‹ Voyage de la GrèceChapitre 111 sur 224 · LIVRE XV, CHAPITRE III. Sl · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CHAPITRE III. Sl

faur^is immanquablement retrouvé les positions de

Paiis et de Sirée ; car avec de la persévérance, on peut découvrir tout ce qui a existé; mais il fallait ajourner ces recherchés. Nous traversâmes en conséquence la gorge de Scotini ; et au sortir d*un défilé qui aune deini-lieu,e d'étendue, nous entrâmes dans la grande vallée de Zaraca (i j.

Nulle contrée n'offre un spectacle plus lugubre que celle du Stympbale. Les montagnes sévères qui Tencais* sent et son aspect solitaire annoncent qu*il fut de tout temps le séjour du deuil ou le repaire de quelques êtres dangereux. Aussi les mythologues avalent-ils imaginé d y placer une espèce d oiseaux qui ne se nourrissaient que de chair humaine (2) , et d'y fixer la retraite de Jnnon après son divorce avec Jupiter (3). Le lac était extrêmement bas lorsque je le vis; mais le fleuve qui le traverse du nord au midi formait encore un volume d'eau stagnante large comme la Seine. Je ne pus me détourner pour visiter sa source, qui se trouve auprès du village de Chionia (4) , à l'endroit où Tempereur Hadrien avait établi la prise d'eau des hydra-

(i) Zaraca; junsi appelé du mot grec zarex^ gouffre, dans le dialecte arcadîen , qui est ^tdpa, ^tpedpa.

(a) ; XJncisqne timendae

XJDgoibuf Arcadiie volacres Sl^iophala colentes.

De savants commentateurs voient dam ces oiseaux une alf sioQ aux yoleurs du Stymphale , qui sont encore communs de

nos jours dans cette contrée.

(3) Paus., lib. VIII, c. 12.

(4) Chionia, village moderne habité par vingt - ciu(| lamilles chrétiennes.

3l8 YOTACe DE LA CBiCE.

gogues de Corinthe. Je connaissais ce grand aqueduc exécuté sur la ligne des montagnes de la Sîcyonie, à travers lesquelles il décrit une courbe de près de quarante milles, à cause des sinuosités du terrain, et je dus à regret renoncer au désir de voir l'endroit - oii il commençait. Je manqu.ii ainsi l'occasion de visiter les ruines de la nouvelle Stymphaie (j), que Pausanias prévient de ne pas confondre avec celle qui fut fondée par Styraphalus, petit- fils d'Arcas. Elle est en effet entièrement en construction hellénique, avec des restaurations romaines^ tandis que l'ancienne offre une enceinte pareille à celle de Tirynthe (2). Nous tournâmes donc au & E., en faisant route sur une vase desséchée, qui n'est propre à aucune espèce de cnîture , à cause de sa nature froide. Je ne vis pas le moindre atome de verdure dans toute Fétendue de la vallée que nous parcouriuiiesy en prolongeant la base

(1) Scylax in Arcadîâ; Prolem., lîb. III, c. 16; Herodot. , lib. VI, c. 76; Stiab., lib. VIII, p. 371 et 38^^ lUad. , Ub. II, V. 1 1 5. *

(2) L'itinéraire de M. Gcil depuis les ruines de la ville de Stymphale jusqu a Phlionte, coroplétaDt la description de la Phliasie» nous croyons à propos de l'intercaler ici :

K ao minutes des ruinesde Stymphale , on entre dans la vallée de Skotini, mines d'une ville ancienne. 5 min. Xéropoiamos coulant à droite, Scotini bourg de cent familles chrétiennes, 27 min. vallée étroite, tumulus à gauche. a8 min. lumulus entouré d'un mur eu pierres sèches; c'est peut-être le toaibeau d'iEpytus; la montagne de droite s'appielie Platani. 10 min. vestiges d'antiquités 9 puits , chapelle entouré de mnx chênes, tumnUis à gauche. «3 min. vallée dèKi»umanon. 1 1 min. sommet d'où Ton découvre la plaine de St.-Geor^^es. 36 uuii. PlilioiUe. Total de route , 2 heures 40 minutes.

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