AVRIL
nne matière glatinense.qui parait être une snbstance animale. A la lin de l'automne ces guêpes se glissent dans les crevasses des montagnes et elles y passent l'hi- Ter dans un état de torpeur. Il paraît qu'il y en a encore une autre espèce qui fait son nid sous terre.
Le gyrin nageur ou tourniquet, gyrinus natator (coléoptères), tournoyait sur la surface des eaux tranquilles.
Le 14 Avril, Kaim alla passer la journée à Chester où il vit plusieurs moulins à scie, puis il retourna encore une fois à Eaccooa.
Sur les huit espèces d'hirondelles (1 ),qui se rencontrent en Amérique, le naturalibte suédois en mentionne quatre : l'hirondelle de maison, l'hirondellô de ^cheminée, Thirondelle de rivage, l'hirondelle bleue.
L'hirondelle de maison, à queue fourchue, Hifundo rustica, fit sou apparition à Philadelphie le 10 Avril. Ce jonrdà, on en vit tont>à-coup des centaines, qui, perchées sur les clôtures, laissaient sécher au soleil leur plumage humide. On eût dit en vérité qu'elles sortaient de la mer comme le pensaient les colons suédois (2), opinion que ne partageaient pas les Français du Canada,
II) PasiereAux fissiroslres.
{1) Les savants suati bien que le vulgaire— témoin le cordonnier de Bàle, dont perle M, J. M. LeMoine — ont loujours chercha à pénétrer le secret des migT'tions des hirondelles. Si ces oise.iux ne désertaient à l'automne que les pays froids, cela se comprendrait aisément. Mais pourquoi émigrent-ils aussi, à des époques fixes, des pays chauds où les saisons ne varient pax, comme en Guiane par exemple? Et chose singulière, il parait que dans cette conirùe les hirondelles qui partent sont remplacées par d'autres, preuve que ta température n'est pour rien dans leurs dËplacements.
Ues naturalistes distingués ont admis la possibilité du fait affirmé par lant de témoins oculaires, quf ont prétendu avoir vu les hirondelles sa réunir par volées à l'automne, et se précipiter toutes ensemble au fond des étangs pour y passer l'hiver sous la vase.
Porster soutient chaudement la thèse du sommeil léthargique des hirondelles au Tond des eaui, et l'appuie d'exemples, d'obserraiion» et de faits très circonsianciés, et attestés avec serment. Nous en citons quelquesuni. Le Dr. Wallerius, célèbre chimiste Suédois, écrivait en 17*8 à H. Klein, greffier de la cité de Oanliick, " qu'il avait vu plus d'une Ails des hiroDdellea, perchées sur un roseau, se précipitei' dan« l'eau iprès
NEW-JEE8KY.— RACCOON. lia
qui croyaient que leurs hirondelles émigraient en automue dans des climats plus chauds pour revenir dans leur pays an printemps. Kalm a vu lui-même des nids de ces oiseaux dans les montagnes, loin de toute habitation. Les hirondelles ne recherchent le voisinage que de l'homme cirihaé ; elles fuient la hutte du sauvage.
L'hirondelle de cheminée, Hirundo peîasgia {\), est ainsi appelée parce qu'elle fait son nid dans les cheminées qui ne sont pas en usage l'été. Elle arrivait en Mai généralement. Avant l'établissement des Européens dans ce pays, t-lle nichait dans des creux d'arbres. C'était l'opinion de Bartram.
L'hirondelle de rivage {Hirundo riparia) se rencontre dans toute l'Amérique ; elle fait son nid dans un trou sar le bord des rivières et des lacs.
'UhizonA.f)\[eh\Bue,Purple Martin {Hirundu pur purea){'2.)
avoir gazouillé un chani funèbre d'un quart d'heure. Il alSrine aussi «n avoir vu une qui avait été repêcha avec un filet jeté sous la glace ; portée dans une (;hambre chaude, elle revint à la vie, agita ses ailes,
La mère du comte Lehudorf dit avoir vu une grappe d'hirondelles qui venait tl'âtre retirée de l'euu eu hiver. L«s oiseaux, aussilûl apportes dans un appartement tempéré, sortirent de leur léthargie et se mirent i
Le comte Schleben BlSime par serment un fait semblable dont it avait été persoaoallemeDi témoin, ayant réchauOe dans ses propres mains et rappelé à la vie une hirondelle fraîchement repêchée.
forster cite les dépositions assermentées de quatre autres personnes, et il ajoute . "Je puis me compter au nombre des ténioiçs oculaires de ces " résurrections paradoiales. En l'année 1735, étant petit garçon, j'ai " vu, en liiver. plusieurs hirondelles que des pécheuis de la rivière Vistulo " veuaienl d'apporter à la maison de mon père ; deux d'entre elles, mi^es " dans une chumbie chaude, revinrent A la vie et voltigèrent. Je les ai ■' vues se poser plusieurs fois sur le poêle, et ja me souviens Turt bien " qu'elles moururent pendant que je les tenais dans mes mains."
Fonier conclut en disant que les hirondelles d'Espagne. d'Italie Pl de France émigrent dans des climats plus chauds ; que celles d'Angleterre et d'Aliemague se logeai dans des trous ou des Tenli'e de rochers, et y pasaent la froide saison dans un état de torpeur; mais que les hirondelles du Nard se plongent dans la mer, les lacs ou les rivii.Tes, ei y restent en léthargie sous la glace jusqu'au printemps. M.
(I) AcAnthylis pelasgia. M.
\1) Progne purpurea — Auduban. M.
