‹ Voyage de la GrèceChapitre 129 sur 224 · LIVRE XVI, CHAPITRE I. ôt · texte numérisé non relu

LIVRE XVI, CHAPITRE I. ôt

je laissai à cinq cents toîses sur la gauche le village des SS. Apôtres, près duquel la rivière que j*ai indiquée prend ses sources. En continuant d'avancer àu midi, pendant un quart-d'heure, ]em en vue, une lieue à roccident, Péra-Métochi, ferme appartenant aux moines de Mégâ-Spiiéoa , près de laquelle on trouve des eaux thermales qui ont la propriété de guérir les affections psoriques. Uoe lieue et un quart au nordouest, on m'indiqua des ruines qu'on croit être celles de Dymé. Bien n'est plus vague que la topc^raphie de eette contrée, sur laquelle Pausanias , Strabon et Ptolémée varient , parce qu'ils se sont probablement servis de stades de différente grandeur. Les positions de Dymé, de son lac et de l'Hélisson, sont sur la mer extérieure (i ). On trouve au-dela le village de Caravu ou Cavro-Stasi, renommé par ses pêcheries, au fond desquelles se décharge lliélisson (2). Nous vîmes quelques bûcherons occupes à couper du bois de cliauffage, (ju'ou ii<uisporte aux îles Ioniennes, à Malte, et jusqu'en Egypte. £nfin à vingt-cinq minutes de là, j'arrivai au bord du lleuveMana, qui est probablcijient le Minvos des anciens , dont Hercule détourna le cours pour petto^rer les écuries d'Augîas (3). Nous le gueâmes au confluent

(1) Dymé. Strab., lib. VIII, 337, ^42, 386; Polyb. Ilisr., II, c. 41; IV, c. S3; y, c. 92; App. bell. Mithridatic. , '

p. Î137; Thucyd. Hist., II, i34,;8/|; Tît.-Liv. , XXVII , 3i ; XXXIII, ai; XXXVIII. 49; Ptolem., lib. III, c. xvi; Steph. Bvz.

(2) Paus. , iib. VIII , C. 29.

(3) Uygiii. Fab. XXX. Mnvtec ou MivuviVo;.

Oetsi*. , Leaàc. Geograph, Pointer .

le peiise que la rivière de Goinosto était 1c MUrfeus^ et celle du mont Zambatéica, (fiii est la plus éloignée, le Lanstus,

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de deux rivières qui se réunissent dans un même lit,

après avoir traverse la plaine d'orient en occident depuis Gomosto et le mont Zambatéica, où elles ont leurs origines. Je pouvais suivre , au moyen de sa dure de lauriers-roses, la projection du fleuve Mana, qui se décharge dans la mer une demi -lieue à Touest de Péra - Métochi , après un cours de treize milles. C'est aux rives de ce fleuve, qui portait, suivant toute apparence (lorsqu'il est réuni dans un seul canal le nom dé Larissus, quW assigne aujourdliui les limites des cantons de PaU as et de Gastouni , qui représentent l'Achaïe et i'Élide.

En quittant les bords du fleuve Mana ^ qui conserve de l'eau pendant toute l'année, je relovai, une lieue au sud-ouest, l'église de Saint-Pierre-de-Counopolis(i). La position de cette chapelle au faîte d'un coteau hoisé, et les l uiiies qu'on trouve aux environs, font présumer qu'il y exista uue forteresse hellénique désignée par d'Anville sous le nom de Tichos. Cette extrémité de la Morée forme un des caps du golfe de Gyllène, et paraît avoir dû nécessiter l'établissement d'uu poste d'observation pour les gardes-côtes.

Depuis que nous étions sortis des forêts, je suivais un tracé de route sillonné par des ornières; et j'en demandais la cause, lorsque ^aperçus deux paysans

(i) Counoj^olis, la ville des cousins, à c.iikst' de la quantité lie rvri inscrtcs qui puliiilent dans les marais voisins. Ils sont eu géiiéral très-grands et de l'espèce appelée £t>.rî$9 dont le milieu du corps est marqué par une ligne blanchâtre.

Schol. Aristoph. ad Aves. p. 55a, 577, edit. Bas. P. et in Lysistr. yoo (. 564 id. }.

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montés sur un chariot, qui m'expliquèrent ce dont mes guides ne voulaient pas me rendre raison. La forme de ceciiar, pareil à ceuiL quon voit sur les vases élrusques, n'a rien .de commode pour les transports ; et la moindre charrette vaut mieux que cet équipage informe, qui atteste l'entaucc des arts. Il est égaicuient probable que pour la légèreté, Télégance et la commodité, nos ca« lèches sont bien supérieures aux tombereaux dont les roues brûlantes eiUeuraient la borne de la lice olympique* £nf]n, après avoir marché pendant une iieue et lin quart depuis le fleuve Mana, entre des champs de seigle et de lin, nous nous arrêtâmes au khan d'Ali Tchélébi.

Ma journée depuis Patras n'était que de huit lieues ;

mais comme la fièvre m'avait pris dans laprès- raidi, je me trouvai tellement fatigué, que je ne pus aller plus loin. Le village voisin du caravansérail se compose de trente familles vassales des moines du couvent de Saint -Michel, situé près de Yostitza* Un des caloyers , chargé de la perception des redevances féo> daies , y liabite une espèce de tourelle got]iique;en sa qualité de seigneur cbatelain, il perçoit les dîmes, et fait les fonctions de bailli au nom de sa commu* nauté. Ce fief provient d'une doiiatloii faite par les Paléologues au monastère de Saint-Michel auquel elle est restée, et des hommes adonnés au travail pouvaient seuls conserver une propriété située dans un pays aussi insalubre. Je ne fus point admis dans la tour du noble cénobite , parce qu'on lui avait dit que j'étais anglais. Sa sainteté était trop irritée contre cette race hérétique , à cause quon venait d'établir une quarantaine de rigueur dans les îles Ioniennes, qui étaient désolées par

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la peste. Les lazarets, à Tenteadre, étaient une invention diabolique ; il fiillait excommunier ceux qui adoptaient des mesures sa ai ta ires. En effet elles gênaient le bon caloyer, qui était, comme tous les riverains, engagé dans le commerce de contrebande, que les lois de contumace réprimaient d*une manière préjudiciable à ses intérêts (i).

J'eus le temps, avant la fin du jour, de parcourir Jes bords fleuris d'une petite rivière tributaire du hc Lami, dont les eaux se déchargent dans celui de Nérovitza, qui communique par un goulet avec la mer. Ces lacs, qui se gonflent en inver au point d'inonder le plateau d'Ali ïcliélébi, quoique déjà diminués, étaient cependant encore accessibles aux bateaux pécheurs; et j'évaluai, dans l'état où ils se trouvaient, leur grand diamètre a sept milles du nord -ouest au sud-est. Je regrettai que la fièvre, qui redoubla, ne me per> mît pas de m'embarquer, afin de cueillir quelquesunes des plantes naïades dont leurs bords sont ornés. J'aurais voulu m'enfoncer dans les grands golfes de verdure formés par des arbres magnifiques que j'apercevais dans ie lointain. Mais, indepeudarament de l'état oii j'étais réduit, mes guides m'avertirent que l'air des lacs était si malsâin , qu'on pouvait y contracter des maladies mortelles; et je renonçai à satistaire une curiosité qui m'aurait probablement été funeste.

(i) Cet usage de faire le commerce, ainsi que la contrebaode^

est reproché par saint Éphrem atix moines de son temps, qui brocaotaicnt et tcaaicut nn*nic di s cabarets.

St. £furbm, lu Heprehens. suiipsius > p. 441*

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