LIVRE XIV, CHAPITRE VI. agi
la montagne, nous entrâmes dans un bois Uullis. Les flancs du i^artliénius me parurent garnis de térrains cultivés soutenus par des petits murs en pierre sèche* et la campagne est, comme au temps de Pausanias, couverte d'une si prodigieuse quantité de tortues, quit j'aurais été tenté de croire qu'elles étaient encore consacrées à Pan , si je n'avais su l'aversion que les Grecs et les Turcs ont pour ces amphibies, fie qui fait qu'ils les laissent pulluler. Le chemin^ tour à tour larcre et serré, s'élevait insensiblemeiu sans changer de direction, et je ne savais où il allait aboutir en voyant que les flancs du mont Parthénius se rapprodiaient au point de devoir fcniicr le défilé, lorqu'en tournant à droite nous aperçûmes une vallée profimde qui se présentait comme un précipice. On fit halte un moment, et nos Albanais nous dirent que l'escalier dans lequel nous allions entrer s'appelait Strata Haïti bey. Ils voulaient nous donner à entendre que c était l'ouvrage de ce Turc, mais le Tiochos existait avant Mahomet et ses califes, dont les aieux gardaient les chameaux et les ânes en Arabie. C'est dans ce défilé que le dieu Pan, rencontrant un certain Phidippidès, se plaignit de tïe que les Athéniens ne lui avaient pas bâti de temple. Il est probable que cette doléance lui valut un autel dans la grotte située au-dessous de l'acropole d'Athènes et un temple au lieu de son apparition; il existait encore dans le deuxième siècle de notre ère.
Lie Trocbos, pratiqué dans les flancs de la moiitagae, est tour à tour pavé de dalles de pierre et taillé dans le roc. On a élevé dans certains endroits quelques garde-fous ea pien e pour empêcher les chevaux de i^uler dans le
VOVAGK DE hk GRfsCK.
vallon s'ils venaient à s ahallre. Les coupes de Tascalier sont disposées en spirales, de manière que nous voyions xme partie de la caravane au - dessus de notre tête quand nous prenions les devants. Dans cette position, je crus distinguer à droite sur une émtnence des ruines qui ont appartenu à quelque édifice ancien. Je remarquai dans le vallon une fontaine turque revêtue en marbre : elle est située sur la rive droite d'un torrent qui s eciiappe d'une gorge qu il ne me fut pas possible de visiter.
La journée avait été brûlante, fe tonnerre commençait à gronder, et nos Albanais s elant hâtés d'allumer leurs pipes à un poste de dervendgis grecs, qu'ils battirent pour li en pas perdre rhahitnde, nous sortîmes de cet encaissement, qm est le réceptacle d'une foule de torrents. Nous franchîmes alors la dernière croupe du mont Parthénius, et le vallon, qui s élargit aussitôt, nous présenta Taspect d'un pays bien cultivé. Nous étions au moment d'y entrer quand le tonnerre et la pluie nous forcèrent de chercher un abri à Agladocambos, bourg situé un quart de lieue à main gauche. Nous nous refiigiâmes sous un kiosque bâti à l'entrée, jusqu'à ce que le plus fort de lorage fut passe, tandis que nos Albanais, mieux avisés, se tenaient tapis sous une haie impénétrable h la pluie.
Comme le mauvais temps continuait, il fut décidé que nous monterions à Agladocambos. Nous prîmes une ram pr bordée d ai bres et d'arbustesen fleurs, sur laquelle chaque maison a la porte de sa petite cour, comme sur un corridor commun. On nous reçut dans une cabane, oh nous trouvâmes les gens en fête à cause de la sa-