‹ Voyage de l'Altantique ua PacifiqueChapitre 27 sur 43 · DE LA BELX.E-PRA1RIE AUX MONTAGNES ROCHEUSES · texte numérisé non relu

DE LA BELX.E-PRA1RIE AUX MONTAGNES ROCHEUSES

Départ de la Belle-Prairie. — Fort Pitt et sa colonie, — Cries et Pieds-Noirs. — L'Assiniboine. — Passage de la Saskatchaouane. — Edmonton. — Colonie de Saint-Alban et le P. Lacome. — Les Pieds-Noirs courent le Crie. — Chœurs des chiens. — M. O'B.... — Nous consentons à l'emmener. — Nous préférons aux autres le col de la Cache de la Tête Jaune.

— Antipathie de M. O'B et de TAssiniboine. — Départ

d'Kdmonton. — Les oiseaux. — L'Assiniboine, les ours gris et M. O'B.... — Le Mac Leod. — L'Assiniboine devient notre guide. — Incendie de la forêt. — L'Athabasca et les Montagnes Rocheuses. — Chasse aux moutons gris. — Jasper House et ses environs.

Le 3 avril nous avions chargé nos charrettes. Nous tournâmes le dos à la Belle- Prairie avec quelques sentiments de tristesse. Nos amis indiens étaient tous absents et nous partions en regrettant de n'avoir pu faire nos adieux ni au Chasseur ni à Miscouépémayou. Le 6 avril , nous atteignions la Saskatchaouane. Elle était encore bien prise et nous la passâmes sur la glace. A Carlton, nous trouvâmes Treemiss qui partait pour l'Europe. La Ronde le suivit le lendemain, allant à la Rivière Rouge. Nous

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envoyâmes Rover avec eux, car nous avions peur de le perdre après être arrivés dans la Colombie Britannique. Ce fut une faute que nous déplorâmes toujours. Pour nous guider vers l'ouest , nous engageâmes Baptiste Supernat, métis français, grand et fort, qui prétendait connaître, jusqu'à la Cache de la Tête Jaune, sur le versant occidental de la principale chaîne des Montagnes Rocheuses, la route que nous avions l'intention de suivre. Après être restés trois jours à Carlton, nous passâmes de nouveau la rivière sur la glace, malgré l'annonce de la débâcle, et nous remontâmes lentement le long de la rive gauche de la Saskatchaouane du nord dans la direction du fort Pitt. Nous emmenions deux charrettes et deux chevaux, et, comme nous n'avions à notre service que Baptiste, l'un de nous conduisait tandis que l'autre allait en avant pour chasser. Le temps était beau, éclatant, et la neige avait presque partout disparu. Des volées d'oies et de canards passaient sans interruption, si bien que le bruit de leurs ailes, comme ces oiseaux se dirigeaient vers le nord, ne cessait pas de la nuit et nous empêchait presque de dormir.

Au lac des Brochets {Jach-Jish Lake), nous rencontrâmes Gaytchi Mohkémarn et quelques Cries des Bois de sa connaissance. Gaytchi nous fit des excuses au sujet de l'extrême nécessité qui l'avait obligé, cet hiver, à consommer notre viande. Ces Indiens nous quittèrent après nous avoir accompagnés une journée, et en ayant réellement l'air chagriné à l'idée de ne plus nous revoir.

Nous étions encore à quelques journées du fort Pitt, quand nous fûmes rejoints par une bande des employés de la Compagnie; ils venaient de Carlton, et nous tinrent compagnie jusqu'à Pitt. Ils marchaient à pied, ayant leurs bagages portés sur des travailles que traînaient des chiens. Une travaille est une machine in-

dienne i qui se compose de deux perches attachées ensemble, de façon à former un angle aigu, et maintenues par des traverses. Le sommet de l'angle porte sur le dos du chien ou du cheval; l'extrémité des perches divergentes traîne sur le sol, et le bagage est attaché aux traverses. Les Indiens s'en servent en place de charrettes. Nos nouveaux compagnons se trouvaient à bout de provisions et de munitions, en sorte qu'ils vécurent désormais à nos dépens, et, comme nousmêmes nous étions assez peu en fonds, il nous fallut travailler dur pour tuer des canards et des poulets de prairies en nombre suffisant; car dix hommes affamés dévorent une fameuse quantité d'oiseaux.

Une des habitudes des tétras des prairies nous mit à même de nous en procurer beaucoup. Au printemps, ces oiseaux se rassemblent lors du lever et du coucher du soleil, au nombre de vingt à trente, dans une place choisie, qui ordinairement est sur un bas coteau ou quelque plateau. Là, ils se mettent à danser, mais comme des fous. Le tétras des prairies est un oiseau qui court, au lieu de procéder par des sautillements. Eh bien! dans ces réjouissances, on les voit ouvrir leurs ailes, poser leurs deux pieds ensemble, et sauter comme des hommes dans la danse du sac , ou des oiseaux dans une pantomime. Ils s'avancent l'un vers l'autre, font un tour de valse et passent à un autre.

