CHAPITRE XXX
Nouveau séjour à la Terre d'Endracht ; Entrevue périlleuse avec les Sauvages de cette contrée ; Description de leurs diverses espèces d'habitations.
[Du 16 au 26 Mars 1803.]
Déjà, dans le vi.e chapitre de cette Histoire, j'ai tracé le tableau physique de la baie des Chiens-Marins ; déjà, dans le xii.e, pi. 1 bis, n.° 16. M. L. Freycinet a fait connoître les principaux résultats des opérations géographiques exécutées par M. Faure et lui. En reparoissant sur ces bords, notre but essentiel étoit d'y recueillir le plus grand nombre possible de ces grandes Tortues qui , lors de notre premier séjour, couvroient, pour ainsi dire, les vastes bancs de sable du havre Hamelin (tom. I, pag. 202). A cet effet, nous vînmes occuper le mouillage du Naturaliste à la baie de Dampier; Rvi, n."6. et dès le 17 mars au matin, nous y laissâmes tomber l'ancre par cinq brasses, fond de sable fin. Bientôt après, M. Ransonnet partit avec deux canots, pour aller faire la pêche des animaux dont je viens de parler; et M. L. Freycinet reçut ordre de reconnoître, avec plus de détails que nous n'avions pu le faire dans la première campagne, toute cette partie de la baie qui, du mouillage où nous étions, se prolonge vers le Nord, jusqu'à l'extrémité septentrionale de l'île Bernier.
A peine ces premières dispositions venoient d'être arrêtées, lorsqu'un de nos canots , qui déjà depuis quelques heures étoit parti pour aller pêcher sur la côte voisine, revint précipitamment; la frayeur étoit encore peinte sur le visage de ceux de nos gens qui le montoient. « Des hommes d'une force et d'une grandeur «extraordinaires, étoient venus, disoient- ils , s'opposer à leur tome n. Ce
33 descente. Ces espèces de géans , au nombre de cent et plus , » portoient de grands boucliers et d'énormes sagaies; une longue 55 barbe noire leur descendoit jusqu'au milieu de la poitrine : ils 55 couroient comme des furieux sur la grève, en brandissant leurs 35 armes; ils poussoient de longs hurlemens, et menaçoient nos 35 pêcheurs qui précipitoient leur fuite vers le vaisseau. 53
Tandis qu'on se moquoit à bord de la terreur panique de ceuxci, un second détachement de pécheurs qu'on avoit expédiés pour le même objet vers un autre point de la terre continentale , revenoit en toute hâte en donnant les mêmes signes d'épouvante : se trouvant déjà établis sur la plage , ils avoient vu de plus près encore , disoient-ils , les prétendus géans , et ce n'étoit pas sans peine qu'ils étoient parvenus à leur échapper.
Quelque extravagantes que de pareilles assertions pussent paroître, il étoit nécessaire de prendre des renseignemens précis à cet égard. En conséquence, on fit préparer la chaloupe; on l'arma de plusieurs espingoles , les soldats de la garnison s'y embarquèrent , et M. Ronsard reçut ordre de partir le lendemain à la pointe du jour , pour aller reconnoître l'extrémité Nord de la presqu'île.
Une expédition de ce genre devenoit d'autant plus agréable pour cet officier , que c étoit à lui-même que nous étions redevables de la chaloupe nouvelle dont il s'agit. A peine, en effet, celle qu'il avoit précédemment construite à Timor (tom. l,p. 173) venoit d'être submergée dans le détroit de Bass (tom. II, pag. 21), que M. Ronsard s'offrit non-seulement à en mettre une autre sur les chantiers, mais encore à la construire à bord du vaisseau, sans gêner les manœuvres, et sans apporter aucun retard aux opérations ordinaires de la campagne. Sous ce double rapport, M. Ronsard tint parole; lui-même, à l'île Decrès, alla choisir tous les bois dont il avoit besoin, lui-même les fit travailler sur le gaillard d'arrière de la corvette. Tout le monde s'empressa de concourir au succès de
AUX TERRES AUSTRALES. 203 son entreprise ; ceux qui n 'étoient pas assez habiles pour devenir charpentiers , se firent scieurs de long ; et avant même d'arriver au port du roi George , nous eûmes une bonne et grande embarcation Ainsi le dévouement d'un petit nombre d'hommes
triomphoit de tous les obstacles , réparoit toutes les fautes, multiplioit toutes les ressources , et préparoit les grands résultats qui dévoient faire de notre expédition l'une des plus glorieuses entreprises de ce genre.
En arrivant à terre , nous ne trouvâmes aucun des prétendus pi. xxiv. géans qui s'y étoient montrés la veille ; en vain , pour en découvrir, nous parcourûmes tous les environs, fouillâmes toutes les broussailles, nous n'en pûmes voir aucune trace. La découverte de douze à quinze cabanes que je décrirai bientôt plus en détail, fut le seul résultat de nos recherches en ce genre.
