‹ Voyage de Kalm en AmériqueChapitre 17 sur 32 · SUR L'OCÉAN · texte numérisé non relu

SUR L'OCÉAN

Le coupeur d'eau ou bec-en-ciseaux (procellaria pufflnus, Linn.), oiseau palmipède, comme le Pétrel, qui plonge son bec dans l'eau en volant. Par la couleur et la taille, il ressemble beaucoup à la mouette et au canard.

L'oiseau du tropique (phaëton aethereus, Linn.), qui a la forme d'une mouette ; il s'en distingue aisément, ainsi que de tout autre volatile, par un appendice caudal composé de deux pennes excessivement longues, qui lui ont fait donner le nom plus que vulgaire de paille-en-queue. Il se tient à des hauteurs prodigieuses dans les airs.

La mouette commune (larus canus, Linn.), que Kalm dit n'avoir vue que vis-à-vis " le Bout-de-la-Terre (the LancFs End)" dans le pays de Cornouailles ; c'est le nom que porte encore aujourd'hui le cap le plus occidental de l'Angleterre, lequel fait face à l'Irlande.

L'hirondelle de mer (Slerna-Hirundo, Linn.), qui est d'une couleur plus foncée que l'hirondelle commune.

Une poule de mer, vue à quelque distance du vaisseau, près des côtes de l'Amérique, complète la liste des oiseaux aquatiques qui ont fait l'objet des observations de Kalm.

" Il n'est pas rare," — dit le savant naturaliste, " de rencontrer des oiseaux de terre en pleine mer; mais il est difficile de s'expliquer ce qu'ils y viennent faire."

Le 18 Août, il y en eut un qui se jeta sur les mâts de Ja Mary-Gally, et qui avait toute l'apparence de la grande mésange (parus major, Linn.) (1)

(I) Passereaux conirostres. (M.)

Le 1er de Septembre, nos voyageurs, étant à une distance de 420 milles de toutes côtes, observèrent plusieurs oiseaux de terre, qui volaient au-dessus de leurs têtes ; quelques-uns vinrent faire une halte dans les voilures du vaisseau ; les passagers crurent reconnaître en eux des hirondelles de rivage (hirundines ripariae, Linn.) (1). Le lendemain, une autre hirondelle se posa aussi sur les mâts.

Le 10 Septembre, la Mary-GalJy reçut la visite d'un hibou ; et le 12, ce fut le tour d'un pivert, bientôt suivi d'un oiseau de la famille des passereaux, à venir demander aux cordages du navire un peu de répit pour ses ailes fatiguées.

Le professeur a noté ses observations sur ce qu'il appelle deux curieux phénomènes : des flammes électriques sur la crête des vagues et le bout des mâts — (c'est le feu Saint-Elme, dont il ne donne pas le nom) — et une lumière ressemblant à la phosphorescence du bois pourri, qui paraît, le soir, jaillir du sein de la mer.

Ce dernier phénomène est attribué à la phosphorescence propre à des myriades d'infusoires qui vivent suspendus à la surface des eaux.

Kalm reprend ensuite le fil de sa narration.

Vers le soir du 14 Septembre, le vaisseau passa en vue de Newcastle, petite ville sise sur la rive occidentale de la rivière Delaware,et qui fut fondée par les Hollandais à une époque où les Suédois étaient encore maîtres de ce pays. Mais les Néerlandais, par des empiétements

(I) Passereaux lissirostres. M

successifs et continus, finirent par supplanter les légitimes propriétaires du sol, qui eurent recours aux armes? mais qui furent battus. Les vainqueurs ne jouirent pas longtemps du fruit de leur victoire, et à leur tour ils se virent dépossédés par les Anglais. Cependant, il y avait encore des Suédois dans le pays ; et, après que le vaisseau eût un peu dépassé Chester, sur la rive occidentale de la rivière, le second se fit un plaisir d'indiquer à Kalm les résidences de plusieurs de ses compatriotes.

15 Septembre 1748. — Kalm débarque à Philadelphie après une traversée de 41 jours, à compter du départ de G-ravesend. C'était à cette époque un voyage des plus rapides.

