INTRODUCTION XXI
grande culture de ferme est peu considérable. Un autre désavantage de la Colombie est la rareté ou plutôt la singulière nature des herbages propres à l'élevage des bestiaux. Ces herbages ne se composent que du bunch grass, plante particulière au versant du Pacifique et tout-à-fait différente de celles qui recouvrent les prairies du versant oriental. Elle croît plantureuse et luxuriante sur les pentes des monts et des plateaux, toujours belle et savoureuse quand même elle n'est rafraîchie que par les neiges de l'hiver dans une année sans pluie ; elle forme des touffes qui atteignent une hauteur de cinquante à quatre-vingts centimètres et un diamètre de vingt-cinq, en tenant chaque touffe parfaitement isolée de ses voisines. Malheureusement il faut deux ou trois années à ces touffes pour repousser une fois tondues, et la dent des bestiaux les arrache trop aisément à cause du peu de profondeur de leurs racines. Il s'en suit, non-seulement qu'il faut des étendues considérables aux herbages, mais encore que plusieurs des plus beaux, entre autres ceux de Lilloet, ont été détruits en quelques années. Dans Vancouver, les meilleures terres à culture sont sur le littoral; mais, contrairement à l'opinion générale, un explorateur, M. R. Brown, affirme qu'on y en trouvera suffisamment pour nourrir une population bien plus considérable que celle que l'île peut recevoir d'ici à longtemps. Quant à l'Archipel, la surface en est couverte