Alors je rabattis vers le rivage de la mer , impatient que j'étois d'en observer les brillans coquillages. Déjà Dampier avoit célébré leur magnificence a ; et les collections qui en avoient été faites par quelques personnes du Naturaliste , répondoient bien à la haute opinion que cet ancien navigateur en donne. Malheureusement la presque totalité de ces riches collections , par une suite déplorable de l'indiscrète prodigalité de leurs possesseurs, avoit passé depuis entre les mains de quelques Anglois du port Jackson : les plus beaux individus de celles qui se trouvoient déposées dans les caisses de l'infortuné M. Levillain, avoient eu le même sort. Toutes les réclamations que notre commandant put faire à cet égard auprès du gouverneur général de la Nouvelle-Hollande furent inutiles, et nous eûmes la douleur
1 « Le rivage étoit couvert d'un nombre » d'aussi curieuses: j'en pris une grande quan
«infini de coquilles fort extraordinaires et » tité; mais je les perdis presque toutes, et il
« d'une grande beauté, soit pour la couleur « ne m'en resta qu'une petite partie des moins
«ou pour la figure; elles étoient admirable- «belles. ■» ( DAMPIER, Voy. aux Terres
«ment bien tachetées de rouge, de vert, de Austr. tom lV,pag, 102.) «jaune, &c; et de ma vie je n'en avois vu
Ce
de voir expédier cette précieuse partie de nos conquêtes pour l'Angleterre, à l'époque même où nous nous trouvions encore au port Jackson.
En voyant ainsi IesN musées Britanniques s'enorgueillir de nos propres découvertes , il est pénible d'avoir à se rappeler que quelques-uns de nos principaux compagnons du Naturaliste ont été les instrumens aveugles de cette espèce de spoliation nationale. Un homme de mer , dans des expéditions de ce genre , devroit avoir sans cesse présent à l'esprit, que quelque étranger qu'il puisse être à la plupart des recherches qui s'y font , toutes ces recherches cependant ont un but commun , celui d'ajouter à la gloire de la patrie , et que leurs résultats dès-lors doivent être sacrés pour tous. Souvent, en effet, les travaux qui paroissent les plus inutiles aux marins, ne sont pas ceux qui doivent répandre le moins d'éclat sur l'expédition dont ils font partie : d'ailleurs , l'officier véritablement instruit et laborieux a bien autre chose lui-même à faire pendant de tels voyages, qu'à recueillir des papillons ou des coquilles; il doit se reposer de ce soin sur ceux dont le premier devoir est de se livrer à de pareilles recherches, et qui, par leur instruction en ce genre, peuvent les faire avec plus d'avantage. Dans tous les cas, ce doit être une sorte de crime aux yeux de l'homme d'honneur, que de livrer le fruit de ces recherches à des étrangers, et même à des ennemis de sa nation. . . . Ainsi pensoient sur-tout ces deux respectables frères et ce M. Ransonnet, dont les noms se reproduisent , pour ainsi dire , autant de fois dans cette histoire ,
qu'il y est question de travaux nautiques et géographiques
Quoi qu'il en soit des pertes que notre expédition avoit faites, il étoit de mon devoir, et en quelque sorte de mon honneur, de chercher à les réparer par tous les moyens possibles. Sans poursuivre plus long -temps les géans fantastiques delà terre d'Endracht, je descendis donc au rivage, accompagné d'un matelot armé, pi.vi.fig. 6. L'extrémité Nord de la presqu'île Péron , où nous nous
trouvions alors, a près de 4 iieues de largeur, et se termine à l'Ouest par le cap Lesueur, à l'Est par celui des Plauts-fonds. Ce fut vers cette dernière pointe que je dirigeai mes recherches. Il étoit alors 1 1 heures du matin ; le soleil brilloit d'un éclat extrêmement vif; l'air étoit calme et presque suffocant ; il falloit marcher sur une plage de sable qui fatiguoit également la vue par sa blancheur, et les pieds par sa mobilité. Malgré ces obstacles, j'arrivai au point du rivage où je m'étois proposé d'atteindre. Mais, à l'exception d'un petit nombre de coquilles mortes que je recueillis sur la grève, je ne rapportai rien de cette course pénible et longue.