Porteur de plusieurs lettres de recommandation adressées aux premiers citoyens de Philadelphie, le professeur eut bientôt fait des connaissances dans cette ville, et entre autres celle de Benjamin Franklin, " à qui. dit- " il, la Pensylvanie est redevable de sa prospérité, et le " monde savant, de beaucoup de nouvelles découvertes '; sur l'électricité." Cependant, il y avait à peine deux ans que Franklin s'était livré à des études sérieuses sur cette branche de la Physique, et ce ne fut qu'en Juin 1752 qu'il fit à Philadelphie sa grande expérience du cerf-volant électrique, qui amena la découverte du paratonnerre. Mais il ne faut pas oublier que le premier volume de la relation de Kalm ne parut qu'en 1753.

Frauklin présenta le naturaliste suédois à plusieurs de ses amis et le combla d'attentions.

Kalm décrit les impressions qu'il ressentit dans sa première excursion botanique* Il était accompagné de

Jacob Bengston et du sculpteur G-ustaye Hesselius, deux de ses compatriotes. Laissons-lui la parole un instant :

" Tout autour de moi me dit que je suis dans un " monde nouveau. Si je jette la vue sur le sol, je le " vois couvert de plantes qui me sont inconnues. Quand " j'arrive près d'un arbre, il faut que je fasse une pause " pour en demander le nom à mes compagnons de pro- " menade. La première chose qui frappa mon regard fut '' un pied d'andropogon (G-raminées) — une herbe ! c'était li précisément l'espèce de plantes dont l'étude a toujours " en le plus d'attrait pour moi. Et quand je me pris à réflé- «' chir que j'aurais à classer un si grand nombre de végé- <' taux sur lesquels le regard du botaniste ne s'est pas en- " core arrêté, j'en eus le frisson. Au commencement, je me '' contentai de jeter un coup d'œil sur les plantes, n'osant " commencer à en faire un examen plus attentif."

Kalm se logea chez un honnête quaker, épicier de son état, qui lui fournit une chambre pour lui et Yungstrœm — son domestique ou plutôt son compagnon de voyage — avec trois repas par jour au prix de vingt chelins par semaine, y compris la bougie, la literie et le service ; mais le chauffage, le blanchissage et le vin devaient être payés à part.

Philadelphie fut fondée en 1(382 par le célèbre quaker William Penn, auquel Charles II avait concédé une grande partie du territoire de la Nouvelle-Suède, après que ses premiers occupants eurent abandonné toute prétention. Cette ville, à l'époque du voyage de Kalm, était, comme encore aujourd'hui, la seconde ville de l'Amérique Septentrionale, mais avec cette différence

que Boston tenait alors le rang de métropole, tandis qu'aujourd'hui c'est New-York qui l'occupe.

D'après le plan de son fondateur, la ville devait être bâtie sur un quadrangle de deux milles de long sur un mille de large, formé par l'union des rivières Delaware et Skulkill. Ce terrain avait été vendu à Penn par trois frères suédois du nom de Sven's Soener (fils de Sven). Kalm dit que la plupart des rues étaient belles, coupées à angles droits, et qu'elles avaient une largeur d'environ cinquante r>ieds. Quelques-unes étaient pavées. Les maisons, en pierres on en briques, à plusieurs étages, étaient bâties avec goût et recouvertes en bardeaux de cèdre blanc, cupressus thyoides, Linn. (Conifères), bois très léger, peu sujet à la pourriture. Une couverture faite de ce bois peut durer un demi-siècle.

" Parmi les édifices publics," ajoute Kalm, "je men- " tionnerai d'abord les églises, qui sont en assez grand " nombre ; car Dieu est se rvi de différentes manières " dans ce pays."

Et il nomme :

lo. L'église anglicane ou Christ Church, sise dans la partie nord de la ville, bâtie à la fin du 17e siècle et desservie par deux ministres qui recevaient d'Angleterre la plus grande partie de leur salaire.

Uo. L'église suédoise, autrement appelée église de Weekacko, au sud de la ville.

3o. L'église luthérienne allemande, au nord-ouest.

4o. La vieille église presbytérienne, bâtie en 1704, sur Market street.

5o. La nouvelle église presbytérienne, construite ëii 1750 par les New4ights ou prosélytes du célèbre Whitefîeld (le père des Méthodistes), qui dans les années 1739, 1740 et aussi en 1744 et 1745 (1), parcourut presque toutes les colonies anglaises, prêchant en plein air à d'immenses auditoires composés parfois de plus de 20,000 personnes, hommes, femmes et enfants. Franklin décrit dans son autobiographie l'effet produit sur les masses par la parole ardente du fougueux sectaire.

