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Arrivés à Yale, vers quatre heures de l’après-midi, Jous avons commencé par y commander le meilleur liner que l'Hôtel Colonial pât nous offrir. Cette mai- Aion était tenue par un Français qui, en cette occasion, A: surpassa.
L] La petite ville n’est, après tout, qu’une rangée de Anaisons faisant face à la rivière au moment où, ve- Quant de s'échapper des Cagnons, elle forme un large A: noble fleuve. Yale est bâtie sur un petit terrain Doat, que terminent au nord des hauteurs élevées et doi commence la vallée, qui va en s’élargissant vers le ud, bornée par les montagnes dont l'aspect conserve Mioute leur grandeur. La situation en est fort pittorsque. Les maisons de bois, blanchies et propres, ornées de drapeaux, ont toute la gaieté que peut désirer un Yankee. On trouve de l’or dans la rue d’Yale, et, pendant notre diner, deux Indiens cherchaient l'or,
1. I ne semble pas que des caux lacustres puissent niveler des krrasses coupées au flanc des montagnes; ces bangueltes consiidérables sont donc vraisemblablement dues à des érosions gladaires. — J.-B.
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Le lendemain nous fimes nos adieux à notre bof ami, M. Mac Kay, et nous primes place sur le batea à vapeur qui descendait jusqu'à New-Westminster, l'embouchure du Fraser. Après Yale, le fleuve s’élar git avec rapidité et coule entre des rives basses et fer tiles en bois. Nous aperçûmes les lumières de New Westminster au commencement de la nuit et, un demi-heure plus tard, nous étions confortablemenf installés à un autre Hôtel Colonial.
La cité de New-Westminster, capitale de la Colom bie Britannique, occupe une position dominante, su un terrain qui s'élève par degrés, du bord du fleuve large en cet endroit de douze cents mètres. Le plan d la ville a été heureusement tracé par le colonel d génie Moody, qu'on vient de nommer Commissairé des terres et des travaux (Commissioner of Land and Works). On a déjà bâti plusieurs rues de bon nes maisons de bois, à New-Westminster.
Le désavantage de sa situation est l’épaisseur de la
qu'on y a fait est dû à un grand travail, sous la direction d'ingénieurs qui y sont établis depuis plusieurs années, et, quoique la terre y soit assez fertile, les frais d’ahattre les arbres sont si onéreux que l’agriculture ; est encore fort peu avancée. Le pays reste désagréable à la vue, à cause des souches d’arbres qui surgissent de toutes parts. Le fleuve est navigable jusqu’à la ville pour des navires calant de cinq à six mètres d’eau, et, si l’on y établissait une communication directe avec l'Angleterre, New-West minster pourraitrivaliser avec Victoria de Vancouver; mais, dans les circonstances actuelles, elle est tout à fait éclipsée par cette ville plus favorisée.
du Monde, 1802, I, p. 14. — J.-B,.
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Après une nuit passée à New-Westminster, nous
Dous sommes embarqués, le 19 septembre, sur l'En-
krprise qui allait à Victoria, dans l’île Vancouver. A hiotre grande surprise, nous y rencontrions M. O’B., qui était arrivé par la route de Lilloet et de Douglas. l était singulièrement changé depuis que nous l’ations quitté, une semaine auparavant. Comme nous- Inêmes, il avait pris du corps et avait recouvré son linergie et cet amour de la parole qui l'avait si remarjuablement abandonné pendant notre voyage dans la
norêt.
Victoria Î est admirablement située, sur les bords l'une baie rocheuse, espèce de conche creusée dans
|: promontoire que forme la mer en pénétrant dans le
“havre Esquimalt pour s’enfoncer profondément dans Lks terres. L'emplacement en a d’abord été choisi par 1M., depuis sir James, Douglas ?, gouverneur des ter-
brtoires qu'avait la Compagnie de la Baie de Hudson
L1 l'ouest des Montagnes Rocheuses. Il y voulait éta-
D blir, quand l'Orégon passa en la puissance des Etats-
pus [Unis, son quartier-général pour remplacer le fort ECTUS Vancouver. C'était en 1844. Quatorze ans plus tard depuis S CPU lorsque la nouvelle de l'existence de l'or dans le pays Pit 2SS A uarrose le Fraser causa tant d'émotion en Cali- Ds Liornie, Victoria ne se composait encore que du fort et sue A d'une ou deux maisons habitées par les employés de Er. CE - SOU |; Compagnie. Dans l’espace de quelques semaines, FRE 4 trente mille personnes s’y étaient réunies en atant CP endant que le Fraser débordé fût rentré dans son sait unes |: î 1 ili eut lit et leur permiît de se rendre aux fouilles, Au milieu "US de cet immense assemblage de gens, dont la plupart ouver ; bu tout à “ 1, Victoria, capitale de l'île de Vancouver, a été représentée Miomme elle était en 1598, dans le Z'our du Monde, 1860, I Mp. 02. — J.-B.
s le Z'our M 2. Cela signifie que, dans l'intervalle, M. Douglas a été nommé
À chevalier ou baronnet. — J.-B.
