LIVRE XVI, CHAPITRE II
Français, s'étant emparés de Patras, résolurent de s'en rendre maîtres. Cette place, dît le chroniqueur, est située en plaine, ouverte de toutes parts sans être dé» fendue ni par des tours, ni par des murailles. Les Francs se mirent en chemin enseignes déployées , en se dirigeant de ce coté. A leur approche, les habitants, informés de leur marche ^ sortirent tous de la ville, grands et petits , tenant entre leurs mains des croix et des images des saints , et se soumirent au champenois Guillaume de Champlitte, qui, en homme sage, les aecueillit gracieusement, en leur promettant qu'il ne permettrait pas qu'on leur fît aucun tort, qu'il leur conserverait leurs propriétés, et leur accorderait des honneurs et des bienfiiits.
A peu de distance de Sainie-Supliie, je vis une autre église de construction gothique bâtie par les Français, qui fut jusqa*au quinzième siècle la métropole des évé* ques latins institués peu de temps après la conquête totale de i Klide par le duc de Montferrat (i). Ëufiu on me conduisit à quelque distance de là à une troi«sième église dont le |)ortiquc était oiué de colonnes; je ne pus en visiter i intérieur, parce que le papas qui en avait les clefis était absent.
Cyllène, se trouvant à une lieue environ de la mer, dut avoir un léché ou comptoir sur le golfe de Ciarence* Cest sans douté pour cela qu'elle est quaUfiée
(i) Andravitza, ou Andravilla. Ses évéqu«s furent :
Thomas Renda de Trépano. . 1291
Jeau Tolon Catalan , de l'ordre des frères mineurs .... 1 34a Attgustiii de Pipnibiiio, de Tordre de Saint- Augustin. . i366
368 VOYAGE DE GRiCE.
par les i^éographes de ville maritime (i ). Je ne tlescendis point au port de saint Zacharias (2)^ qui est maintenaDt comblé ; et après avoir pris le gisement des villages que j'avais en vue, nous partîmes. En marchant au midi, je parcourus pendant trois quarts d^heure une campagne couverte de lins, qui aboutit à Cava-Sîla, village situé à ia rive droite du Pénée- Éléen. Ce fleuve, que les modernes appellent PotU' mi'toU'GaslOimiouyOM Eliacos^ fleuve d'Élis, était guéable; et le bac sur lequel on le traverse pendaot SIX mois de l'année venait de cesser son service lorsque nous accostâmes ses bords* Nous le passâmes ayant de l'eau jusqu'aux épaules de nos chevaux; et après avoir pris terre au-dessous du village de Bartholomeo, nous mîmes trois quarts d'heure, en dirigeant au sud-ouest, pour arriver à Gastouni.
Ptolémée uiclujuc une acropole appelée Coryne, dans la partie de TÉlide (3) où la famille des Ottomans a fondé Gastouni. J'arrivais avec ce renseignement pour reconnaître remplacement d'une cité que d'au 1res géographes attribuaient à la Triph^lie; mais comme je ne trouvai aucune trace d'antiquité, je dus me contenter d explorer Gastouni. Celte ville, située à un mille de
(1) KuUwD iieUtiw àXtC«iv. Stsph. Bts.
(2) Ce port était réchelled'Andravida, comme on le voit par ces vers de la Chronique de Morée :
£ir«p«v rh* X«bv dirmi erxt Ixtt (ur* aftrâv
MS. V. 847 et suiv.
(3) Ptolem., lib. iil, c i6.