6;>. L'église de la vieille réforme allemande, desservie quelque temps auparavant, par deux ministres qui se querellaient continuellement au grand scandale de la ville. L'un d'eux, pour empêcher son confrère de prêcher, s'empara de la chaire un dimanche matin, et n'en descendit que le lendemain.

7o. Ces dissensions eurent leur effet accoutumé de susciter une nouvelle secte, qui prit le nom de nouvelle église réformée, et qui se bâtît un temple près de l'ancien.

Les Quakers tenaient leurs assemblées dans deux salles, l'une au Marché, et l'autre au nord de la ville.

Les Catholiques Romains avaient consacré au culte une maison sise au sud-ouest de la ville, spacieuse, bien ornée à l'intérieur et pourvue d'un orgue.

Les Frères Moraves faisaient leurs exercices religieux dans un vaste local qu'ils avaient loué ; mais ils sévirent contraints d'abandonner le service du soir, à cause des mauvaises plaisanteries de quelques jeunes impudents qui, cachés dans les coins, troublaient le chant des hymnes en jouant, à la fin des strophes, d'un instrument avec lequel ils imitaient à perfection le cri du coucou.

(I) D'après L'Encyclopédie Populaire — The Popular Eucyclopedia — Whitefield aurait prolongé son séjour en Amérique jusqu'en juillet 1748; il en serait donc parti à peine un mois avant l'arrivée de Kalm. (M.)

MiLADELPHIË. 15

Âu nombre des autres édifices publics de Philadelphie, Kalm mentionne encore :

L'Hôtel-de-Ville, situé dans la partie occidentale de la cité— bel édifice, très-spacieux, surmonté d'une tour contenant une cloche. Une de ses ailes était occupée par la bibliothèque provinciale, fondée en 1742 par Franklin, et qui contient de superbes collections de livres anglais, français et latins, d'instruments de physique et de mathématiques et de curiosités naturelles.

Le Palais de Justice, sur la rue du Marché.

L'Académie, à l'ouest de la ville, occupait l'emplacement d'une redoute qu'on y avait élevée à la fin de la dernière guerre, non sans débats cependant, car les Quakers s'opposèrent de toutes leurs forces à, sa construction. Mais les corsaires français et espagnols, ayant infligé des pertes cruelles à la ville, firent taire les scrupules de ces sectaires qui contribuèrent même de leurs deniers à l'érection de la forteresse.

Kalm s'extasie sur la beauté du climat de Philadelphie, et vante son eau; qui est claire, limpide et si abondante que chaque maison était pourvue de son puits.

La rivière Delaware a trois quarts de mille de large devant Philadelphie. La cité est à 90 ou 100 milles de la mer, et cependant les plus grands vaisseaux peuvent se rendre jusqu'à son port, et y mouiller dans cinq brasses d'eau. Seulement, chaque hiver, la navigation est arrêtée pendant un peu plus d'un mois.

Les chantiers de Philadelphie avaient de la réputation, dès cette époque, pour la solidité des vaisseaux qui en sortaient ; mais Kalm dit que le chêne d'Amérique ne Vaudra jamais celui d'Europe pour la construction des navires.

La ville faisait un grand commerce avec les Indes Occidentales, l'Amérique du Sud et les Antilles, où elle expédiait de la farine, du beurre, de la viande de boucherie, du bois de construction et des planches. En retour, ces pays y envoyaient du sucre, de la mêlasse, de l'indigo et du bois d'acajou de la Jamaïque, qui, déjà, se faisait rare.

Kalm donne un tableau de la valeur des marchandises expédiées d'Angleterre en Pennsylvanie de 1723 à 1747. Le total des importations, dans cette période de 25 ans, s'élève à «£1,312,838.17.6.

Il donne aussi des arrivages et départs de vaisseaux le tableau qui suit :

Années,

Arrivages.

Départs

Il y avait deux grandes foires par année à Philadelphie, l'une en Mai et l'autre en Novembre. La ville n'était pas entourée de murailles. Le gouverneur de la Province y résidait. Kalm dit que ce haut fonctionnaire était nommé par les descendants de William Penn, mais que son élection devait être confirmée par le roi d'Angleterre.

En 1743, une société pour l'avancement des sciences fut fondée à Philadelphie ; mais la guerre qui survint presqu'immédiatement après la fit tomber.

Il y avait trois imprimeries et trois journaux hebdomadaires, dont deux rédigés en anglais et l'autre en allemand.