114 ATEIL 1749.
fait la guerre aux corneilles et ani oisesnx de proie, et dénonce par ses cris d'alarme leur dangereuse approche aux habitants de la basse-cour.
Le dirca des marais, dirca paluslris (Thymélées), appelé Bois-cuir par les Anglais, et Bois-dz-Plamb en Canada, était en fleurs le 17 Avril. Les sauvages fabriquaient avec son écorce des cordes et des paniers.
Le 20 Avril, les framboisiers entraient eu floraison.
La récolte annuelle des grains variait quelquefois, mais elle était toujours suffisante pour donner du pain en abondance à tous les habitants. On ne craignait pas d'avoir jamais à souffrir les horreurs de la famine.
Les colons anglais donnaient, à tort, le nom de currant à une espèce d'aubépine à fleurs blanches, et dont le fruit est mangeable quand il est mûr. C'est le CTutœgus tomentosa de Linné et le MespHus de Gronorins (Pomaeées). A propos du nom de carra»/ donné à cet arbuste en Pensylvanie, Forster nous apprend que le fruit appelé currants en Angleterre est celui du ribes rubrum (1).
L'engoulevent criard, WlUp-poor-will {% commençait ordinairement le 2d Avril au soir à faire entendre, à Philadelphie, le cri monotone auquel il doit son nom anglais. D'après une légende indienne, cet oiseau était inconnu en Amérique aA'ant l'arriA'ée des Européens. Il fit tout-à-coup son apparition au lendemain d'une bataille sanglante, dans laquelle les blancs tuOrent un grand nombre de sauvages. Ces whip-poor-wills, qui ne se donnent jamais de lepos la nuit, et qui fendent l'air avec leurs ailes puissantes en répétant sans cesse leur note plaintive, seraient les âmes des peaux-rouges morts dans ce combat. Le caprimulgus d'Amérique ressem-
(l) Notre gatlellier commun. M.
(î) Caprimiilgua vocifLTus— Audiibon, ordre des Passereaux, soiis-ordre (k's lis-ii'OSti-es, comme les hirondelles. MangtUTt de Slaringouins M.
NKW-JESfiY.— PENN'8 NECK. 116
ble beaara>ap à celni d'Ënrope. Son nom, traduit, veut dite tetle-cbévre ; c'est ainsi que l'appelaient les anciens, qui supposaient à cet oiseau noctnme des faabitadea qn'il n'a pas. Rarement il se fait entendre dans les villes; il ne se pose pas sur les arbres; il se tient de préférence sur les branches les pins basses des arbustes. Dans son roi, il rase la terre ; il jette sa note monotone depuis le coucher du soleil jusqu'à ce qu'il fasse nuit noire, alors il se tait pour recommencer à l'auroie ; an soleil levant, il rentre dans le silence. II ne fait pas de nid. La femelle dépose ses œufs, au nombre de deux, dans les sillons des champs. Les Européens mangent la chair de l'Engoulevent criard.
L'écartement des enveloppes florales ciimmença à se produire le 24 Avril sur les cerisiers ; ils avaient déjà des feuilles passablement larges. Même observation pour les pommiers, dont la floraison était un peu moins avancée cependant.
Le mûrier n'avait pas même commencé sa toilette du printemps. De tons les arbres, i| est le dernier à se couvrir de feuilles, bien qu'il soit le premier à donner des fruits.
Le 26 Avril, Kalm, dans une excursion qu'il fit à Fenn's Neck, eut le plaisir de voir le premier oiseaumoncbe de la saison.
Les grands tulipiers avaient déjà tout leur feuillage, et les sassafras étaient en fleurs.
Le lupin vivace abondait dans les bois, mais les animaux ne sont pas friands de cette plante, à l'exception des chevaux, qui n'en mangent que la fleur cependant.
Les chênes commençaient à montrer leurs feuilles.
Les proscarabées dévoraient les feuilles de l'ellébore blanc, qui sont cependant un poison fatal pour tons les autres animaux.
ne AVRIL 1749.
Le soir, lorsque Kalm reprit la route <1e Baccoon, les mouches-à-fen éclairaient les bois de leurs lueurs phosphoriques, ressemblant à des étincellee vivantes.
11 y eut dans la nuit du premier Mai une gelée blanche qui endommagea beaucoup les feuilles du noyer, des chênes noirs et des chênes blancs, du cerisier, des aomaca glabres et rampants, du pygamon ou rue des prés, tkaliclrum {Ke non enlacées), de quelques Fodophytles peltés, Podophyllum pellatum, Porame-de-Mai (Renonculacées), et des fougères. Un noyer d'Angleterre, >*g-/a>w regia, planté par un colon suédois dans son jardin, et de fort belle renne, avait aussi été grandement endommagé par la gelée.
La castillêge écarlate, barisia coccinea (Scrofnlarinées), êmaillait les prairies de ses belles fleurs ronges.
Les arbres suivents ji'avaiont pas encore fait leurs feuilles :
Le noyer iion,jugla»s nigra.
Le frêne, fraeinus exceUtor.
L'érable négundo^ feu^les de frêne (l).
Le tupelo velu, Nyssa aguatica.
Le plaqueminier de Virginie, Dyospirox Virginiana.
La vigne lambruaque, Vitis labrvsca.
Le vinaigrier, RKm glabra.
Les arbres dont les feuilles commençaient à poindre étaient :
Le mûrier, nuirus rubra.
Le châtaignier, /ag-«g caslanea.
Le platane de Virginie, Platanus ocrMenialis.
Le sassafras, Laurus satsafras.
Le noyer blanc. Jugions alba.
Kalm alla passer la journée du 2 Mai à Salem, petite
•<■ ta siw de celle nsiièce rlV-