I. Nous ne sommes sûr ni de l'orthographe, ni du genre, ni de la signification exacte de ce substantif à cause d'une phrase du Tour du Monde, 1860, I, p. 275, où il est dit : a M. Palliser partit seul avec son fidèle Ismah, un grand chien loup de race indienne, attelé à un travail ou traîneau léger qui portait toute la fortune du voyageur ». — Le capitaine Burton en allant chez les Mormons a fait la rencontre de bandes d'Indiens emportant tous leurs biens sur des traîneaux de ce genre et il en fait la description ainsi que des chiens qui y sont attelés. (V. notre édition des Voyages du capitaine Burton, p. 235 et suiv.) — J.-B.

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Cette cûntredanse des poulets de prairies est des plus amusantes; et, quand les oiseaux s'y livrent, ils s'y absorbent assez pour qu'on puisse les bien approcher. L'état du terrain fait aisément reconnaître la place de leur rendez-vous. L'herbe foulée ou même détruite par le continuel battement de leurs pieds forme un cercle remarquable.

Nous espérons que la nécessité absolue peut nous servir d'excuse si nous avons tiré parti de leur passion pour ce divertissement de bonne société, et si nous avons dispersé et ensanglanté le bal des hôtes de la prairie. Jamais nous ne nous y sommes résolus que quand la faim impitoyable nous obligeait à nous procurer des vivres le plus rapidement possible.

Le fort Pitt, où nous arrivâmes le 20 avril, ressemble par la construction et par l'étendue à celui de Garlton. Il est comme lui placé sur l'atterrissement plat qui se trouve plus bas que l'ancienne rive élevée de la Saskatchaouane, C'est lui qui fournit aux postes éloignés des plaines la plus grande partie du pemmican et de la viande sèche qui sont nécessaires à leur approvisionnement. Il est rare que le bison se tienne bien loin du fort Pitt et souvent il arrive, quand la disette règne à Carlton et à Edmonton, que les gens du Petit Fort 1, comme on l'appelle, se régalent de viande fraîche tous les jours.

On y cultive la terre d'une façon primitive, il est vrai, mais qui donne d'abondants produits. On y récolte des pommes de terre en grande quantité et d'une grosseur immense, les carottes et les navets y prospèrent également, et l'on ferait ici certainement autant

I. Le nom de Petit Fort nous semble bien être dû à une interprétation erronée de celui de fort Pitt Quelle que soit la

répijtation des deux Pitt, il est permis de croire qu'elle n'est pas clairement comprise par les Peaux-Rouges ni par les métis. — J.-B.

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de blc qu'à la llivière Rouge ou à Edmonton, si l'on ne manquait pas de marché pour le vendre.

Cette petite colonie était tout en émoi à l'intérieur comme à l'extérieur du fort. Les Cries et les Pieds- Noirs avaient fait la paix depuis quelque temps, et de grands campements des deux nations étaient établis à une ou deux journées de distance. Il en venait des essaims continuels de visiteurs, tous désireux de profiter de la rare occasion que leur présentait une paix dont la durée était comme toujours très-problématique. Pour ces visites officielles que les membres d'une tribu faisaient à ceux de l'autre, les hommes se mettaient dans leur plus belle toilette et s'ornaient de leurs plus riches peintures. La parure d'un dandy parmi les Cries consistait en jambières et en couvertures écarlates, complétées d'une foule de rubans au bonnet, s'il en portait ; dans le cas contraire, sa chevelure était divisée en une longue queue pendante par derrière et en deux plus courtes qui accompagnaient par devant les côtés de la face, chacune d'elles étant entourée du laiton le plus brillant; le vermillon formait un rond autour des yeux et de la bouche, une bande sur le nez et une plaque sur chaque joue.

Quant aux Pieds-Noirs, nous en vîmes une bande qui durant notre séjour vint faire des échanges. C'étaient de beaux hommes, mieux habillés et plus propres en général que les autres Indiens. Peut-être moins grands que les Cries, ils étaient pourtant d'une haute stature et bien faits. Leurs figures étaient trèsintelligentes. Ils avaient les traits caractérisés; le nez était large, bien formé, droit ou légèrement courbé à la romaine ; leurs pommettes ressortaient moins et leurs lèvres étaient plus minces que celles des Cries. La bouche était large et leurs dents admirablement blanches, comme chez tous les Indiens. Leur habillement se distinguait fort peu de celui des Cries, si ce