En Novembre 1737, la ville reçut la visite de Scheik Sidi, prince du Liban, et en 1741, celle du comte de Sinzendorf, chef des Frères Moraves, qui se conduisit de manière à faire croire qu'il avait le cerveau dérangé.

En 1746, Philadelphie comptait environ 10,000 habitants. Voici un tableau de sa mortalité :

Années.

Décès.

Années.

Décès.

Années.

Décès.

Les registres des naissances n'étant pas régulièrement tenus dans toutes les églises, ces tables de mortalité perdent beaucoup de leur intérêt, vu qu'il est impossible de constater par leur moyen le surplus des naissances sur les décès. D'ailleurs, la population s'accroissait chaque année par l'arrivée d'un grand nombre d'immigrants.

En 1749, la ville comprenait 2,076 maisons. 11 n'y avait pas une seule manufacture de drap.

Tous les habitants jouissaient de la plus entière

liberté de religion. Il suffisait de croire en Dieu pour

avoir le droit d'exercer tous les privilèges du citoyen, B

et chaque citoyen pouvait se dire avec orgueil roi et maître dans sa maison.

Kalm se livre à des considérations philosophiques sur les progrès rapides de cette ville, qui ne comptait alors que 67 ans d'existence, et qui pouvait déjà rivaliser en richesse et en population avec les plus anciennes villes de plusieurs royaumes d'Europe.

7 Septembre. — Notre auteur donne le récit circons" tancié d'un cas de fascination : celui d'un cat-bird (muscicapa carolinensis, Linn.) charmé par un grand jserpent noir. Il ne fut pas témoin du fait lui-même ; mais il le tient d'une personne respectable qu'il nomme, un M. Peter Cork, marchand de la ville. (1)

Le Platane de Virginie, Platanus Occidentalis, Linn. (Platan&es), était très-commun sur les bords de la Delaware. Les Indiens font avec l'écorce de cet arbre des boîtes, des seaux et autres ustensiles de ménage* Il est, aussi, indigène du Canada.

18 Septembre. — Kalm, ce jour-là, fit une petite excursion de quatre milles à travers bois pour se rendre, tout en herborisant, à la maison de campagne de John Bartram. (2) Il était accompagné du sculpteur Hesse-

(1) Le nom de Museicapa ne peut convenir à l'uiseau appelé cat-bird par les Anglais; c'est une grive, la grive moqueuse, qui imite le cri du chat [Tardus mimus felivoco), et qui, bien loin de se laisser fasciner par le serpent noir [colubr conslriclor), lui fait une guerre acharnée. L'oiseau dont M. Peter Gock a raconté à Kalm la triste et lamentable histoire était probablement un gobe-monches, Muscicipa. (M.)

I] Bartram, John, botaniste et voyageur né en Pensylvanie en 1701. 1! a publié: Voyage de la Pensylvanie à Onondago, Oswego et au lac Ontario, Londres, 1751, in 8°. Son fils, William, a aussi publié un voyage (Philadelphie, 1791, in 8°, traduit en Français, 1799, 2 vols, in 8° ) où Ton trouve de curieux; détails d'Histoire Naturelle. Il est l'auteur aussi d'un tableau très complet d'ornithologie américaine 'M.)

lius, déjà nommé, et de son fidèle Yungstrœm. Comme nos botanistes passaient près d'un Persimon ou Plaquemier de Virginie — Diospyros Virginiana, Linn. (Ebénacées) — tout chargé de ses pommes, qui ont la grosseur et la couleur d'une petite orange, Yungstrœm, sur le conseil perfide d'Hesselius et tenté d'ailleurs par leur mine appétissante, en cueillit une et la porta à sa bouche ; mais il l'en retira de suite et la jeta à terre avec dégoût, apprenant à ses dépens que ce fruit n'est mangeable, même lorsqu'il est mûr, qu'après avoir passé par la gelée.

Voici une liste des arbres qui croissent spontanément dans les bois près de Philadelphie :

1 — Quercus alba, le chêne blanc (1), while oak (Querci" nées ou Cupulifères) — dans les terrains riches.

2 — Quercus nigra, ou chêne noir, blackoak.

3 — Quercus Hispanica, ou chêne d'Espagne, Spanish oak, variété du précédent

4 — Juglans alba, caryer on noyer blanc, hickory (Juglandées), dont il y a trois ou quatre variétés.

