LIVRE XV, CHAPITIIE III. 3l
lène, des rives du Ladon et de TAlphée, ont entendu
mugir autour d'elles les IiurJes qui ont successivement eovaUi et désolé le Péloponèse, sans se mêler avec les conquérants. Leurs retraites et leur pauvreté n'ont pu tenter des dévastateurs avides; et les Arcadiens, toujours bergers ou cultivateurs , n'ont été modifiés que par la religion chrétienne , dont la gloire fut et sera de régénérer la face du monde, destiné tôt ou tard à reconoaitre l'évangile et à vivre dans la simplicité de ses lois.
!Nous entrions dans la première chaîne des uiontagues de l'Arcadie, en quittant le khan de fioutcliica; et au bout d'une dtMiii - heure , nous atteignunes le liuut du mont Mjrrmingo-Longos {i) y dont la région méridionale s'appelle toujours Soron - Oros. Je vis à gauche, dans la partie la plus occidenUile (îe la vallée de la Pliliasie, qui est arrosée par la branche Rière de l'Asope , le village de Galata, habité par quarante familles grecques. Nous marchâmes ensuite entre sommets vers loccident pendant une demi*lieue, en suivant le cours d^un torrent qui verse ses eaux au midi du côté de la Tégéatide. Après l'avoir passé , nous mimes trois quarts d'heure à gravir un sentier torrentueux qui aboutit à une gorge cultivée dont j'ignore le nom. Nous avions à gauche les montagnes de Scotini et de Condila^ qui sont remarquables par leurs sommets taillés en ionne de table, comme celui du niouL Âpesas de Némée. Je me souvins que Pausanias place de ce càté deux bourgades appelées Scotine et Gondy**
(i) MynTiingo-Lonj;os , ic bois des Foiuiuisi 6oiuu-Oiosj nioutagnc des Lézards.
3l6 VOYAGE JDE LA. GR£C£.
lée (i); et mon drogman m'assura qu'il avait vu des ruines aux environs de ces hameaux, chose qui est confirmée par M. Dodwell (2). Comme notre position tenait à la gto^raphie ancienne, je m'informai des distances, qui sont œtées à onze lieues avec Tripolitza, et à huit en montagne jusqu'à Tricala, bourgade moderne du mont Crathis, dépendante du canton de Gorinthe.
Nous étions à l'entrée de la vallée de Scotini , qui aboutit à Mantinée, ville autour de laquelle rayonnaient, comme nous l'avons dit dans le livre précédent, toutes les routes de l'Arcadie. Taurais voulti visiter ses ruines en prenant le cliemiu qui conduisait à Psophis* 11 est probable qu'en suivant cette direction,
(i)Paus.,lib. VIII,c. a3.
(a) Rente par distances de Calpaki à Zaraca. A i5 minutes de de Calpaki, ruisseau et moulin à droite. 5 miu, pins loin ruisseau, hauteurs, murs 9 village. Sosteno rivière qui a ses sources
à trois lieues de distance près d- haiiieau de Niidinès. iHmin. Kf*pha1o -Vrîssi , source abondante à droite sortjuit du Monl- Kouge, Kolikmo-Founo. i5 min. Tumulus. 10 min. chapelle ù gauche, ruisseau venant de l'ouest. 8 min. monastère de Caadjli. is min. ferme de Gandyli. 5 village presque ruiné deCandyli. 14 min. trois moulins sur un ruisseau. 4 niin. plusieurs antres moulins sur le même ruisseau , fin de la plaine de Cal- ]>aki. 69 min. sommet d'une montagne couverte de neige. 83 m. descente, plaine, Scotini à gauche. 4 mio- reunion de deux nusseaux, ruine.^ helléniques. 71 min. puits, plaine unie cultivée courant N* £. et vestiges d'antiquités au pied d'une hauteur à gauche. 10 min. côteàu^ a5 min. lac Stymphale. 60 min. Zaraca village. Total delà route 7 heures i5 minutes.
Scotini est maintenant un village de dix-huit feux, et Condyli ne compte que huit familles chrétiennes ou quarante hahitauls.
Foy, liv. XIV, c. vi de ce Voyage.