INTRODUCTION XXV
i( des plaines, comme je vous percerais le cœur ! » « C'est justement cela, répond froidement le docteur. « Vous ne ferez rien de pareil, parce que vous n'êtes (( pas un indien des prairies : ceux des bois ne sont « pas des brigands. » A ces mots, Kînémontiayou laisse tomber son couteau et lâche l'homme blanc. Notre voyage contient d'autres traits d'égale valeur et qui prouvent que ces sauvages des bois poussent leur honnêteté native jusqu'à l'héroïsme; comme, de l'autre côté des montagnes, les Ghouchouaps ne témoignent à l'égard des blancs que l'émulation de la docilité et de l'obligeance.
Quant à ceux des plaines, les Sioux ou Dacotas, les Cries et surtout les Pieds Noirs, ce ne sont sans doute pas les plus douces gens du monde, et, s'ils sont poussés par le désespoir et la famine, par la passion de la rapine et la rage de la guerre, ils s'emportent à scalper et à massacrer leurs ennemis, même leurs victimes; mais, à nombre égal, ils sont peu redoutables, et leur quantité ne tardera guère à être inférieure à celle des blancs. D'ailleurs la famine et les maladies les déciment, car la famine est l'état naturel, la conséquence accoutumée de leur vie sauvage. Ces hommes répugnent non-seulement à la culture mais à tout autre travail, et ne vivent que de leur chasse au bison. Ils ont toujours tué le bison au-delà de leurs besoins et des moyens qu'ils avaient de le conserver; ils l'ont