5 — Rubus occidenlalis, ou framboisier (2) noir d'Amérique, blackberry shrub (Rosacées).

i) — Acer ruWum, érable à fleurs rouges, maple tree, notre plane (Acerinées) — dans les lieux humides.

7 —Rhus glabra, ou sumac glabre, vinaigrier, smoolh leaved sumach (Anacardiacées) — dans les anciens champs de maïs dont la culture est abandonnée.

(1) Le chêne blanc est appelé par cerlains auteurs chêne de Qvéb c, bien qu'il soit un pou rare dans le Bas-Canada d'après M. l'abbé Pro. vancher. (M.)

(2) Du hollandais braambezie, fruit de la ronce. (M.)

8. — Vitis labrusca et vulpina, vigne lambrusque, raisin de renard (Ampelidées), vignes de différentes espèces.

!> — Sambucus Canadensis, ou sureau blanc d'Amérique. elder tree (Caprifoliacées) — le long des haies.

10 — Quercus phellos, chêne-saule ou chêne des marais, swamp oak.

11 — Azalea lutea, ou chèvrefeuille à tiges droites d'Amérique (1), honey-suckle — lieux secs dans les bois.

12 — Cratœgus crus galti, aubépine, ergot-de-coq, l'azérolier de Virginie, notre senellier (Pomacées) — dans les bois.

13 — Vaccinium airelle ou raisin des bois, bluet,

Whorile berry (Vacciniées).

14 — Quercus prinus, chêne châtaignier, chesnut oak — dans un sol riche.

15 — Cornus florida, ou cornouiller à cerises, cornelian cherry (Cornées) — dans tous les terrains.

16 — Liriodendron tulipifera, tulipier de Virginie, tulip tree (Magnoliacées) — dans tous les terrains. (2)

17 — Prunus Virginiana, ou cerisier à grappes, wild cherry tree (Drupacées).

18 — Vaccinium autre espèce d'airelle frutescente,

frutex ivhortleberry - -dans les terrains riches.

(1) Le chèvrefeuille (Lonicera) appartient à la famille des caprifoliacées. tandis que l'Azalée appartient à celle des éricacées. C'est donc mal à-propos qu'on a donné à cet arbuste le nom de chèvrefeuille d'Ame, rique. (M.)

(2) Introduit en Eii'ope fiai- l'amiral de la GalissonnKi-e en 1732. (M

19 — Prinos verticiltatus, apalanche vert, winterbtrry tree (Ilicinées)— -lieux humides.

20— Plaôanu s occidentalis, Platane de Virginie, waterbeech (Platanées).

21— Nyssa aquatica, tupelo tree (Nyssacées) (1) — dans les champs et sur les montagnes.

22 — Liquidambar Slyraeiflua, copal d'Amérique, arbre à suc résineux, sweet gum tree (Balsamifluées) — près des ruisseaux.

23 — Betula alnus, aune commun, aider, variété de l'aune suédois et un simple arbrisseau en Pensylvanie (Bétulacées).

24 — Fagus castanea, châtaignier, chesnut tree (Cupulifùres ou Quercinées) — champs et buissons.

25 — -Juglans nigra, noyer noir, black walnut tree (Juglandées) — -aux mêmes lieux que le précédent.

26 — Rhus radicaus, sumac grimpant, variété de l'herbe-àla-puce, twining sumach (Anacardiacées).

27 — Acer negundo ou Negundo fraxinifolium, Négondo ou érable à feuilles de frêne, ash-leaved maple (Acerinées) — terrains humides, marécageux.

28 — Prunus domeslica, le prunier domestique, wild plum tree (Drupacées).

(1) Dr. Linné no mentionne qu'une espace de Nyssa, la Nyssa aquatica, M. Kalm ne donne pas le nom de l'espèce; mais si celle qu'il a notée n'esl pas une espèce différente, elle doit au moins en être une variété, puisqu'il dit qu'elle croil surlesmontignrs, tandis que la Nyssa aquolica croit dans l'eau. F.

C'est peut-être la Nyss.a Villosa-^Twpelo Velu — grand et bel arbre de la Virginie. M

29 — Ulmus americana, orme blanc, white elm (Ulmacôes).

30 — Prunus spinosa, autre espèce de prunier sauvage, sloe shrub— terrains bas.

31 — Laurus sassafras, le sassafras (Laurinées) — terrains meubles mélangés de sable — arbrisseau au Canada.

