‹ Voyage de l'Atlantique au Pacifique [microforme]Chapitre 30 sur 93 · LÉ QUOIMS DE PROS TRE · texte numérisé non relu

LÉ QUOIMS DE PROS TRE

ÿe L;

pe é Fe ï

de bié qu’à la Rivière Rouge ou à Edmonton, si l'on ne manquait pas de marché pour le veridre.

Cette petite colonie était tout en émoi à l'intérieur comine à l'extérieur du fort. Les Cries et les Pieds- Noirs avaient fait la paix depuis quelque temps, et de grands campements des deux nations étaient établis à une ou deux journées de distance. Il en venait des essaims continuels de visiteurs, tous désireux de profiter de la rare occasion que leur présentait une paix dont la durée était comme toujours très-problématique. Pour ces visites officielles que les membres d’une tribu faisaient à ceux de l’autre, les hommes se mettaient dans leur plus bciie toilette et s’ornaient de leurs plus riches peintures. La parure d’un dandy parmi les Cries consistait en jambières et en couvertures écarlates, complétées d'une foule de rubans au bonnet, s’il en portait ; dans le cas contraire, sa chevelure était divisée en une longue queue pendante par derrière et en deux plus courtes qui accompagnaient par devant les côtés de la face, chacune d’elles étant entourée du laiton le plus brillant ; le vermillon formait un rond autour des yeux et de la bouche, une bande sur le nez et une plaque sur chaque joue.

Quant aux Pieds-Noirs, nous en vimes une bande qui durant notre séjour vint faire des échanges. C'étaient de beaux hommes, mieux habillés et plus propres en général que les autres Indiens. Peut-être moins grands que les Cries, ils étaient pourtant d’une haute stature et bien faits. Leurs figures étaient trèsintelligentes. [ls avaient les traits caractérisés; le nez était large, bien formé, droit ou légèrement courbé à la romaine ; leurs pommettes ressortaient moins cet leurs lèvres étaient plus minces que celles des Crics. La bouche était large et leurs dents admirablément blanches, comme chez tous les Indiens. Leur habillsment sc aistinguait fort peu de celui des Cries, si ce

n'est qu'il était en meilleur état et plus propre. Les figures des hommes et des femmes étaient aussi fortement coloriées en vermillon !. Ces dernières étaient vêtues d’une façon très-singulière et très-remarquable, Elles portaient de longues robes de peau de bison, rendues très-douces et tiès-souples, et teintes avec de l'ocre jaune. Là rohe c'ai serrée à la poitrine par une large ceinture üe ‘1:17 confection, mais ornée à profusion de petites ques rondes de métal, ayant la dimension de la monnais anglaise appelée couronne, et parfaitement polies. Ces Indiens conservaient dans leur maintien une véritable dignité et supportaient avec beaucoup de patience la curiosité-d’une foule de métis et de Cries, qui examinaient avec le plus vif intérêt une race qu'ils ne voient guère qu'en la rencontrant sur le champ de bataille.

Malgré la proclamation de la paix, il était assez probable que quelque jeune héros Crie ne résisterait pas à la tentation de dérober des chevaux aux Pieds-Noirs. Le commandant M. Chantelaine avait donc eu la précaution de les faire rentrer pour lanuitainsi que les nôtres dans l'enceinte du fort. Dans la matinée, un Crie accourut, du camp de la plaine, pour nous dire que les hostilités étaient imminentes, parce qu’une femme Crie avait été tuée dans le camp des Pieds-Noirs. Elle y était allée pour épouser un chef; mais, à son arrivée, un autre Pied-Noir s'était épris d'elle. Une querelle s'était élevée, et, pour y mettre fin, un des rivaux avait frappé la femme au cœur. M. Chantelaine donna immédiatement avis de cette nouvelle au chef des Pieds-Noirs et lui conseilla de partir sans retard. Le chef y consentit. Quelques minutes après, lui et les siens avaient passé la rivière. Comme ils ps touchaient la rive opposée, un coureur d£s Pieds- Es

RAR Te

nouv suiva nom, fance, d’une l'aura longu avait bouch Ses fa dont 1 gulièr Pen fant to que sa sort, I Il s'off posés à la répu habile viveme de prer dernier telleme pules « nous t:

1. Voir pour ces vêtements des Peaux-Rouges la gravure de que Île la p. 285, Zour du Monde, 1860, I. — J.-B.

RO ee PES

prise re

eur

pre. Les ssi fortes étaient trquable.

le bison, s avec de : par une ée à proayant la ouronne, ient dans portaient e foule de e plus vif en la ren-

: assez proerait pas à eds-Noirs.

eu la préque les nôie, un Crie s dire que ne femme eds-Noirs.

ais, à son elle. Une in, un des [. Chanteouvelle au ir sans retes après, omme ils des Pieds-

a gravure de

# ES à

% a ke À ni

Noirs, dépouillé de tous ses vêtements, arriva hors d'haleine, hors de sens, et leur redit le danger imminent où ils se irouvaient. Heureusement l’alarme était sai, tondemeni, st la paix demcura observée des deux partis üurant les quelques semaines que nous demeurames près de la Saskatchaouane.

