‹ Voyage de la GrèceChapitre 102 sur 224 · LIVRE XIV, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CHAPITRE VI

(ians la plaine de Mi l ias forcenl les eucornhremeiils deson dégorgeoir, phénomène qui se reproduit à Tégard des lacs de Jaiiina et de Phénéon, qui ont des issues souterraines. Dans rintérieur de la place, on voit un théâtre dont le diamètre est de deux cents pieds, et (les bris de colonnes du temple de Juuon qui était tout auprès , ainsi que les autels du Soleil. C'éiait près de là qu on conservait dans une rotonde le feo saeré qui y avait été apporté de TAttique, la statue équestre de Gryllus, fils de Xénopbon, et im temple élevé par la bassesse à Timpudique Antinous. On ne trouve maintenant dans cet endroit que quelques misérables huttes qui forment le village de PalsBopolis.

Eu (It'hors de la ville, au pied du mont Alcsiuiii, 00 voyait le stade, et au lieu où Ton avait consacré nn bcns à Cérès, les chrétiens ont élevé le monas* tère de Chrysouli, qui est maintenant desservi par (juelques religieux. Tout porte à croire que 1 église de Chrjsouli a succédé a un temple mystérieux fondé par Agamède et Tropiionius. A peu de distance, on trouve 110 édifice du moyen âge et une source qui porte le nom d'Amé, chose attestée par MM. Gell et Dodwell ; une chaîne de coteaux élevés sépare la campagne de Mantinée ou Milias de celle de Kalpaki , qui est Tancienne Orchomène.

Pausanias parle de deux chemins qui conduisaient à Orchomène. L*un passait par le stade de I^adas et par i ancienne Mantinée, qui fut une acropole héroïque des premiers âges, d*oii Ton se rendait à la fontaine Âlalcomenia et au village de Mœra. En suivant Tautre route f on gravissait le mont Ancliise, qui séparait

les possessions des Mantinéens de celles des Orchoméniens.

A cinquante minutes de Mantiuée, après avoir gravi une chaîne aride de montagnes, on laisse à main droite une déchirure pratiquée entre les rochei-s, qui est le cliemin le plus court pour se rendre à Orchomène et probablement celui dont la direction conduisait à Mœra. En contiiiuaiiL dans cette direction, on descend, et au bout de quarante minutes on trouve des vestiges de constructions anciennes. On quitte alors la route postale de Galavryta, et en continuant à descendre durant trente*cinq minutes, on passe au hameau de Livadi, à une demi-lieue duquel on remarque un long canal artificiel fait pour dessécher la plaine. A cette distance on aperçoit une tour bâtie sur une hauteur , le village de Rousso , et dans dix-sept minutes on arrive à Kalpakî. Ce faible hameau , près duquel on remarque les fondations d'un temple d'ordre dorique et des chapiteaux en mai l)ie, est situe au voisinage d'une source y qui est probablement la fontaine Alalcoménia. A treize minutes, sur une éminence, on reconnaît les restes de la citadelle d'Orchomène et l'emplacement de la ville basse, qui était bâtie sur le site deKalpaki; de cette hauteur on domine stir le lac dont parle Pausanias et sur la plaine de Tripolitza.

Deux routes importantes à faire connaître conduisent également de la Tégéatide dans TArgolide; Tune était anciennement appelée Prine^ et lautre, qui était ï Échelle OM Trochos^ conserve toujours ce nom, car Caki Scella est synonyme de la dcnoiiiination ancienne. £n tenant, dit Pausanias, le premier de ces chemins^

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qui est le plus rude , ou pa&se par le mont Artémidus ou riîiachus prend sa source, qui servait jadis de limite entre Jes Argiens et les IVIantinéens. Il parait que Pausanias parlait de ce chemin sur ouïdire, car on met trois quarts d'heure, à partir de Mauùnée, pour traverser la plaine de Chipiana, qui dut être très- habitée. Au bout d'une heure de chemin ou arrive, par vm chemin rude et escarpé, au monastère de ce nom, dont la distance avec Tripelirza est évaluée à trois lieues. Quoique situé dans une région froide et élevée, on y trouve le groseiller à 1 état sauvage; il faut ensuite plus d'une heure pour atteindre au sommet du mont Artémisius. De là au village de Torniki, on compte une lieue entre sommets et autant par un sentier tracé en spirale pour arriver au bas de la montagne , d'où l'on se rend dans deux. heures et demie de marche à Argos.

La route du Trochos que j'ai faite en 1 799 est la suivante. Je sortis de iiipolitza avec mes compagoons de captivité par la porte de Calavryta, et nous longeâmes les remparts de la ville jusqu'à celle de Naupiie, d'où nous fîmes route à l'orient. Nous laissâmes à main droite une poterie et les fourches patibulaires, ornement des villes ou résident tous les vicerois ottomans, qui gouvernent au milieu des bourreaux, et nous longeâmes un cimetière turc entouré de murs, qui est fermé par une grille en fer. Nous étions à quatre cents toises de Tripolitza. La plaine de Tégée était alors-couverte de belles moissons, et nous suivions une route assez large, qui nous conduisit au bout d'une demi-heure à un torrent que nous passâmes sur un pont en bois. Nous avions, sur la gauche, plusieurs £srmes et V. 19

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un grand village, lorsque nous entrâmes, en approchant de rArtemisius , dans un cbemia bordé de haies oii le jasiulii, les rosiers, les grenadiers, roêlaient leurs parfums et leurs iieurs. Nous marcliâmes pendant un bon quart d*heure de la sorte , et nous descendîmes dans un large torrent desséché, auprès duquel on a bâti une église dédiée à St-Démétrius. VjC fleuve épliémère, qui camule^utie partie des égoàts de la plaine, forme uu lac y autour duquel on a placé des bornes en pierre pour signaler le danger lorsqu'il y a de Teau ; dans le temps où je le tîs il était à sec.

De cet endroit jusqu'à Sténo, village éloigné d'une lieue et demie de Tripolitza, la route est belle, pavée par interralles et assainie par des fossés qui servent à l'écoulement des eaux. Im plaine, à main droite, continue à être cultivée, et le nlont Artemisius ^ dépouillé de bois, est couvert de verdure à sa base.

Nous mîmes pied à terre vis à vis de Sténo, à un mauvais klian situé au bord du chemin, entre ua bouquet de platanes et une fontaine abondante. Un corps de bâtiments sans portes m fenêtres composait ce triste gîte dont on cherdia le maître pour nous donner un plat d œufs cl d olives, sur lequel uuAlbariais de notre escortes était jeté avec appétit lorsqu'un de ses camarades arriva. Il commençait à faire tapage de ce qu'on ne lavait pas attendu, mais le plat d'olives et une botte d'oignons que son camarade avait volée à m paysan , joints k quelques rasades dé vin blanc, le cal* mèrent et en firent le meilleur compagnon du monde.

En reprenant notre route nous continuâmes à suivre un chemin pavé par intervalles- pendant une lieue, loi:squ'en tournant brusquement à gauche du côté de

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