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lecteur a déjà vu des exemples, -
de l’arrivée de M. Sinclair, les grands troupeaux néanmoins s'éparpillaient déjà et les femelles, qui sont beaucoup plus farouches que les mâles, s'étaient retirées au loin vers le sud. Il nous apprit aus.. qu'il avait rencontré le parti des Cries qui avait ramené Treemiss à notre camp, lorsqu'il s'était égaré. Ils lui avaient conté toute notre entrevue et ne lui avaient pas caché qu'ils en avaient été fort désappointés et qu'enfin, très-tentés par la vue de nos chevaux, ils avaient effectivement arrêté le projet de s’en emparer. En conséquence, une grosse bande d’Indiens avait soigneusement suivi notre marche le lendemain ; mais, arrivée à notre vieux camp près de la rivière, c’est-àdire à la place où nous avions changé de route à angle droit, il lui avait été impossible de retrouver notre piste, et elle en avait tiré la conclusion que nous avions passé la rivière. Nous fûmes aises d'apprendre que nos soupçons n'avaient pas été mal fondés et surtout de voir le plein succès du stratagème que nous avions adopté.
Le soir qui suivit notre route à Carlton, les métis € à notre honneur donnèrent un bal. A ceteffet, M. Lillie leur livra sa meilleure chambre ; quant à nous, nous fournîmes les rafraîchissements sous l'espèce du rhum. C'était sans doute l'espoir que nous en agirions ainsi qui faisait l’un des plus grands charmes de la soirée qu'on nous avait offerte. Les hommes vinrent en tenue de fête, le sac à feu 1 orné de verroteries, la ceinture éclatante, les jambières bleues ou écarlates attachées sous le genou avec des jarretières à verroterie, et des moccasins soigneusement brodés. Les femmes avaient des jupes courtes à couleur brillante, découvrant les
1. Le sac à feu est une espèce de gibecière dans laquelle en tuent le briquet, l’amadou et les allumettes à couvert de cette humidité qui jette les voyageurs dans des embarras dont le
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