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sept kilos pesant d’or. Le fait que cette somme, montant à environ 200,000 francs, pouvait ainsi voyager sans escorte, était la preuve la plus forte qu’on pût donner de la sécurité des routes dans la colonie. Avec nous il n'y avait qu'un voyageur, outre le conducteur, qui seul était armé. Celui-ci nous conta que souvent il voyageait seul, tout seul, conduisait le trésor, et qu’il avait pris son parti d’être un jour attaqué. La tentation était vraiment trop forte. Les occasions étaient continuelles sur cette route isolée, qui avait six cent cinquante kilomètres de longueur, où il n’y avait de maisons que tous les quinze où trente kilomètres, et où es passants, si ce n’est à de certaines saisons, étaient toujours rares. L'endroit le plus favorable à une attaque de ce genre était, suivant lui, un gouffre béant, qui, caché par des buissons du côté de la routeavec un
fond :ouvert de débris et de broussailles, offrait toutes le les commodités désirables pour faire disparaître son ca- |
da re. Une telle perspective ne rendait aucunement ni
plus inquiet ni moins heureux notre conducteur, qui # riait et parlait du destinqu'il se croyait réservé, comme à
s’il n'y avait pris aucun intérêt.
Quatre journées de voiture nous amenèrent à la ter-
rible route qui conduit de Lytton à Yale. Alors, assis a
dans le wagon, à quelques centimètres d’un précipice de deux cent vingt à deux cent cinquante mètres, sans parapet, descendant ou montant les pentes à fond de train, et, dans les portions étroites, rasant la face des rochers, nous nous trouvions peu à notre aise, et nous pensions que le plus léger accident suffisait pour nous lancer, de notre siége élevé, dans les profondeurs de l’abime. Ce qui augmentait le péril, c’est que notre voiture s’en allait par degrés en morceaux. D’abord un ressort se brisa, puis un autre; nous rebondissions dès lors sur les essieux. Plus loin, la volée du timonse détacha; il fallut la raccommoder avec de la corde. Si la route
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ner le tout, le timon lui-même cassa dans son emboiture et la caisse se précipita parmi les chevaux. Heu-
} reusement nous étions alors sur un terrain plat, juste
| au delà d’un port suspendu. Il est clair que, si cela fût
arrivé quelques minutes plus tôt, nous aurions été pré-
} cipités la tête en bas dans les tourbillons des Cagnons.
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Le timon nepouvait plus se raccommoder. Le courrie: détela donc les chevaux et les reconduisit à une maison éloignée de huit cents mètres, tandis qu’à la lueur
à d'un grand et bon feu, car il faisait dejà nuit close, | nous demeurions pour garder son riche chargement.
| Au bout d’une heure, le conducteur était de retour,
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accompagné d’un ami qui amenait un grand chariot couvert, attelé de deux beaux chevaux de Californie. Ces animaux frais furent mis en tête, et nous partimes avec nos deux paires de chevaux qui nous entraînaient à bride abattue. Nous avions alors deux conducteurs : l’un tenant les rênes, l’autre distribuant libéralement les coups de fouet. Le courrier avaitrapporté une bouteille de whisky, -ex, dans les instants de loisir relatif que leur laissait leur double occupation, lui et son ami se mirent à la boire à longs traits. Bientôt ils découvrirent que les rênes des chevaux de tête ne croisaient pas, et qu’elles ne servaient en rien pour conduire; mais qu'importait ? Nos deux Californiens guidaient admirablement et décrivaient toutes les courbes avec une étonnante précision. Aucune route peutêtre n’est plus dangereuse que celle-là; mais nos deux hommes hurlaient et fouettaient, les bêtes galopaient avec fureur, le chariot bondissait en contournant les hauteurs escarpées et emportait des morceaux du sol dans sa course effrénée. Avant minuit, nous entrions à Yale. Les vingt-cinq derniers kilomètres de cette course infernale ne nous avaient pris qu’une heure.
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Le lendemain matin, pour la seconde et dernière fois, nous quittions cette petite ville pittoresque ; nous redescendions le Fraser en bateau à vapeur et, le 25 novembre, nous débarquions une fois encore à Vic- # toria.