Au fort Piit, nous fimes l'engagement d'un autre homme, qui, de même que Baptiste, se prétendait disposé à nous suivre partout où nous irions. Notre nouveau serviteur s'ap, ‘lait Louis Battenotte , ou, suivant un sobriquet qui faisait presque oublier le nom, l’Assiniboine, parce qu'il avait, durant son enfance, été élevé par cette tribu. C'était un homme d’une force athlétique, quoique de taille moyenne. On l'aurait volontiers pris pour un Indien. Sa chevelure longu et noire était contenue dans un filet de soie; il avait le nez aquilin d’une facon très-prononcée, la bouche petite et les lèvres fort minces et fort délicates. Ses façons étaient pleines de charme et d'agrément, dont l'effet était encore augmenté par ia douceur singulière et par le timbre musical de sa voix.

Pendant notre séjour au fort Pitt, son plus jeune enfant tomba malade et mourut. Cette perte le rendit ainsi que sa femme assez malheureux, assez mécontent du sort, pour désirer quitter le lieu de son infortune. I s'offrit à nous accompagner. Nous étions très-disposés à nous assurer les services de l’homme qui avait la réputation d’être le voyageur et le chasseur le plus habile de tout le canton; nous le souhaitions même vivement, mais nous ne nous souciions pas du tout de prendre en même temps sa femme et son fils, ce dernier n'ayant que treize ans. Cependant nous étions tellement charmés par lui que, malgré tous nos scrupules sur la prudence d'admettre des personnes que nous trouvions inutiles à un voyage aussi périlleux que le nôtre à travers les montagnes, à travers un

pays où la nourriture devait étre difficile à trouver, nous finîmes par lui donner un plein consentement. Or cet arrangement, qui paraissait alors si peu justifiable aux yeux de notre sagesse, devint, il faut l’avouer, la principale cause de notre salut.

L'Assiniboine n'avait qu’une main : la gauche lui avait été détruite par un fusil qui avait éclaté en ne lui laissant que deux doigts; mais il avait autant d’adresse et d'habileté que s'il n'eût pas été manchot. Cependant la douceur de ses manières insinuantes, qui nous avait séduits, n’était pas d'accord avec son caractère; car ilétait violent et passionné. Bien que la bonté rayonnât sur toute sa personne et qu'il roucoulit aussi tendrement qu’une tourterelle lorsqu'il était calme; si la colère ! emportait, sa figure prenait une expression diabolique et sa voix tonnait comme le rugissement d’un lion. Disons tout de suite que, dans les nombreuses épreuves que nous eûmes à subir, il se montra un serviteur aussi utile que fidèle et ne nous donna jamais lieu d'avoir à regretter de nous être laissés aller à la séduction de ses manières. Par la suite, nous avons appris que, dans une querelle, il avait tué jadis un autre métis, et qu’en conséquence il avait été remercié du service de la Compagnie et excommunié par son prêtre. Mais le mort était, de notoriété publique, un vaurien, qui faisait la terreur de tous les métis, et chacun s’accordait pour déclarer que l’Assiniboine avait été provoqué d’un façon intolérable et que l'acte avait été accompli dans un instant de colère.

Nous partimes du fort Pitt, le 28 avril. Afin d’éviter la rencontre des nombreux partis d’Indiens des plai-

nes qui erraient sur la rive méridionale de la Saskat- M

chaouane, nous primes par le nord. La nuit qui suivit

notre départ, nous exerçèmes une garde vigilante bi autour de nos chevaux, parce que nous craignions M

que sent n'est mor mett Mai:

prîm enr

CE ques éloig puiss une digut avait

À (Sna et co qu'u rét, repre diona çar | voyio un ra rent ft châss cuir; petits canot en loi de pr porta vint I. Ï voyag.

| trouver, sntement.

eu justi- faut l'a-

auche lui Ji laté en ne utant d’aachot. Ce- li antes , qui son carac- 1e la bonté roucoulût qu'il était enait une ame le ruque, dans à subir, il ièle et ne r de nous res. Par ia uerelle, il pnséquence

pagnie et t était, de la terreur fe r déclarer Ja açon into- [M un instant

Page 1