‹ Voyage de la GrèceChapitre 112 sur 224 · LIVRE XV, CIIAPITIIE III. 3l · texte numérisé non relu

LIVRE XV, CIIAPITIIE III. 3l

du MavroB-Oros jusqu'au Zaràca ou gouffre, dans lequel le StyiTipliale s'en^loiuil ; mais je pus mesurer sur les flancs dos rochers la hauteur à laquelle les eaux montent en hiver, et j estimai leur élévation moyenne à quatre brasses au-dessus de la partie la plus déclive de leur berceau. Cette accumulation, formée par les pluies, augmente depuis le solstice d'hiver jusqu'à l'é*qiiinoxe du printemps, et laisse, dans sa décrue entière^ une fondrière pareille à celle du marais Aohérusien de la Thesprotie. Après avoir divise la vallée depuis Chionia, le Stymphale se recourbe à i orient pour disparaître sons uire voûte formée en arcade, qui donne entrée dans des souterrains que la nature a creusés au sein du Mavron-Oros. Je m'avançai assçz près de cette caverne pour remarquer que le cintre, qui a environ douze pieds d'élévation au-dessus du courant, a été taillé de main d'homme daus (quelques endroits (i), et quil existe au niveau du fond, un seuil formé par uu banc de locliers. ]^cs eaux, qui se gonflent pour le franchir, s'engloutissent et disparaissent à droite , en se brisant dans un abime pro*

(i) L*entrëe du canal soaterrain est une de ces issues ou dé* ' |(orgeoir$ ordinaires dans les pays de montagnes, (|ui forment des vallées en manière d*entonnoir; et tout me porte à croire

que cette bouche a tlù être élarj^ic de main d'homme. J*ai dit ailleurs comment les eaux du Stymphale i eparaissent dans l'ArgoUde, près du lac Amphiarns, ou Mavrococla. J'observerai à cette occasion que Gédoyn a mal traduit le texte de Pausanias, et qu'il n'est pas question qù*on ait fait taraide comme il le dit ) niab qu'on 1*a simplement désobstruée ou élargie.

F. Paus. , lib. VIII , c. aa.

3aO VOYAGE DS LA GRÈCE.

fond y au-delà duquel Tobscurité ne permet pas de rien distinguer.

Pausanias, qui iiiile tks prodiges à la plupart de ses explications, raconte que, de son temps, les habitants de Stymphale éprouvèrent un déluge, suite de la colère des dieux, qui inouda la campagne dans uoe étendue de plus de quatre cents stades (i), à catise que le gouffre s^était obstrué. Sans recourir aux miracles, une meule de foin qui serait entraînée par une pluie d'orage suffirait pour engorger ce grand égoût; et les paysans , instruits du danger qu'ils courent en pareil cas, savent maintenant enlever avec des crocs, les arbres et les immondices qui s'y accn* mule n t.

Le chemin qui conduit dans la partie méridionale de la vallée , qu'on traverse pour se rendre du coté

d'Aléa et de Phénéon , passe sur l'arcade même du gouffre du Stymphale* La chaussée, qui fut autrefois

(i) Comme toat le monde n'a pas Pausanias sous la maiD,jii crois à propos de rapporter l'historiette qu'il raconte à ce sujet : « La féte de Diane Stymphalienne , dit-^l, était négligée; on n'y observait plus tes cérémonies prescrites par Tusage ; et

pour punir ceux qui délaissaient son culte, Tarcade du Stymphale s'obstrua , de façon que cet événement donna lieu à une inondation. Sur ces entrefaites, un chasseur, qui poursuivait une biche, se jeta à la nage pour l'atteindre, et.il la suivit jusqu'à ce que» arrivés au gouffre » ils y disparurent ensemble et s'y noyèrent. Les eaux alors se retirèrent, et dans moins d'un joor, le pays fut à sec. Paus. , Ibid.

C'est probablement par une sembl.jble cause que fut otrasioué le déluge qui obligea Darilanus de quitter l'Arcadie, i tc. ( y. Méiii. de l'Acad. des Inscript. et Beiies-JLettrcSy t. XXI* p. 343, W.B.)

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pavée , est hérissée de pointes de loehers, et tellemeot dangereuse, que les voyageurs prudents mettent pied à terre afin de ne pas tomber dans Fabime, doii il serait impossible au plus habile nageur de se tirer. Après avoir franchi ce pas, nous marchâmes au sud-ouest ; et nous guéâmes la rivière d'Aléa , ou Lavca, qui se rend au réceptacle généra I des eaux, de la Stymphalide* Nous avions en vue le village de Zaraca, situé h la dislauce de t^uah c milles au nord-ouest dans le luout Sépia , et les ruines cyclopëennes de la vieille Styinpliale , fondée par Temenus, fils de Pelasgus(i). BuiUol après, nous cotoyâuHs une ciiaussee solide de quarante pieds d'épaisseur , dont la construction serait plus digne d*étre un des travaux d'Her*cule que la destruction des oiseaux, ou, si Ion veut, des brigands qui infestaient cette contrée. Cette digue, suivant toute apparence, servait, comme elle le fait encore, de voie publique et de défense, pour la partie méridionale de la vallée, contre les inondations du lac. Aussi remarque-t-on à celte extrémité du bassin de la Stympbalide des champs cultivés , jusqu'à la hauteur de I^Avca. Ce village, que nous laissâmes une denii-lieue sur la gauche, ne conserve plus aucuns vestiges des temples de Minerve, de Bac* chus, ni de Diane; et on n'y retrouve que quelques

(i) Il y avait deux villes , un lac et uDe moDlagne du nom do Stymphale. Hésychius semble mettre la chose en doute, quand il dit; SrOuçr.Xoc, «o'Xiç 4 S^o^ k^toMaçi maisPtolémée est précis à ce sujet , et il désigrne une monta{j;ae de ce nom : 6 Srûp.9a>.oc cpo;. Apollon. , SchoL a(l\\h, 11, v. io55 ; Ovitl., lib. 11, Fast^ V, V. 27; Polyb. , Ub. II, c. 55.

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