‹ Voyage de Kalm en AmériqueChapitre 19 sur 32 · WILMINGTON, CHICHESTER, CHESTER · texte numérisé non relu

WILMINGTON, CHICHESTER, CHESTER

phytolaque, à cause de son port noble et de ses belles grappes de rieurs et de fruits qui se succèdent toute Tannée,

Kalm arriva à Wilmington le 4 Octobre. Cette petite ville fut fondée en 1733. Dans l'été de 1748, on y érigea une redoute pour la protéger contre les incursions des corsaires français et espagnols.

Dès le lendemain, le voyageur suédois repartit pour Philadelphie, suivant tantôt la voie publique, tantôt de petits sentiers à travers bois, examinant avec soin toutes les productions du sol.

Le lierre (1) et la vigne-vierge (2) grimpaient entrelacés avec le srnilace (3) jusqu'à la tête des plus grands arbres. Le mélange de leurs feuilles rouges et vertes produisait le plus bel effet.

Kalm vit pour la première fois, à Chichester, bourg sur la Delaware, où les voyageurs passaient la rivière dans un bac, un canot fait d'un seul tronc de cèdre creusé.

En Pensylvanie et dans le New- Jersey, on employait les graines de l'ansérine authelmintique (Chenopodôes) comme vermifuge.

Il y avait beaucoup de vergers à Chichester, et on y faisait du cidre.

Après une courte pause à Chester, petite ville de marché sur la Delaware, notre voyageur se remit en

(1) Hélera Hélix, Englis'i 1\ y tAraliacées). M.

(2) Hcdera Quinquefolia (Ampelidées), t^pècc 'If Cisso M

(3) Smilax laurifolia. M.

route, et le 6 Octobre au soir, il était de retour à Philadelphie. Le lendemain, il traversait la Delaware en bateau, et passait la journée dans le New-Jersey. Il fut frappé de la pauvreté du sol de cette province. L'asperge (1) y était commune ; Kalm pense qu'elle est une plante indigène de l'Amérique, parce qu'il l'y a rencontrée souvent à l'état sauvage.

Le pourpier potager (2) se trouve partout aussi à l'état sauvage.

Le bident bidens bipinnata (Composées), dont les graines, garnies de trois épines armées à leur extrémité de petits crochets, s' attashent aux vêtements avec une ténacité qui fait pester les ménagères.

Parlant des huîtres de Philadelphie, Kalm dit qu'autrefois on faisait du mortier avec leurs écailles ; mais on s'est aperçu que les murs des maisons dans la construction desquelles on avait employé cette espèce de ciment suintaient toujours.

Les ravages causés par un petit insecte de la classe des coléoptères (8) avaient fait abandonner la culture des pois. Il s'en est peu fallu que le savant professeur n'introduisît lui-même, involontairement, cette vermine dans son pays. Lors de son départ de l'Amérique, il avait mis dans un papier des pois d'odeur verts et tout frais cueillis, parfaitement sains en apparence. Mais quand, à son arrivée à Stockholm, le 1er Août 1751, il ouvrit l'enveloppe qui les contenait, il se trouva que tous les pois étaient creux et renfermait, chacun, un insecte en train de sortir de sa prison, déjà la tête à la fenêtre et

(1) Asparagus (Liliacées). M.

(2) Portulaca oleracca (Portulacées). M. (.3) La bruche des pois, Bruchus p:si. TVJ .

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