Trompé du côté des eaux , je gravis sur les dunes ; du sommet de l'une des plus hautes, je reconnus distinctement à l'Ouest les rivages élevés de la côte orientale. Les flots, sur ce point, paroissoient immobiles , et leur couleur blanchâtre annonçoit bien la présence de ces hauts- fonds si redoutés des navigateurs, mais si précieux pour le conchyliologiste. De même, en effet, que tels ou tels groupes de coquilles sont plus particulièrement fixés à tels ou tels parages (tom. II, pag. 143), de même aussi l'habitation particulière de chaque espèce est restreinte à telle ou telle portion dune même côte. Ainsi, tandis que les Carinaires, les Hyales, les Janthines, les Argonautes et les autres testacés fragiles flottent librement à la surface des mers, les Trigonies et les Nautiles sont relégués dans leurs profondeurs ; c'est au milieu des récifs, parmi d'affreux rochers, qu'il faut aller recueillir les Patelles, les Nérites, les Spondyles, les Tridacnes, les Lépas, &e. Les Olives, les Cyprées, les Cônes, les Volutes, &c, se plaisent aux endroits rocailleux ; les Pinnes gigantesques et fragiles ne sauroient habiter que les places herboso - vaseuses : ici les Tarets se creusent un asile dans les vieux bois submergés et pourris ; là vivent incrustées dans les pierres ou dans les madrépores les Pholades et les Houlettes; ailleurs, les Placunes, les Marteaux, les
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Vulselles, lesPernes, les Aviculeset les autres coquilles Iamelleuses, vont chercher des abris plus analogues à leur délicatesse extrême; les unes s'établissent au sein des Alcyons, d'autres s'enveloppent, pour ainsi dire, de la substance des Eponges ; celles-ci reposent sur des couches de Conferves et d'Ulvas; celles-là se fixent aux tiges des Fucus , et se laissent , comme eux , doucement balancer par les flots : mais c'est aux bancs de sable sur-tout qu'appartiennent des coquilles plus nombreuses, plus élégantes et plus variées; c'est là que le naturaliste doit aller chercher les Mactres, les Pétoncles, les Myes, les Solens, les Vénus, les Pectens , lesTellines, les Glycimères, et une multitude d'autres testacés analogues. C'étoit de pareils lieux sans doute que provenoient la plupart de celles qu'on avoit recueillies à bord de notre conserve, et dont, par les raisons que je viens d'indiquer, les côtes sauvages de l'île Bernier n'avoient pu nous fournir aucun échantillon (tom. \ , pag. uy).
A peine de retour à bord du navire , j'allai rendre compte au commandant de l'inutilité de mes recherches , et des espérances que j'avois conçues. Je le priai de m'accorder, ou bien une petite embarcation pour me conduire jusqu'aux bancs de sable , ou bien une escorte de quelques hommes armés pour m'y rendre par terre. L'une et l'autre demande fut également repoussée par ce
chef. Ainsi , réduit à la triste alternative ou de ne rien faire
à la baie des Chiens - Marins, ou de pénétrer seul jusqu'à la rive opposée , je n'hésitai pas.
Le lendemain 19 mars au matin, la chaloupe retournoit à terre avec l'ordre d'y établir quelques fourneaux, et de préparer, par l'évaporation de l'eau de la mer, une petite quantité de sel pour ajouter
à la foible provision qui restoit encore à bord Deux jours
dévoient être employés à cette opération. Une telle circonstance me parut favorable à l'exécution de mon projet, et je partis avec M. de Mont-Bazin, qui commandoit l'embarcation. A peine nous avions touché la terre, que je me mis en route pour aller
reconnoître la portion occidentale de la baie de Dampier . qui pi, me restoit à visiter. Cette nouvelle tentative ne fut pas moins infructueuse que celle de la veille, pour tout ce qui tenoit à mes recherches conchyiiologiques ; mais elle devint l'occasion d'une découverte bien intéressante pour l'histoire physique des peuples de la terre d'Endracht.
Au fond d'une petite crique qui se trouve immédiatement à l'Est du cap Lesueur , j'aperçus trois ouvertures sémi - circulaires assez rapprochées les unes des autres , et trop régulièrement semblables entre elles pour qu'il fut possible de les attribuer au hasard seul. Je m'avançai ; un grand: nombre d'empreintes de pieds humains paroissoient zut le sable; et des débris de feux récemment allumés à l'entrée de ces espèces de souterrains, ne me permettoient pas de douter qu'ils ne fussent l'ouvrage des indigènes, et qu'ils ne leur servissent de retraite. Pour lever toute espèce d'incertitude, je m'engageai dans l'un de ces réduits obscurs : à peine il avoit un mètre de hauteur à son orifice 1 il fallut donc me courber pour y entrer , et m'y traîner, pour ainsi dire, à quatre pattes. Sa profondeur étoit d'environ 5 mètres, sur une largeur du tiers de cette dernière dimension. La partie supérieure de la voûte étoit assez unie ; mais de distance en distance on avoit pratiqué dans le bas plusieurs petites cavités qui me semblèrent propres à recevoir quelques ustensiles de ménage. Le plancher inférieur de cette habitation étoit tapissé d'une couche épaisse d'herbes marines. L'éloignement où je me trouvois alors de la chaloupe, mon isolement, et sur- tout la nuit qui s'approchoit, ne me permirent pas de parcourir les deux autres souterrains ; mais par tout ce que j'en pus voir, ils me parurent absolument semblables à celui que je viens de décrire.
