‹ Voyage de Kalm en AmériqueChapitre 5 sur 32 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

Lorsque Kalm dit que les françaises du Canada sont jolies, bien élevées, vertueuses, un peu moqueuses peut-être, et portées au badinage, mais en toute innocence de cœur, et de plus, qu'elles sont meilleures ménagères que leurs voisines des plantations anglaises, nous n'avons pas de peine à croire qu'il a tracé un portrait fidèle de la canadienne d'alors, puisque nous en retrouvons tous les traits dans son arrièrere petite fille d'aujourd'hui.

Mais pourquoi Forster, qui n'est pas anglais, se sent-il le besoin de protester contre l'assertion que la française est meilleure ménagère que l'anglaise ? Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il est d'une susceptibilité à rendre des points au plus chatouilleux de Ano-lo-Saxons. Encore n'est-il pas heureux dans la défense qu'il entreprend en faveur du beau-sexe des colonies anglaises ; et son protêt n'est-il au fond que le plaidoyer d'un avocat qui sent son client coupable et qui se laisse toucher par ses promesses d'amendement. C'est une sortie qui vaut la peine d'être lue à cause de sa naïveté par trop tudesque (1).

Kalm, en parlant des dangers de la navigation sur le St. Laurent, rappelle le désastre arrivé aux Sept lies (2) à la flotte de l'amiral Sir Hovenden Walker :

(1) Voir traduction, page 43 .

(2) 22 août 1711.

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