XXVI INTRODUCTION
presque tué pour le plaisir de tuer ; mais, tant qu'ils n'ont pas possédé d'armes à feu, ils ne l'avaient pas détruit; d'ailleurs ils ont aujourd'hui pour rivaux, dans leur massacre, les blancs et leurs métis : non-seulement leur territoire de chasse se resserre chaque jour, mais la venaison qu'ils en retirent devient plus rare. Or une famille d'Indiens vivant de chasse, guerriers, femmes et enfants, dix en tout, a besoin d'un état presque aussi grand que le comté de Norfolk ou qu'un des départements français, et des milliers de laboureurs vivraient avec abondance dans l'espace nécessaire à un Indien chasseur pour vivoter misérablement. Voilà l'explication des famines constatées par MM. Milton et Gheadle qui se sont, on le sait, renouvelées après leur voyage dans l'Amérique du Nord.
Sur ce vaste district, il n'y a quelque agglomération de populations d'origine européenne, pure ou mélangée, qu'à des intervalles très-éloignés l'un de l'autre, comme aux lacs Sainte Anne et Saint Albans, au nord d'Edmonton, ou comme, vers l'extrémité méridionale du grand lac Ouinnipeg, sur les bords de la Rivière Rouge, au fort Garry, qui est le centre de ce qu'on appelle la colonie de la Rivière Rouge. Les habitants y sont des Ecossais, des Anglais et des Franco-Canadiens, dont les métis parlent la langue de leurs ancêtres européens , depuis le gaélique pur jusqu'au français normand. Ici l'on nous permettra de com-