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n'est qu'il était en meilleur état et plus propre. Les figures des hommes et des femmes étaient aussi fortement coloriées en vermillon i. Ces dernières étaient vêtues d'une façon très-singulière et très-remarquable. Elles portaient de longues robes de peau de bison, rendues très-douces et très-souples, et teintes avec de l'ocre jaune. La robe était serrée à la poitrine par une large ceinture de même confection, mais ornée à profusion de petites plaques rondes de métal, ayant la dimension de la monnaie anglaise appelée couronne, et parfaitement polies. Ces Indiens conservaient dans leur maintien une véritable dignité et supportaient avec beaucoup de patience la curiosité d'une foule de métis et de Cries, qui examinaient avec le plus vif intérêt une race qu'ils ne voient guère qu'en la rencontrant sur le champ de bataille.

Malgré la proclamation de la paix, il était assez probable que quelque jeune héros Crie ne résisterait pas à la tentation de dérober des chevaux aux Pieds-Noirs. Le commandant M. Chantelaine avait donc eu la précaution de les fairerentrerpourlanuitainsi que les nôtres dans l'enceinte du fort. Dans la matinée, un Crie accourut, du camp de la plaine, pour nous dire que les hostilités étaient imminentes, parce qu'une femme Crie avait été tuée dans le camp des Pieds-Noirs. Elle y était allée pour épouser un chef; mais, à son arrivée, un autre Pied-Noir s'était épris d'elle. Une querelle s'était élevée, et, pour y mettre fin, un des rivaux avait frappé la femme au cœur. M. Chantelaine donna immédiatement avis de cette nouvelle au chef des Pieds-Noirs et lui conseilla de partir sans retard. Le chef y consentit. Quelques minutes après, lui et les siens avaient passé la rivière. Comme ils touchaient la rive opposée, un coureur des Pieds-

I. Voir pour ces vêtements des Peaux-Rouges la gravure de la p. 285, Tour du Monde, 1860, I. — J.-B.

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Noirs, dépouillé de tous ses vêtements , arriva hors d'haleine, hors de sens, et leur redit le danger imminent où ils se trouvaient. Heureusement Talarme était sans fondement, et la paix demeura observée des deux partis durant les quelques semaines que nous demeurâmes près de la Saskatchaouane.

Au fort Pitt, nous fîmes l'engagement d'un autre homme, qui, de même que Baptiste, se prétendait disposé à nous suivre partout oii nous irions. Notre nouveau serviteur s'appelait Louis Battenotte , ou, suivant un sobriquet qui faisait presque oublier le nom, l'Assiniboine, parce qu'il avait, durant son enfance, été élevé par cette tribu. C'était un homme d'une force athlétique, quoique détaille moyenne. On l'aurait volontiers pris pour un Indien. Sa chevelure longue et noire était contenue dans un filet de soie; il avait le nez aquilin d'une façon très-prononcée, la bouche petite et les lèvres fort minces et fort délicates. Ses façons étaient pleines de charme et d'agrément, dont l'effet était encore augmenté par la douceur singulière et par le timbre musical de sa voix.

Pendant notre séjour au fort'Pitt, son plus jeune enfant tomba malade et mourut. Cette perte le rendit ainsi que sa femme assez malheureux, assez mécontent du sort, pour désirer quitter le lieu de son infortune. Il s'offrit à nous accompagner. Nous étions très-disposés à nous assurer les services de l'homme qui avait la réputation d'être le voyageur et le chasseur le plus habile de tout le canton; nous le souhaitions même vivement, mais nous ne nous souciions pas du tout de prendre en même temps sa femme et son fils, ce dernier n'ayant que treize ans. Cependant nous étions tellement charmés par lui que, malgré tous nos scrupules sur la prudence d'admettre des personnes que nous trouvions inutiles à un voyage aussi périlleux que le nôtre à travers les montagnes, à travers un

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pays oti la nourriture devait être difficile à trouver, nous finîmes par lui donner un plein consentement. Or cet arrangement, qui paraissait alors si peu justifiable aux yeux de notre sagesse, devint, il faut l'avouer, la principale cause de notre salut.

L'Asdniboine n'avait qu'une main : la gauche lui avait été détruite par un fusil qui avait éclaté en ne lui laissant que deux doigts; mais il avait autant d'adresse et d'habileté que s'il n'eût pas été manchot. Cependant la douceur de ses manières insinuantes, qui nous avait séduits, n'était pas d'accord avec son caractère; car il était violent et passionné. Bien que la bonté rayonnât sur toute sa personne et qu'il roucoulât aussi tendrement qu'une tourterelle lorsqu'il était calme; si la colère l'emportait, sa ligure prenait une expression diabolique et sa voix tonnait comme le rugissement d'un lion. Disons tout de suite que, dans les nombreuses épreuves que nous eûmes à subir, il se montra un serviteur aussi utile que fidèle et ne nous donna jamais lieu d avoir à regretter de nous être laissés aller à la séduction de ses manières. Par la suite, nous avons appris que, dans une querelle, il avait tué jadis un autre métis, et qu'en conséquence il avait été remercié du service de la Compagnie et excommunié par son prêtre. Mais le mort était, de notoriété publique, un vaurien, qui faisait la terreur de tous les métis, et chacun s'accordait pour déclarer que l'Assiniboine avait été provoqué d'un façon intolérable et que l'acte avait été accompli dans un instant de colère.