Peu après notre retour, nous y reçûmes du capitaine Lascelles une aimable invitation à l’accompagner dans une croisière qu’il allait faire sur la canonnière de Sa Majesté le Forward, vers San Juon et Nanaimo. La croisière fut des plus agréables. Nous visitâmes les mines de charbon de terre du futur Newcastle de l'Océan Pacifique, et nous mîmes amplement à profit l'hospitalité du capitaine Razalgette et de ses officiers, dans la fameuse île de San Juan.
Nous avions donc vu en grande partie la Colombie Britannique et l’île Vancouver. La première, nous l'avions parcourue depuis La Cache de la Téte Jaune, en descendant la Thompson, jusqu’à l'embouchure du
Fraser; puis nous avions de nouveau pénétré au cœur À et du pays jusqu'au Caribou. La richesse minérale nous si chis y avait paru abondante. L’étendue et ia production - rss des champs d’or, qu'augmentent chaque mois de nou- fe: Fes velles découvertes, suffiraient seules pour faire de cette 1 ue q colonie une de nos possessions les plus importantes. fleuve en Mais, en outre, des symptômes incontestables prou- teur des vent qu’ on trouvera encore dans la Colombie Britan- 5 armée âu nique, comme dans l'État voisin de la Californie, les D nant des minéraux qui ontleplus d'utilité. Il estvrai qu’aujour- dans l’eat d’hui on ne s’y livre qu’à la recherche de l'oret qu'on Î était u méconnaît la vraie richesse minérale de cette région. ut rang Cependant le charbon de terre affleure à Alexandrie, : outil. Tr le long de la Similkameen et à l'entrée Burrard. De l’une apr plus, la colonie de Vancouver possède ces magnifiques M l'hiver er gisements de charbon qu'on a déjà exploités avec beau- M &t les ba coup de succès, depuis quatre ou cinq années, près de fi de sept à Nanaimo. +
ère fois, ; nous et, le
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1 Capiompaanon-
aneth. OU A ture presque inépuisable. Cependant le trait le plus
| caractéristique des ressources qu'offrent la Colombie à Britannique et l’île Vancouver, est peut-être le nombre | extraordinaire, la variété des poissons qui fréquentent
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Le boisde construction dans la Coivnbie Britannique
d'est en son genre sans égal, Le sapin douglas, avec son tronc droit et uniforme, souple et flexible à l'excès, | fournit les espars et les mâts les plus beaux pour les
plus grands navires. Souvent ces arbres ont plus de |quatre-vingt-dix mètres de haut sur trois de diamètre.
Le sapin blanc et le cyprès gigantesque, ce dernier dé-
| passant même en hauteur le sapin douglas; croissent
avec lui dans de vastes forêts qui assurent une fourni-
| le littoral et qui envoient leurs essaims dans tous
à) les cours d’eau. Au printemps, deux espèces de sau- D) mons remontent le Fraser; des millions de houlicans : se pressent à son embouchure, et des bancs de ha-
| rengs pénètrent dans toutes les baies. Le houlican
à ressemble à l’éperlan, mais est un peu plus gros et a » un goût délicieux. Il est très-huileux. Son arrivée est
| annoncée par les volées de goëlands qu’on aperçoit | au-dessus des bas-fonds. La façon dont les [ndier:s le
EPP
prennent suffit à donner une idée du nombre extraordinaire qui compose les bancs de ces poissons. Le
} fleuve en est alors littéralement éncombré. Le pé-
| cheur descend dans son canot, avec une longue perche
armée aux deux bouts de pointes fort affinées et for-
- mant dés espèces de râteaux. Tout assis, il la plonge
» dans l’eau dé chaqué côté alternativement, comme si 1 c'était une pagaie; et, à chaque coup, il rapporte
| une rangée de houlicans eipalés sur lès dents de son
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À Mint
outil. Trois nouv:'les espèces de saumons remontent l’une après l’autre le Fraser, en été et en automne; l'hiver en amène une sixième variété dans les havres et les baies du littoral. Nous avons vu des saumons de sept à neuf kilos pris dans le havre dé San Juan au
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