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que rien ne pouvait contenir, il se levait toutes les cinq minutes pour porter de nouveau la santé de l'un ou de l’autre des deux « illustres voyageurs : » mais, chaque fois, l'agent de la Baie de Hudson, auss infatigable que le docteur, entonnait « Annie Lau rie », chanson qu’on tenait en réserve pour la circon stance, et, toute la société se joignant à lui en chœur le toast de l'ennuyeux orateur étrit victorieusemenf étouffé sous le tumulte. Enfin ses yeux devinrent vi treux, son sourire disparut, et il s’assit dans un sombre silence. Il finit par se lever tout à coup, et, traver sant la chambre en courant, il fit des efforts inu tiles pour en sortir par la cheminée, contre laquelle il rebondissait absolument comme un oiseau qu
cherche à s'échapper en voletant contre la vitre qu'il
frappe. L’aide du Dr. B — k, s’emparant alors du Dr. B —- 1, le mena dans une chambre à coucher. Onfi
ensuite apporter des cartes et on nous initia aux mys-È tères du High, low, Jack and the Game et du Pitch} seven up; mais, peu après, nous entendîimes un effroyable fracas dans la chambre à coucher. L'aide duf
Dr. B—k y courut et trouva le D'. B —1 étendu su le plancher, au milieu d’une collection de pots, de poêles, de brosses, etc., qu’on y avait déposés.
Après cette interruption, les convives reprirent
jusqu’à ce que le sommeil nous empêchât de distinguer nos cartes : l'homme de la Baie de Hudson entonnait
des airs de toute espèce; Jeannette chanta cinq ou six fois Auld Robin Gray; Billy-la-Blague eut une fu-B
rieuse discussion avec le directeur de la banque sur 4
politique coloniale ; tout le monde parlait à la fois,Ë
fumait et buvait du whisky; enfin vers l'aube, nous sortimes malgré le froid de la nuit, que le thermomètre indiquait à cinq degrés, et nous regagnâmes l'hôtel Cusheon.
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Le 30 octobre, ayant passé dix jours à William'’s Creek, nous reprimes nos paquets, et, faisant nos adieux à l’hôtel Cusheon, Cameron Town, et au juge Cox, nous partimes pour le confluent de la Quesnelle. Il était tombé de quinze à dix-sept centimètres de neige ; mais les voyageurs qui nous avaient précédés avaient bien battu le chemin. Notre retour au Fraser nous prit trois jours et se fit avec bien plus de facilité
Mique la première fois. Mais là, nous eûmes le chagrin
d'apprendre que le bateau pour Soda Creek avait cessé ses voyages à cause de l'hiver. Heureusement, on nous avertit que, le lendemain, un bateau ouvert par-
À tait pour cet endroit; nous y primes notre passage. 1 Le propriétaire de l’embarcation s'appelait M. Mac 4 Bride. Il avait fait partie d'une troupe de mineurs qui, Laprès avoir remonté le Fraser durant l'été, s'était
rendue à la Rivière de la Paix par les lacs Stuart et Mac Leod.
Le bateau où nous nous trouvions était grand et fortement établi. On l'avait construit exprès pour ce voyage à la Rivière de la Paix. Il contenait quarante
} passagers, entassés, il est vrai, comme les nègres
| sur un négrier. La journée était glaciale, et la neige
à qui tombait à gros flocons nous eut bientôt mouillés À jusqu'aux os; nos pieds souffrirent beaucoup du froid
ven up} résultant des mares que la neige fondue amassait au
fond du bateau. Un peu en aval de l'embouchure de la Quesnelle est un rifle ou rapide assez dangereux : les eaux tourmentées du Fraser y forment un tour-
1 billon qu'on accuse d’avoir englouti plusieurs canots.
