baleine , les spéculations n'en portent pas moins sur les mêmes principes. Seulement, après avoir vendu ses marchandises au port Jackson, le navire part de suite pour la Nouvelle-Zélande, où il reste jusqu'à ce que sa cargaison soit complète ; alors le retour s'opère directement en Europe par la route du cap Horn.

Lorsque les armateurs ont porté leurs vues sur l'huile de phoque, les avantages sont plus grands encore, mais la durée du voyage est un peu plus prolongée. Après avoir jeté quelques hommes et les

instmmens nécessaires sur les îles du détroit de Bass, le navire se rend, comme les autres, au port Jackson, vend ses marchandises, dépose son fret et reçoit ses traites; repart pour les îles du grand Océan; va, avec le reste de son équipage, préparer des salaisons; revient au port Jackson, les y dépose, reçoit de nouvelles traites; rentre dans le détroit de Bass, reprend ses hommes, embarque ses huiles et fait son retour directement en Europe en se dirigeant à l'Est. Dans le cas où le chargement ne se trouve pas entier, ce qui est rare, le navire touche au Brésil pour prendre divers objets qui sont d'un produit assuré en Europe; il s'arrête quelquefois aussi à Madère, y embarque des vins , et ne rentre , dans aucun cas , en Angleterre qu'avec une cargaison complète.

Il est encore un commerce très - important , mais qui ne peut avoir lieu qu'en temps de guerre avec l'Espagne ; c'est celui qui se fait en interlope sur les côtes du Chili, du Pérou et du Mexique. Les armateurs de la colonie qui veulent se livrer à ce genre de spéculation, sont assurés d'un bénéfice d'autant plus considérable, que n'étant pas obligés de venir directement des mers d'Europe, leurs traversées sont beaucoup plus courtes, et qu'ainsi ils ne peuvent craindre aucune concurrence étrangère.

Je ne dois pas négliger de parler du parti qu'on tire des productions minérales : jusqu'à présent la plus utile, c'est le charbon de terre ; les mines en sont si abondantes et le charbon qu'elles fournissent est d'une si bonne qualité, que les Anglois ont cru devoir les décorer de ce même nom de New-Castle , qui rappelle à leur patrie tant de richesses et de bienfaits. J'ai déjà dit qu'on en avoit portéquelques cargaisons au Bengale et au Cap de Bonne -Espérance, où elles avoient été vendues avec avantage; mais ce commerce est susceptible d'un plus grand développement.

Je ne parlerai ni d'une espèce de pierre d'ambre qui paroît se trouver assez abondamment dans la colonie , ni d'une terre à por-

celaine de bonne qualité que l'on rencontre aux environs de Sydney; mais je ne dois pas manquer de rapporter que le pays semble être fort riche en mines de fer. Au reste, plusieurs circonstances se sont opposées jusqu'ici aux recherches des autres métaux que le sol peut receler. Lorsque nous partîmes de la colonie, M. le Gouverneur attendoit de jour en jour des minéralogistes instruits, qui dévoient s'occuper de cet objet.

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