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conduisit à l'extrémité des rapides. Mme Assiniboine avait bravement pris la place de son mari et, la hache à la main, elle allait en avant travaillant comme un homme. Nous mangeâmes à souper notre dernier morceau de viande séchée du cheval, bouillie avec les raclures du sac à farine. Il ne nous restait que trois charges de poudre; nous les conservions pour un cas d'urgence, Heureusement l'Assiniboine et son fils, qui se servaient fort adroitement de courts bâtons comme d'armes de jet 1, pour faire tomber les oiseaux des branches d’arbres, avaient réussi à nous attraper une paire de perdrix. Pour la première fois depuis deux semaines, si l’on excepte le cadavre de l’Indien, nous avions eu ce jour là le plaisir de contempler des traces humaines. C’étaient de vieux tronçons d'arbres qui avaient reçu des coups de hache; il est vai qu’elles étaient déjà presque effacées et recouvertes üe mousse. Le lendemain, il plut et il fit froid; nous nous trouvions assez à plaindre en pataugeant, du-
rant des heures entières, pour traverser un marais à
castors où la fougère poussait plus haut que nos têtes, et où des osiers fort grands et emmélés s’opposaient partout à notre marche. Des mares d’eau stagnante et vaseuse, profondes et perfides, nous obligeaient continuellement à faire des détours. Enfin une rivière, dont les bords étaient couverts d’épaisses broussailles nous barra le passage. Mys recherches ne nous y firent trouver aucun gué. Tremmpés gusqu’aux os, grelottants, souffreteux, n'ayant mien mangé depuis la veille au soir, nous nous sentimes près de renoncer à toute espérance, car les peines que nous prenions ne paraissaient aboutir à rien. Nous ne leur apercevions aucun terme.
1. Cette chasse, au moyen de courts bâtons jetés à l'oiseau, est aussi fort habilement pratiquée en Afrique; Baines, Baldwin et Livingstone en parlent quelquefois, — J.-B,