‹ Voyage de Kalm en Amérique (volume 2)Chapitre 35 sur 49 · FORT ST FRÉDÉRIC · texte numérisé non relu

FORT ST FRÉDÉRIC

à croire qna l'on finira par en décoaTiir, tû qu'elles sont oommones en différentes parties du Cahtda, ât qne ce ubie s'y tronre sor les bords de presque tons les lacs et rivières, non en égale quantité cependant. Le sable ronge on ooalenr grenat provient des envirotui ; quoique les rochers pràs du Fort St Frédéric ne contienitent pas de grenat, cependant il j a sur le rivage des pierres plus on moins grosses, tontes difi%rentes de celles qui forment ces rochers, et qui sont remplies de grains de grenat, à tel point qne, broyées, elles ressemblent au sable rouge. Dans les parties les plus septentrionales du Canada, au bas de Québec, par exemple, les montagnes même contiennent beaucoup de grenat. Le sable couleur de grenat est très commun sur les rives du St Laurent, Je laisse de câté d'autres observations sur les minéraux des environs, comme peu intéressantes pour le grand nombre de mes lecteurs.

L'Âpocyn à feuilles d'Ândrosème, Apocynum androi^' mifoUum (Apocynées), croît en abondance sur les col- - Unes couvertes de bois, et est actuellement en pleine floraison. Les Français lui donnent le nom d'Herbe à ta puce. Il sort de la tige, lorsqu'on la coupe ou la brise, un suc blanc laiteux. Les Français attribuent & cette plante les mêmes propriétés que jiossède l'arbre à poison, on Rkm vernix des colonies anglaises ; ils prétendent aussi que son action est nuisible à quelques individns, et inoffensive pour d'antres, et que certaines personnes peuvent impunément se frotter les mains et le corps avec le suc laitenx de la plante, tandis qne d'autres ne sauraient même la toucher sans avoir la peau couverte de pustules. J'ai vu un soldat dont les mains étaient toutes gonflées pour avoir cueilli un apocyn qu'il voulait me faire voir. On dit même que ses exhalaisons affectent certaines personnes qui ont le

malhetiT d'en approcher de trop près. Il e^t généralement admù, iéi, que le suc laitenx de cette plante, répandn enr qnelqnes parties du corps hnmaîn, uon-senlement irrite, mais fréquemment corrode la peau ; du moini il ne manqne pas d'indÏTidns enr lesquels il a produit cet effet. Quant à moi, il ne m'a jamais fait aucun mal, quoique j'aie manié la plante en présence de plusieurs personnes, et que je me sois frotté les mains arec son suc jusqu'à ce qu'elles en fussent tontes blanches ; j'en ai aussi écrasé la tige entre mes doigts sans en Bonfirir le moindre inconvénient. Les animaux ne touchent jamais à t'Apocyn.

La bardane, ou Arciium Lappa, (Composées-Cinarocéphales) croît en plusieurs endroits autour du fort, et le gouvemeur me dit que ses bourgeons se mangent au printemps en guise de radis, après que la pelure extérieure en a été enlevée.

Le SUon Canadense, [laberle, ou sison aromatique, et encore chervis, plante ombellifàre,] se plaît dans les bois de toute l'Amérique du Nord. Les Français lui donnent le nom de cerfeuil sauvage, et s'en servent pour la soupe an printemps. On la vante universellement ici comme une plante salutaire, anti-saorbutique, et l'une des meilleures que l'on puissse se procurer au printemps.

liAscUpiade de Sprie (Asclépiadées), ou, comme les Français l'appellent ici, le cotonnier, vient en abondance dans le pays, sur les flancs des collines sises près des rivières, on ailleurs, aussi bien dans un endroit sec et les éclaircies des bois que dans un sol riche et meuble. Un suc laiteux sort de la tige lorsqu'elle est coupée ou brisée, ce qui fût croire que la plante est quelque peu

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