Nous partîmes du fort Pittj le 28 avril. Afin d'éviter la rencontre des nombreux partis d'Indiens des plaines qui erraient sur la rive méridionale de la Saskatchaouane, nous prîmes par le nord. La nuit qui suivit notre départ, nous exerçâmes une garde vigilante autour de nos chevaux, parce que nous craignions

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que les Indiens, à qui nous les avions achetés, n'eussent la fantaisie d'essayer de nous les reprendre. II n'est pas rare, en effet, qu'ils aient les plus vifs remords de s'être séparés de leurs chevaux et que, pour mettre leur conscience en repos, ils se les restituent. Mais la nuit fut paisible ; et, le jour étant venu, nous prîmes quelques heures de repos avant de nous mettre en route.

Chemin faisant nous rencontrâmes souvent les marques des travaux faits par le castor à des époques éloignées de nous, lorsque sa race était nombreuse et puissante. Entre autres, datis un endroit, il y avait une longue chaîne de marais qu'avait causés un e.ndiguement construit à travers un ruisseau, qui dès lors avait cessé d'exister i.

A un endroit nommé les Collines des Serpents [Snake Hills] ^ nous regagnâmes la Saskatchaouane ; et comme, à partir de là, la route gauche n'était plus qu'un sentier pour les bêtes de somme à travers la forêt, nous nous disposâmes à franchir la rivière pour reprendre la route carrossable qui suit la rive méridionale. Cette entreprise nous embarrassa d'abord; car la rivière était large et profonde, et nous ne voyions pas dans le voisinage d'arbres propres à faire un radeau. Mais les talents de l'Assiniboine ne furent pas longtemps en défaut. Il construisit un frêle châssis avec du saule vert, attaché par des bandes de cuir; il couvrit le tout d'une peau de bison cousue à petits points et bien graissée à tous les trous. Ce léger canot avait un mètre quatre-vingt-deux centimètres en longueur, soixante centimètres de large et autant de profondeur. Baptiste fit l'office de passeur et transporta en sûreté tout le bagage de l'autre côté. Ensuite vint le tour de Cheadle. Son poids énorme, joint à

I. Il faut prendre ici la seconde carte pour suivre la route des voyageurs, — J.-B.

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celui de Baptiste, fit enfoncer le frêle esquif jusqu'au bord. Il fallut attacher à un côté une bûche pour empêcher le canot de chavirer. Puis on tenta l'aventure. Le moindre balancement faisait entrer dans l'embarcation l'eau, qui y pénétrait déjà rapidement à travers la peau perméable dont elle se composait. Cheadle suivait avec angoisses les progrès de l'enfoncement d'un des vaisseaux les plus fragiles auxquels un mortel ait jamais confié sa vie. L'infiltration de l'eau augmentait; à l'extérieur, Teau montait aussi; déjà elle avait l'air d'être plus haute que les bords. Or il faisait presque nuit. La perspective de couler à fond devenait si imminente que le passager s'en alarmait de plus en plus. Enfin la rive fut atteinte, mais juste à temps, car l'eau se précipitait par-dessus les bords.

Milton passa ensuite. Le reste demeura en arrière pour effectuer, le lendemain matin, le transport des chevaux et des charrettes. Ces dernières traversèrent d'une façon aussi simple qu'aisée. Un des brancards de chacune d'elles ayant été attaché au moyen d'une corde à la queue d'un cheval, les animaux furent mis à l'eau; on poussa derrière eux les charrettes et, comme elles étaient tout à fait en bois, elles flottaient dans leur position ordinaire, et les chevaux les tiraient sans difficulté en nageant.

Après avoir rechargé les charrettes, nous reconnûmes à l'essai que la berge avait trop de raideur pour que les chevaux pussent la gravir en les traînant. Cependant nous n'avions aucun harnais de rechange pour atteler un second cheval à une voiture; en conséquence, nous dûmes y remédier, comme on le fait dans ce pays, en attachant une courroie de la queue d'un cheval à un brancard de la voiture. Puis il fallait avoir soin de partir en douceur, afin de ne pas disloquer les vertèbres de la queue de notre animal. Voilà comment, avec l'aide de Milton et du jeune Assini-

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