‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 19 sur 49 · MAB · texte numérisé non relu

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Le vieillud raconta à Kalm quelques épisodes intéressants des premitirs temps de la colonie. Flosiears Suédois furent massacrés on scalpés par les Sauvages, d'antres eurent des enfants Tolés qu'ils ne revirent pins jamais. Un jour ces barbares surprirent une jenne fille et lui enlevèrent la chevelure et la peau du cr&ne avec un couteau ; ils l'auraient achevée s'ils n'eussent aperçu un bateau rempli de Suédois qui venaient au secours de la victime ; ils se sauvèrent précipitamment, emportant avec eux leur sanglant trophée. La jenne fille guérit de son horrible blessure, se maria, eut plnsiers enfants et vécut jusqu'à un âge avancé. Le plus souvent, les auteurs de ces atrocités étaient des Indiens appartenant à des tribus difierentes de celles que les blancs avaient tronvées en possession du pays, et avec lesquelles ils vécurent généralement en bonne intelligence.

Les Sauvages pour conserver leur mats pendant l'hiver le serraient dans des trous creusés en terre à sis pieds de profondeur, dont ils tapissaient le fond et les c6tés avec des écorces d'arbres, et avec une herbe du genre andropogon et une autre plante dont le genre est inconnu, mais que les colons désignaient sons le nom d'herbe des sauvages. Quand les Suédois s'établirent dans le pays, les naturels n'avaient aucnn autre animal domestique qne le chien (1). Ils se fabriquaient eux-mêmes des pipes de terre glaise avec lesquelles ils fumaient du vrai tabac quand ils en avaient, sinon ils remplaçaient la nicotiane (solanées) par une herbe inconnue aux colons suédois, mais que le vieillard assura ne pas provenir de la molène commune, Verbascum Thapsus, généralement

(I) Canis /amiliarit, genre de carnassiers digitigrades, ramillé des

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appelée Tabac Indien dans le Kow-Jersey, mais erroné* ment (1).

Les Sanrages croyaient & l'existence d'un être suprême, mais ils rendaient nn cnlte i des divinités fétiches. Nils Ghistasson raconta à son hAte qu'nn jour il tna nn serpent ronge malgré les supplications d'au sanvage, qui le priait d'épargner la vie do reptile en disant qne c'était son dieu.

Le 26 Mars, le tremble, poputus Uemula (Salicinêes), était en flenrs, mais il ne montrait pas encore ses fenilles. Ce jonr-là le savant naturaliste trouva un gros scarabée noir, dont l'écuason était ovale pentagone et le thorax bossa ; sur sa tête, il y avait une corne courte et obtuse. Ce scarabée avait l'odenr da melilot bleu (2) et était couvert de tiques {Acari). Il avait les pattes aussi fortes que celles du scaraboeus stercorarius.

D'aprÔs cette description, Forster pense que c'était le Scarabée de la Caroline. Il trouva aussi d'autres insectes dans la terre, des criquets, des araignées (3), des scarabées de terre {Carahi).

Une cidndèle champêtre, cicindela campestris (Coléoptères), volait de tons c6tés, faisant la chasse aux autres insectes, étalant au soleil les splendeurs de sa livrée or, vert et bleu.

Des punaises aquatiques, cimex lacusir's (Hemiptera), couraient sur la surface de Teau en décrivant mille courbes pour échapper aux poursuites d'un Dytique, djfticns piceus (4), grand scarabée aquatique Carnivore.

(l) Ls Tabae Indirn est la lobélie gonflée— JoMia iiiflala (Lobéliacéesi. Les nègres d'Amérique fument, i défaut de isbac, les feuilles d'une espèce de morelle (solanées) appelée tabac marron. M.

(1) n-^oKum iMifotUf f7[erùl<'> (Légumineuses). M.

(3) Arachnida. M.

(4) Hydaticus intenuptus. {Cieopltrit 'pmlamtra.] M.

Ho AVRIL 1749.

6 ÂVBlL. — La sangainaire du Canada, Satiguinaria CanadertsU (Papavéracêes), l'êpigé rampant, epigaea repens (Ericacées), et le benjoin laurut aestivalit (Lanrinées), commencèrent à fleurir ce joar-là.

Avec los fibres de l'Apocyn chanvrin ou chanvre des Indiens, les Sanvages faisaient de la ficelle, des cordages, des sacs, des lets, des lignes et du linge de corps. Kalm, dans son voyage au pays des Iroqnois, a tu les femmes filer le chanvre sans ronet, ni quenouille, mais tout simplement enroulé autour de leurs cuisses nues.

Les feuilles entrelacées de la massette, Tj/pha laiifolia (Typhacées), servaient & faire des fonds de chaise, des nattes, des paillassons.

Une espèce d'ail, alliam Canadense (Liliacées), couvrait les champs. Le beurre fait avec le lait des vaches qui broutent cette plante est & peine mangeable, tant il est imprégné de son odeur forte et désagréable. Et la viande même des animaux qui ont abusé de l'ail pendant l'été en a un goût prononcé.

FIN DE L'i.NA.LTSB DU PREMIER VOLUME.

VOYAGES

PIERRE KALM

L'AMERIQUE SEPTENTRIONALE

ANALYSE DU SECOnD VOLUUE.

Philadelphie, 12 Avril 1749.— Après un séjour presque continu d'environ deux mois à Raccoon, dans le New-JerBey, Ealm retourna à Philadelphie et dans l'après-midi il se rendit à la maison de campagne de Bartram.

Sur son chemin, il remarqua deux nids de guêpes (1) pendus à un érable au-dessus d'un rnisBeau, et contenant chacun trois gâteaux superposée formés d'alvëoles hexagonales. Une mouche noire avec antennes de même couleur, et deux anneaux, noirs aussi, sur l'abdomen et des ailes pourpres, volait autour des arbres; c'était, peut-être, un membre de l'une des deux sociétés pro* priétaires de ces nids.

Il y a une autre espèce de guêpes plus grosses que celles-là dont les nids, ouverts et ne renfermant qu'un seul gâteau, sont faits avec des échardes on petits éclats que le vent détache da bois des vieilles cldtnres, et avec

(I) l'Hpa (Uymanopiera). H.

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