‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 23 sur 49 · ENTRE ALBANY ET SARATOGA · texte numérisé non relu

ENTRE ALBANY ET SARATOGA

ment. D'après la conformation du terrain.Kalm pensa qae le lit de la rivière avait été plus large aatrefois. Les champs lai partirent labourés d'une manière uniforme' et ensemencés de blé jaune ou blanc et de lin par eudroits. Un soleil brûlant avait desséché tonte l'herbe des coteaux, n'y laissant que la molène commune, Verbascum Thapsus, à laquelle les animaux ne touchent pas. Ailleurs le sénevé (1) usurpateur étouffait des champs entiers de pois. La côte était bordée d'arbres de différentes espè'^es, érables rouges, hêtres, trembles, pommiers sauvages, vinaigriers, ormes, et saules (2) et de vignes. Kalm y vit aussi plusieurs pieds d'asperges sauvages, asparagus qgicinalis (Liliacées).

Nos voyayeurs passèrent la nuit & six milles d'Âlbany dans la maison d'un fermier. La rive occidentale de l'Hadson était habitée par des desce ndants des premiers colons hollandais.

Le lendemain matin, 22 Juin, Kalm accompagné d'un de ses guides fit une petite excursion de trois milles pour aller examiner la chute de Cohoes dans la rivière Mohawk (3): c'est dans cette promenade qu'il rencontra la première fourmilière qu'il ait jamais vue en Amérique. La colonie qui l'habitait appartenait à l'espèce des fourmies fauves /ormica r«/a, Lino. (4).

A midi, il se rembarqua dans son canot, et continua sa course sur les eaux de l'Hudson vers le Canada. Il remarqua une abondance extrême d'éturgeous dans la rivière. Ce poisson gagne la nier à la fin de l'automne et ne reparait dans le fleuve qu'au printemps. Il se

|1) Moutarde— si napi s arvensis (Cnuirïr^s). (î) Salix (Salicinées).

13) Les éditioDi anglai bdl» gravure représeotant (4) Hyménoptires.

nourrit de conferve, espèce d'algae. Los colons hollandais et les Sanrages lai faisaient la chasse, la nuit, arec des harpons en «'éclairant avec des torches de pin.

Xalm, voyant dans nne i)e an campement d' Indiens, y déharqna dans le bat d'engager des guides pour l'accompagner jusqu'au Fort St Frédéric. Mais tous les hommes étaient à faire la chasse dans les bois. Il ne restait sur la cdte que des jeunes garçons. A la fin, le lendemain, il arriva trois sauvages qui s'engagèrent an prix de trente chelins. Mais un Anglais leur ayant offert davantage, ils changèrent d'idée, et cassèrent leur marché avec Kalm, lui remettant trois piastres d'arrhes qu'il leur avait payées.

La seconde étape de nuit de ce voyage fat à environ dix milles d'Albany. Pendant la guerre, les habitant» de cette localité) abandonnèrent leurs foyers, et allèrent se réfugier au fort, craignant la cruauté des Sauvages alliés des Français ; mais ils revenaient en grand nombre sur leurs terres.

Remarquant que le trèfle rouge et Je trèfle blanc abondaient dans les bois, Kalm dit qu'il est difficile de déterminer si ce genre de plantes herbacées a été introduit d'Europe dans ce pays, ou s'il est indigène, ce que les Indiens n'admettaient pas.

lies bords de la rivière étaient percés, au niveau de l'eau, de trons nombreux, habitations des rats-musqués, Fiber Zibethicus. Des las d'écaillés d'huitres jonchaient les abords de ces retraites souterraines. Le rat-musqné serait-il ostralège ? Kalm le pense et croit avoir fait une obserratien nouvelle, parce que Linné, Buffon et Sarrasin prétendent que cet animal ne se nourrit que d'acoros (Aroidées), déjoues et de racines.

La troisième nuit de sou voyage, le professeur la passa dans la grange d'an cultivateur, qui était revenu

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ta rétablissement de la paix. Sa maison avait été incendiée ainsi que tontes ses dépendances, à l'exception de cet unique bâtiment. Fias heurenx qne ses voisins, ce fennier avait tronvë du moins un toit à son retour.

Le mûrier se rencontre dans les bois entre Albany et Saratoga, miis pas plus au Nord.

Le panais sauvage (1) y est commun, mais dans les champs seulement, ainsi que le chanvre.

Ce jour-là, Kalra vit un thuya occidental (Conifères) pour la première fois. Les autres essences dont le savant botaniste constata la présence furent l'orme, le bouleau, le sapin blanc, l'aune, le cornouill«r, le tilleul, le saule rouge et le châtaignier. Le sureau, Sambucut Canadensis, qui ne se plait que dans le voisinage de l'homme, couvrait les champs de son ombre bienfaisante, en attendant le retour de leurs propriétaires, chassés par le fléau de la guerre. Le charme à cônes renflés, carpinus ostrya, Linn., apparaissait par-ci par-là, mais le hêtre et le liard avaient disparu.

A quelque distance de Saratoga, ils rencontrèrent deux Sanvages en canots d'écorce.

Le Fort de Saratoga était une redoute palissadée que les Anglais érigèrent, pour arrêter les incursions des Sanvages alliés des Français, et pour servir de boulevard à la province de New-Tork en couvrant Albany. Il couronnait un point culminant sur la rive orientale de THudson. Les Anglais, se voyant incapables de le défendre contre les assauts des Français, finirent par irincendier de leurs propres mains. Une ruse de guerre mit le comble à leur déconr^ement, et leur fit prendre cette mesure extrême. Une nuit, un parti de Français et de Sanvages se cacha dans un fourré près du fort, et y

(1) Pastinacft (OrabalUfires), H.

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