Nous le traversâmes sans accident, excepté que nous embarquâmes un peu d’eau, et nous continuâmes de descendre grand train le fleuve jusqu'à ce que, venant de dépasser Alexandrie, nous fûmes ensablés sur un bas-fond à fleur d’eau. Il fut impossible de démarrer de là, et M. Mac Bride finit par prier les hommes de
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bonne volonté de sauter dans l’eau pour alléger le bateau, Cinq ou six personnes le firent immédiate ment; mais le bateau demeurait immobile. Alor chaque voyageur en prit un autre sur les épaules et se dirigea vers le bord. Un petit homme, qui portait u énorme Yankee d'un mètre quatre-vingt-deux centi mètres de haut, fit un faux pas et tomba avec son cavalier. Tous deux avaient de l’eau par-dessus la tête et, comme le courant était très-fort, ils furent à plusieurs reprises rejetés sur le sable en essayant de se mettre debout. Les spectateurs s'en tenaient les côtes de rire, et pourtant il n'était pas gai pour les victimes de l'accident d’être plusieurs fois plongées dans les eaux glaciales du Fraser. Enfin le bateau fut dégagé; on se rembarqua, et nous reprîimes notre course tant qu'il fit jour, Vers la tombée de la nuit, Mac Bride conseilla de descendre à terre et d'y camper pour la nuit, car il ne manquait pas de rapides périlleux devant nous et nous étions encore assez loin de Soda Creek. Quelques endiablés voulaient aller en avant ; mais la majorité s’y opposa. Nous débarquâmes donc à un endroit où il y avait plusieurs grosses piles de bois,
préparées pour l'usage du bateau à vapeur. Chacun k
se mit alors à essayer de se procurer du feu. Milton y réussit le premier et bientôt nous fûmes environnés d'un cercle de grands feux allumés aux dépens des propriétaires du bateau de Quesnelle, Mac Bride tira du sien quelques pains et une flèche de lard, qui disparurent promptement sous les attaques voraces de la bande affa-née. Après quoi, nous nous étendimes sur nos couches de branches de sapins. Il neiga fort toute cette nuit ; en sorte que, lematin, nous nousréveillâmes sous une épaisse couverture blanche. Nous n'avions rien pour déjeuner. On se hâta donc, dès que les
brouillards du matin furent dissipés, de remonter |
dans le bateau, qui, deux heures plus tard environ,
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nous déposait sains et saufs à Soda Creek. Nous avions retenu nos places dans le wagon express qui porte, de cette place à Yale, l'or et la correspondance ; mais le courrier n'était pas encore revenu du Caribou, Nous en profitâmes pour aller chez Davidson, près du lac William, à vingt kilomètres de là. Cette ferme est peutêtre la plus belle de la Colombie Britannique. Elle
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la tte comprend, sur les bords du lac, plusieurs centaines à plu-fi d'hectares de basse terre, occupant une espèce de | de sel delta formé par un petit cours d'eau qui se jette dans ôtes del le lac. L’orge, l’avoine, les pommes de terre et d’autres
mes def végétaux y viennent admirablement bien. On y s eaux avait cette année semé du blé pour la première fois; ; on se il sortait déjà de terre, mais il avait l’air jaune et mal t qu'il} nourri. Le paysage au lac William est fort beau; des
nseilla N hauteurs hardies et rocailleuses s'élèvent majestueuse- , Car il ment du côté de l'ouest.
ous et Le lendemain de notre arrivée chez Davidson, un Quel- 5 grand nombre de mineurs vinrent avec la nouvelle La ma- M qu'un bateau, parti un jour après nous de la bouche n en- M de la Quesnelle, avait été engiouti par les rapides. Sept > bois, M ou huit personnes s'étaient noyées. Un de ceux qui hacun F avaient eu la chance d'échapper au danger, portait ilton À dans sa ceinture plusieurs kilos pesant d’or. La force onnés M du courant l'avait littéralement jeté à la terre, et il s des M avait eu la présence d’esprit d’escalader le rivage. de tira Deux ou trois jours plus tard, arriva l’express, et ii dis- M nous repartimes pour Yale. En atteignant le bas de de la M la montée qui conduit au plateau, nous trouvâmes s sur M qu'une épaisse couche de glace avait recouvert la route. toute M Il nous fallut tous descendre et pousser à la roue. Soulâmes M vent les chevaux tombaient. On les dételait pour les vions Æ remettre debout. Enfin, après maint délai, nous gae les À gâmes le sommet. La neige y avait plus de profondeur onter Æ et les chevaux y couraient mieux.
iron, Le wagon-express emportait avec nous soixante-dix-
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