TOME II, I
sur la plupart des îles Australes , et le grand Phoque des îles S.1 -Pierre et S.1 -Paul d'Amsterdam [Phoca Resima , N.] , dont Macartney, Cox et Mortimer nous ont successivement donné l'intéressante histoire. Ces trois espèces de Phocacés , les plus grandes que nous connoissions jusqu'à ce jour, ne peuvent à la vérité servir, par leur fourrure , les projets de l'Angleterre ; mais la qualité de l'huile qu'on en retire , la facilité de sa préparation , l'énorme quantité que chacun de ces animaux en fournit , &c. , tout concourt à leur donner une importance non moins grande qu'aux espèces à fourrures plus belles. La pêche de ces derniers amphibies offrira bien plus d'avantages encore, -s'il est vrai, comme l'assure Mortimer, qu'elle puisse devenir en Chine un nouvel objet d'échange; mais, en attendant, l'importation de cette huile en Europe procure aux armateurs Anglois des bénéfices d'autant plus considérables , qu'ils peuvent la fournir à des prix beaucoup moindres que les armateurs des autres nations, qui se trouvent réduits à glaner au milieu des régions épuisées du Nord. Ainsi donc, tout tend à concentrer de plus en plus ces pêches lointaines et lucratives entre les mains de l'Angleterre. Un intérêt plus puissant encore que celui du gain lui commande cette politique et ces efforts. « En effet » , dit avec raison M. de Fleurieu, « chez nos rivaux, on compte y> pour beaucoup , on cqmpte pour tout de donner la plus grande » activité au commerce et à la marine qui l'alimente , et toute l'ex- » tension possible à la navigation, et sur- tout à la grande navi- » gation où s'élève cette innombrable pépinière de matelots, qui, » endurcis de longue main à la fatigue et aux dangers, et versés » ensuite sur les vaisseaux de l'Etat , ces citadelles mouvantes de » la Grande-Bretagne, assurent à-Ia-fois son indépendance et » sa domination. » (Fleurieu, Voyage de Marchand, tome n, page (fjj.)
AUX TERRES AUSTRALES. 6j