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étaient de vrais gredins, les vagabonds les plus dé sespérés et les plus hostiles à ia loi qu'il y eût en Ca&
lifornie, le gouverneur Douglas, sans avoir à sa dis
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un ordre et une sécurité qui contrastèrent bien sin gulièrement avec ce qui s'était passé, dans de parcilles circonstances, à San Francisco et à Sacramento Quand nous l’avons visitée, Victoria avait un gran air de prospérité et se pouvait déjà vanter de plusieur rues, Tout le trafic de la Colombie Britannique pas sant, à l'entrée et à la sortie, par cette ville, ses mar chands se sont rapidement enrichis, et de beaux ma gasins en briques remplacent avec promptitude les anciens bâtiments en bois.
Nous étions loin d’avoir renoncé à l'idée de visiter le Caribou, bien que nous n'eussions pas réussi à pénétrer par la route directe, comme nous l'avions
d’abord projeté. Nous nous en trouvions à Victoria à plus de huit cents kilomètres; d'autre part, l’hiverke
s’approchait rapidement : nous n'avions donc plus ur instant à perdre si nous voulions y aller. Nous sa crifiâmes cependant un jour ou deux pour faire con
toria peut les représenter, à des amis auxquels nou étions ravis de faire honneur, à M. Assiniboine, à sa femme et à son fils. Nous les habillèmes donc splendidement, les mimes dans une demi-fortune atteléel
siége, nous les conduisimes en cérémonie à Esquimalt.
grand train sur une excellente route et marcher troish ou cinq kilomètres par jour, avec le travail le plusé laborieux, dans le sein de la forêt. Nous leur fimesk voir un amiral vivant et un canon armstrong {de qua-Ë
“récents pla à a pâtisseri Muit à Victc die dignes naître les merveilles de la civilisation, telles que Vic- Dibranlée, e Metour au Mooignée de nemi l’Ass Mricilles ani d'une paire de bons trotteurs, et, nous plaçant sur leM'apparenc li New-W Ils gardaient dans leur place l’air le plus grave, sc | contentant de temps à autre de faire quelques obser-M prenions le vations sur la différence qu'il y avait entre roulerMl;ison, afin iribou par |
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lus déd@Mante-cinq kilos à bord du vapeur de guerre le Sutlej; en Ca@hous les menämes dans les principaux magasins et À sa dis@ux théâtres; puis nous laissämes l'Assiniboine écrire onservef Dans son journal, avec des hiéroglyphes qu'il s'était ien sin . mposés à cet cffet, les souvenirs des choses étonpareilles jantes quil avait vues à Victoria.
amento@} Le 29 septembre, nous mimes chacun une paire h gran L chaussettes, une chemise de flanelle et une brosse lusieur@i dents dans nos couvertures, que nous roulâmes en que pas@in paquet, à la facon des mineurs ; novs enfoncâmes ses marhos jambes dans de grandes bottes à genouillère tux madlecommandées pour les mines, et nous montâmes à tude Icdhord du bateau à vapeur Otter , en route pour New- D\Vestminster, La famille Assiniboine nous accompa- Minait. Elle retournait à Kamloups pour y passer l'hiver, avec l'intention de franchir au printemps sui- Mrant les montagnes par le col de la Koutanie. C'était livec beaucoup de regrets qu’ils abandonnaïient leurs
e visiter ussi à l'avions ictoria :
, l'hiverBécents plaisirs. La vue du ballet et les friandises de plus una pâtisserie les avaient surtout fascinés. M. O’B. res-
ous sa ITe con:
lait à Victoria. Il y reconstituait, dans la compagnie die dignes ecclésiastiques, cette foi qu'il avait un peu que Vic-BMibranlée, en prenant du Paley à trop fortes doses. Son els nousletour au christianisme avait été signalé par une ine, à sa roignée de mains, qu'il avait offerte à son ancien enc splen-Blremi l'Astiniboine Tous deux avaient enterré leurs
atteléericilles animosités pour jamais, car il n’y avait guère at sur lepn is qu'ils se rencontrassent par la suite. C’est quimalt.Mi New-Westminster que nous fimes nos adieux à la rave, SCÈ lamile Assiniboine. Elle se rendait à Yale et nous s obser-Îl prenions le bateau à vapeur pour Douglas sur l’Hare rouler : rison, afin de voir l’autre route qui conduit au Caer troiSMribou par les lacs et par Lilloet. Bien que l’Assinile plus boine nous eût froidement avoué que son intention, ur fimesM tout en nous ayant solennellement promis de nous de qua- M suivre jusqu’au bout, avait d'abord été de nous aban-
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donner à Jasper House, nous avions eu en lui un ser viteur si dévoué, un guide si habile, au milieu des fatigues et des privations, que nous fâmes sincèrement affligés de nous séparer de lui et de sa famille, Nous” les suivimes des yeux comme ils remontaient le Fraser jusqu’à ce qu’ils eussent disparu, et nous nous de mandions si quelque chance imprévue de notre vid les remettrait jamais sur notre chemin. Avant de quitter définitivement Victoria, nous avons appris qu’à son arrivée à Kamloups, l’Assiniboine était entré comme berger au service de M. Mac Kay, ct qu'il se proposait de rejoindre le fort Pitt, l’année sui vante, avec une bonne troupe dechevaux.
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