‹ Voyage de l'Atlantique au Pacifique [microforme]Chapitre 77 sur 93 · LEE · texte numérisé non relu

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Durant notre séjour à Kamloups et dans les cour- k | remplie

ses que nous fimes ensuite dans la Colombie Britannique, nous avions rencontré plusieurs des émigrants qui avaient traversé les montagnes l’année précédente ; nous avons donc connu l’histoire de leurs aventures. | On se rappelle que le corps principal, arrivé le premier à La Cache de la Tête Jaune, s’y divisa : les uns y firent de grands radeaux pour descendre le Fraser, les autres allèrent chercher les sources de la Thompson &

septentrionale. Ceux qui déscendaient le Fraser, fs

après beaucoup de mécomptes et de souffrances, finirent par atteindre l'endroit où y tombe la Quesnelle. Ils avaient perdu un des leurs qui fut einporté par

une maladie qu'avaient causée les intempéries, les fa- #°

tigues et les privations.

Quant à ceux qui suivaient la Thompson, au nom- fn

bre d’une soixantaine, après avoir vainement essayé de se frayer un chemin vers le Caribou, ils avaient tourné au sud pour s’efforcer de gagner Kamloups. En peu de jours, leurs provisions avaient été épuisées, et leur marche était devenue si lente et si difficile qu'ils avaient abandonné de désespoir le projet de suivre la route de terre. Au Camp de la Tuerie, ils tuèrent leurs bœufs, en firent sécher la viande, construisirent de grands radeaux et s’embarquèrent en abandonnant tous leurs chevaux dont ils avaient quarante ou cinquante.

L’Assiniboine avait donc interprété justement leurs traces. Tout alla bien pour les voyageurs jusqu'aux Grands Rapides. Ceux qui montaient les radeaux de tête n'aperçurent le danger que lorsqu'il ne pouvait plus être évité. En dépit de tous leurs efforts, les radeaux furent engloutis dans les rapides et beaucoup de ces malheureux y trouvèrent la mort. Ceux qui

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| remplie de précipices où nous avions rencontré de si

grands obstacles; mais, ils avaient débarqué sur la

| gauche tandis que nous nous sommes tenus sur la

droite, ce qui explique pourquoi nous n'avons pas revu leurs traces. Lorsqu'ils furent arrivés à l'extrémité

| de ces grands rapides, que nous avons nommés les

Rapides Murchison, ils construisirent de nouveaux

| radeaux et, ayant réussi à franchir sans encombre les

chutes moins considérables, ils arrivèrent à Kamloups dans un déplorable état.

La troisième bande se composait de cinq Canadiens:

de trois frères du nom de Rennie et de deux hommes

qui s’appelaient Helstone et Wright. Elle avait passé plus tard dans l’automne au col de La Cache et y avait obtenu, pour descendre le Fraser, des canots que les Chouchouaps de La Cache avaient retrouvés sens dessus dessous; tous les effets de ces aventuriers étant dispersés sur le rivage au-dessous de quelques rapides, on en avait conclu que leur bande avait péri noyée. Il n’en était rien. Trois de ces malheureux devaient rencontrer une mort plus horrible. Nous apprimes que. croyant traverser avec plus de sécurité les rapides, ils avaient attaché l’un à l’autre les deux canots, qui, malgré cette précaution, £vaient été engloutis. Deux des Rennie réussirent à gagner le bord ; les trois autres hommes s’accrochèrent à un rocher élevé au milieu du torrent. Ceux-ci, pendant deux jours et deux nuits, restèrent exposés au froid du commencement de l'hiver, sans une parcelle de nourriture, avant que leurs compagnons eussent pu les délivrer. Enfin une corde fut lancée sur le rocher et attira les hommes à la rive, à demi morts de faim et de froid. [ls étaient dans un tel état qu'ils ne pouvaient

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