32 — Ribes nigrum, gadellier noir, currant tree, avec les fruits duquel on fait le cassis (Ribésiacées ou Grossulariées).

33 — Fraxinus excelsior, frêne commun, ash tree (Oléinées) — terrains bas.

34 — Smi/ax lanrifoUa. smilace (Smilacinées) — dans les bois.

35 — Kalmia latifolia (à larges feuilles), le laurier nain d'Amérique, nommé d'après Kalm lui-même dwarf laurel (Ericacées) — sur le côté nord des montagnes.

36 — Morus rubra, mûrier rouge, mulberry tree (Morées) — dans les champs, sur les coteaux et dans le voisinage des maisons.

37— Rhus vernix, le sumac vénéneux, herbe-à-la-puce. poisonous sumach (Anacardiacées) — endroits humides.

38 — Quercus rubra, chêne rouge, red oak (Quercinées ou Cupulifères).

39 — Hamamelis Virginica, hamamelide de Virginie, coudrier des sorcières, witch hazel (Hamamelidées).

40 — Dyospiros Virginiana, plaqueminier de Virginie, , persimon (Ebénacées).

41 — Pyrus coronaria, pommier odorant de Virginie à petits fruits couronnés, anchor tree, crab-apple, pomme de Sibérie (Pomacées).

42 — Juniperus Virginiana, cèdre rouge, red Juniper (Conifères)— dans un sol pauvre et sec.

43 — Laurus œstivalis, laurier-benjoin, spice-wood (Laurinées) — terrains humides.

44 — Carpinus oslrya, Ostryer, bois-de-fer, horn-beam (Cu-

pulifères)— terrains riches.

45 — Carpinus betuius, charme commun,' horn-beam (Cupulifères) — mêmes lieux que le précédent.

46 — Fagus sylvatica, hêtre commun, beech (Cupulifères) — terrains riches.

47 — Jugians espèce de noyer qui croît sur les coteaux près des rivières (1), appelé par les Suédois Buiternustrœ (Juglandees) .

48. — Pi nus americana, sapin de la Pensylvanie, Pensylvaman fir-iree (Conifères) — sur le penchant nord des montagnes et dans les vallées (2).

49. — Betula lenia, merisier rouge, a species ofbirch (Bétulacées) — sur les bords des rivières.

50 — Cephalantus occidentalis, céphalante occidental, boisbouton, bultqn-wood (Ilubiacées)- -terrains- humides.

51 — Pinus lœda, pin à l'encens, New Jersey fir-tree (Conifères)— terrains sablonneux.

(1) Quere — Es!-ce le Jugians baccàia de Linné ? F.

(2) Otte espèce n'esl pas mentionnée par Linnô dans Spec. plant. F.

52 — Cercis Canaderisis, arbre de Judas, gainier du Canada, bouton-rouge, sallad tree (Césalpiniées) — terrains riches,

53 — Robinia pseudo-acacia, Robinier faux-acacia, acacia blanc ou commun, locust tree (Papilionacées)—- dans les champs.

54 — Magnolia glauca, magnolier, arbre des castors (Magnoliacées)— terrains marécageux.

55 — Tilia americana, tilleul d'Amérique, bois-blanc, limetree (Tiliacées) — terrains riches.

56- — Glediishia triacanthos, févier ou acacia à trois épines, carouge à miel, honey locust tree (Césalpiniées)— terrains riches.

57 — Celtis occidentalis, micocoulier de Virginie, nettle-tree (Celtidées) — champs.

58 — Anona muricata, anone, corossol, cachimentier, eustard-apple (Anonacées) — dans un sol fertile.

Par une journée splendide, Kalm se donna la jouissance d'aller rendre visite à plusieurs riches suédois établis à la campagne, dans les environs de Philadelphie, entre autres à un nommé André Ilambo. Il fait une description enthousiaste des beautés de la nature, des fleurs, des fruits, du feuillage encore vert des arbres, et du chant des oiseaux aux plumages variés et brillants. Une abondante rosée étant tombée le matin, il remarqua que les feuilles des plantes en étaient toutes imprégnées sur les deux côtés, à l'exception de celles de la molène commune —Bouillon-blanc, Verbascum Thapsus (Scrofularinées). " Chaque paysan," dit -il, " a " un verger près de sa maison Les pêches, si rares en

" Europe, et surtout en Suède, où il n'y a que les riches " qui en connaissent le goût, sont si communes ici qu'on " en donne souvent anx pourceaux." A sa grande surprise, un de ses compagnons enjamba par-dessus une clôture, et alla cueillir des fruits délicieux qu'il lui apporta, sans que les gens de la ferme, qui étaient présents, prissent seulement la peine de le regarder faire. " Un paysan suédois ne se laisserait pas enlever un navet avec autant d'indifférence." Il décrit ensuite la manière de faire sécher les poires pour l'hiver.

