‹ Voyage de l'Atlantique au Pacifique [microforme]Chapitre 75 sur 93 · Jargc J.-B · texte numérisé non relu

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hors de selle, et, livrant nos chevaux à eux-mêmes,

nous entrons dans une espèce de cour où plusieurs Indiens et métis venaient de terminer un souper dont les restes chargeaient encore une nappe étendue à terre et autour de laquelle ils étaient assis tout à l'heure. Un vieil Indien s'avance et, dans un jargon mélangé de français, d'anglais et de chinouk 1, se présente à nous sous le nom du capitaine Saint-Paul et nous demande qui nous sommes. Nous lui répondons que nous venons de passer par les montagnes, que nous mourons de faim et que nous le prions de nous donner à manger aussi vite que possible. « Vous en aurez abondamment et tout de suite, dit-il, mais vous devez payer une piastre chaque (5 fr. 41 c.). — Même si ce repas devait coûter cent dollars par tête (530 f.), servez-nous-le, » fimes-nous d’un air insouciant. Peu après, nous étions à dévorer un plat graisseux de lard et de choux, avec de délicieux gâteaux, et à boire copieusement ce thé, objet de nos longs désirs. Nous venions de commencer quand arriva M. O'B., hors d'haleine, mais plein de force encore; il se jeta sur ces friandises avec la même voracité que nous. C’étaitsans doute le seul de notre troupe qui fût capable d’accomplir, comme il venait de le faire, cinq ou six kilomètres en courant. Une heure après, l’Assiniboine nous amenait nos chevaux et prenait sa part des jouissances d’un repas illimité. Nous absorbâmes une quantité de gâteaux qui étonna même les Indiens, quoique leurs vues à cet égard ne manquent pas de largeur. Dans la soirée, arrivèrent, du fort Kamloups, M. Martin et plusieurs autres personnes, qui venaient assister à un bal que des métis devaient donner ce jour même à Saint-Paul. M. Martin nous recut avec beau-

1. Jargon inventé par la Compagnie de la baie de Hudson. — J.-B,

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