Quelque grossières que de telles habitations puissent être , elles n'en sont pas moins les plus parfaites que nous ayons eu l'occasion d'observer à la Nouvelle-Hollande; sous ce rapport, il
bh,
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en est de même des cabanes dont j'ai déjà parlé, mais qu'il convient de faire connoître ici dans tous leurs détails. pi. x-xiv. Sur un sol de sable précédemment dépouillé de toute espèce
de végétaux, s'élèvent ces cabanes de la terre d'Endracht; elles ont la forme d'une demi-sphère légèrement déprimée dans sa partie supérieure ; le développement de leurs parois décrit un tour de spire , de manière que l'entrée en est oblique et latérale , à-peu- près comme celle d'une coquille de limaçon. Leur hauteur est de 12 à 16 décimètres [4 à'5 pieds] , sur un diamètre de 20 à 25 décimètres [6 à 8 pieds ]. Elles se composent d'arbrisseaux implantés dans le sable , rapprochés entre eux , le plus ordinairement disposés sur deux ou trois rangs , et dont les rameaux , recourbés dans toutes les directions , entrecroisés dans tous les sens, forment la voûte supérieure, et comme le plancher de ces habitations. Sur cette voûte sont appliquées à l'extérieur plusieurs couches de feuillages et d'herbes sèches , recouvertes d'une grande quantité de sable. A peu de distance et vis-à-vis l'ouverture de chacune de ces espèces de fours, on voit les restes d'autant de gros feux , autour desquels gisent çà et là quelques ■débris d'alimens.
Tant d'efforts et de soins sembleroient d'abord indiquer un état de civilisation plus avancé parmi les peuples de la terre d'Endracht que chez les autres indigènes de la Nouvelle -Hollande : ils ne sont que le résultat d'une misère plus profonde , d'une nécessité plus impérieuse ; c'est du moins ce qui m'a paru résulter d'un examen approfondi de cet objet important, et des considérations diverses que je vais exposer ici.
Quelque habitué que l'homme sauvage puisse être aux intempéries de l'atmosphère et des saisons, il ne sauroit jamais y être absolument insensible. Toutes les fois donc que des circonstances physiques quelconques viendront à exercer sur lui une action trop funeste, il cherchera, sinon à s'y soustraire entièrement, du moins
à diminuer leur douloureuse influence ; les efforts même qu'il fera pour y parvenir seront toujours dans un rapport assez exact avec l'incommodité qu'il éprouve. Ainsi, nous avons vu les habitans pi.xv. de la terre de Diémen, pour se mettre à l'abri des vents trop froids et trop impétueux du Sud, élever des abris grossiers, il est vrai , mais construits pourtant et dirigés de manière à tempérer le plus possible l'énergie redoutable de ces aquilons polaires. (Tom. I,pag. 22 j, 234, 242.)
Sans doute il y a loin de ces frêles abat -vents aux souterrains et aux cabanes que je viens de décrire; mais il n'y a pas moins de différence entre les inconvéniens physiques auxquels l'un et l'autre de ces deux moyens sont opposés.
L'indigène de la terre de Diémen habite, à la vérité, un climat plus froid que celui dont il s'agit maintenant : mais ce n'est pas le froid par lui-même ou la chaleur qui nuit le plus à la vigueur de l'homme, à sa santé ; c'est le passage trop brusque et trop fréquent de l'un à l'autre, ce sont les modifications extraordinaires de l'état hygrométrique de l'atmosphère qui produisent les infirmités, les maladies et la mort. A cet égard, nul pays peutêtre n'est plus à redouter que celui qui nous occupe. J'ai souvent eu occasion d'insister sur la chaleur excessive qu'on y éprouve le jour, et sur la froidure pénétrante des nuits; le lecteur a pu voir combien nous eûmes à souffrir lors du naufrage de notre chaloupe à la baie du Géographe (tom. \,pag. ^2,^3); il se rappellera peut-être à quelles anxiétés je me trouvai de nouveau réduit, lorsque, perdu vers le centre de l'île Bernier, je tombai de fatigue et d'épuisement sur les sables : alors aussi le froid le plus vif poursuivoit les hommes qui m'attendoient au rivage, et les empêchoit de se livrer au sommeil, malgré les feux énormes dont ils s'étoient, pour ainsi dire, environnés (tom. l,pag. 123). Des observations analogues ont été rapportées dans le ix.e (pag. 183) et dans le x.e chapitre; là, M. Freycinet nous apprend lui-même que