Le fruit de l'abel-mosch ou ambrette, plante de la famille des malvacées, à laquelle Kalm donne le nom de hibiscus esculentis, et que Miller, dans son Dictionnaire du Jardinier, a appelée Keimia Indica, coupé vert, fait une soupe excellente dont raffolent surtout les nègres (1). Avec le fruit du poivre de Guinée, capsicum annuum, piment (Solanées),on prépare des marinades et des sauces pour la viande et le poisson frit.

Les baies du sumac glabre ou vinaigrier, rhus glabra (Anacardiacées), donnent une teinture rouge, et, mises en solution avec les branches mêmes de l'arbuste, une teinture noire.

Kalm se livre à une longue dissertation sur le sumac vénéneux, rhvs vernix, appelé herbe-à-la-puce en Canada, et son action délétère sur la peau. Il raconte la triste expérience qu'en a faite son fidèle Yungstrœm. qui fut puni, par une cruelle démangeaison, de son scepticisme à l'égard des propriétés nuisibles de cette plante.

^ (h Les cosses de cette plante, sous le nom d'Okra ou ti'Ochro, font

aujourd'hui et depuis longtemps les délices des gourmets Anglo-Indiens. qui s'en servent pour épaissir les soupes, à quoi le riche rnucilage qu'elles

n-iifermcnt les rend éminemment propres. M

Il reçut en présent plusieurs échantillons de minéraux : un morceau de cristal blanc et transparent (1), des pyrites cuboïdes ou de Browallius (2) (marcassites) (3), des morceaux d'un marbre blanc à mouchetures de couleur gris-pâle ou bleuâtre, dont il y avait une carrière à quelques milles de Philadelphie, des fragments de pierre de Moscovie (4), de pierre à chaux de couleur gris-pâle d'une pâte fine et compacte (5).

On n'avait pas encore trouvé à cette époque les mines de houille qui font aujourd'hui la richesse de la Pensylvanie. Voici ce que dit Kalm à ce sujet : " On n'a " pas encore découvert de houille en Pensylvanie ; mais " des gens prétendent en avoir vu plus haut dans le " pays habité par les natifs. Beaucoup de personnes^ " cependant, s'accordent à penser qu'il s'en rencon- '; tre en grande quantité plus au Nord, près du Cap " Breton" (6).

(1) Nilrum Grysiallus Montant, Linn. Syst. nat., 3 p. 84. Crysiallus hexagona pellucida non colorata. Wallerius' s Mineralogy p. 100. Grysiallus Montana, cristal incolore. Forster's Introd. to Mineralogy, p. 13.

yï) Evoque d'Abo en Finlande, naturali te. M.

(3) Pyrites crystilUnur,, Linn. Syst. nat. 3, p. 1 13. Marchasilaè hexaL jricae tesselares. Wallerius's Mineralogy, p. 211. Marcasilae vel cryslalli pyrilacei, marcasites. Forster's Introd. lo Mineralogy, p. 39.

(4) Mica membranacea, Linn. Syst. nat. 3, p. 58.

Mica membranacea pellucidissima flexilis alba. Wall. Min , p. 120. Verre.de Russie, verre de Moscovie, Isingiass, vilrum rullunicum. vilrum Mariât. Forster's Introd. to Vin., p. 18.

(")) Marmor rude, Linn. Syst. nat. 3, p. 4L

Calcareus parliculis scintWantibus. Wall, Min., p. 39.

Calcareus scintillant, pierre à chaux étincelante. Forster's Introd. to Min., p. 9.

(6) Otte opinion a été confirmée depuis que le Gap Breton est entre les mains des Anglais, et on rapporte que les lits de houille courent à travers toute l'étendue de l'île, et qu'il y en a même qui remontent jusqu'au bord «le la mer, de sorte que l'île produira d'immenses richesses houillères, lorsque le gouvernement jugera à propos de les livrer à l'exploitation pour le bénéfice de la nation. F,

Page 1